« Encore un siècle de journalisme et tous les mots pueront »

Encore un siècle de journaux – et tous les mots pueront.

Friedrich NietzscheFragments posthumes (1882)


De tout ce qui est écrit, je n’aime que ce que l’on écrit avec son propre sang. Écris avec du sang et tu apprendras que le sang est esprit. Il n’est pas facile de comprendre du sang étranger : je hais tous les paresseux qui lisent. Celui qui connaît le lecteur ne fait plus rien pour le lecteur. Encore un siècle de lecteurs – et l’esprit même sentira mauvais. Que chacun ait le droit d’apprendre à lire, cela gâte à la longue, non seulement l’écriture, mais encore la pensée. 

 

[…] Celui qui écrit en maximes avec du sang ne veut pas être lu, mais appris par cœur. Sur les montagnes le plus court chemin va d’un sommet à l’autre […] Les maximes doivent être des sommets, et ceux à qui l’on parle des hommes grands et robustes. […] Celui qui plane sur les plus hautes montagnes se rit de toutes les tragédies de la scène et de la vie.

Ainsi parlait Zarathoustra ; « Lire et écrire » (1883)


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