« C’est trahir la vérité que de la défendre avec emportement »

C’est trahir la vérité que de la défendre avec emportement.

François-Simon Defay-Boutheroue (1739-1820) – Les Loisirs d’un Observateur, in L’académie de Sainte-Croix d’Orléans : lectures et mémoires

 


Extraits :

Quelque pures que soient vos intentions, consultez bien vos forces avant de vous poser en champion de la vérité. 
Les consolations extérieures vous seront peu utiles, si vous ne portez en vous-même un germe de consolation.
Puisque nous ne pouvons être qu’usufruitiers dans ce monde, tachons d’être propriétaires dans l’autre.
Vous avez, dites-vous, épuisé toutes les jouissances sans y trouver le bonheur, vous n’avez donc pas essayé des jouissances de la vertu ?
Nous n’avouons de légers défauts que pour faire croire que nous n’en avons pas de grands.
Ne confondons pas la timidité avec la douceur. L’homme timide peut être très dur, et parfois il en donne la preuve à ses inférieurs.
L’humilité est la négation complète de l’amour-propre ; la modestie n’est chez plusieurs qu’un amour-propre bien délié, bien raffiné, presque sans consistance ; c’est un mensonge intérieur, mais le plus honnête de tous les mensonges.
C’est le comble de l’adresse que de paraître à propos donner dans les panneaux que tend un adversaire.
Une excellente mémoire tient lieu d’esprit auprès des sots.
J’ai peine à croire aux qualités d’un homme qui ne voit dans les autres que des défauts. 
Parlez bien, vous régnerez sur les esprits ; aimez bien, vous régnerez sur les cœurs : si vous réunissez ces deux qualités, vous aurez à la fois, chose rare, des admirateurs et des amis.
Qui n’a pas assez du nécessaire n’aurait pas même assez du superflu.
Nous cherchons toujours et nous réussissons souvent à nous dissimuler ce qu’il y a de personnel dans la cause de nos malheurs. L’amour-propre se retrouve au fond de la plus complète misère.
La presbytie morale est chose très commune : combien d’hommes dirigent bien les affaires d’autrui et ne comprennent rien à celles qui les concernent !
Pour bien des gens, c’est un bonheur que de penser que le monde les croit heureux.
On raisonne presque toujours ses malheurs et presque jamais ses plaisirs.
Vivez bien avec vous-même et vous vivrez bien avec les autres.
Plus on multiplie ses relations avec les hommes, plus on s’éloigne du bonheur.
Vivre avec soi-même ; pénible apprentissage, puis douce jouissance, unique ressource des vieillards.
Un ignorant à la tête d’une administration est plus dangereux qu’un prévaricateur.
Combien de grands hommes ont échoué dans leurs projets parce qu’ils ont méprisé les petits moyens ! 
Le sage connaît les bornes de sa capacité et croit volontiers ce qui est au-dessus de sa portée. L’ignorant doute de tout et ne doute de rien.
Prétendre tout expliquer est la manie des demi-savants.
Voulez-vous triompher d’un sophiste ? n’entrez pas de prime abord en lutte avec lui ; forcez-le à définir ses tenues. Procédez par interrogations, et vous le verrez bientôt se débattre, s’épuiser et se jeter de lui-même dans vos filets. 
Rien de plus petit que les grands mots.

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