Les mondes polaires

L’Arctique et l’Antarctique suscitent aujourd’hui le rêve comme l’inquiétude. Entre majesté et fonte des glaces, préservation et militarisation, convoitises fortes et gouvernance fragile, les mondes polaires présentent des dilemmes stratégiques mal connus mais omniprésents dans l’actualité.

Quelles sont les conséquences de l’ouverture commerciale des pôles ? À qui appartiennent vraiment ces régions du monde ? Quelles sont les convoitises, les enjeux et les droits des forces en présence ? Comment concilier le développement industriel, l’environnement et la paix régionale ? Quelle place pour la France et l’Europe ? Cet ouvrage offre des réponses à ces questions en présentant les spécificités de chaque pôle et leurs points communs. Les 35 cartes et les 32 fiches-pays permettent de saisir en un clin d’œil le positionnement et les intérêts des grands acteurs des mondes polaires.

Accessible à tous, sans jargon ni tabous, ce manuel est l’aboutissement de dix ans de travail. Il s’adresse à un large public désirant mieux connaître les relations internationales, le droit, l’économie, la géo-stratégie, l’environnement, l’histoire et l’avenir des pôles. Ce livre est aussi très utile pour préparer les concours (ENS, Sciences Po/IEP, grandes écoles de commerce).

Mikaa Mered est professeur de géopolitique des pôles Arctique et Antarctique à l’Institut libre d’étude des relations internationales (ILERI), chargé de cours à NEOMA Business School et Sciences Po Rennes, et expert-évaluateur auprès de la Commission européenne.

PUF


Mikaa Mered vous présente son ouvrage « Les mondes polaires ». Parution le 16 octobre 2019 aux éditions Puf. Rentrée Sciences Humaines automne 2019.


Entretien avec Mikaa Mered – Professeur de géopolitique à l’ILERI et expert-évaluateur Arctique auprès de la Commission européenne


A l’occasion de la sortie de l’ouvrage Les Mondes polaires (éditions PUF) de Mikaa Mered, professeur à l’ILERI, une conférence a été organisée autour de son ouvrage mercredi 16 octobre.


«Sur l’Arctique, le sensationnalisme est excessif, mais il fait vendre» (Le Figaro)

INTERVIEW – L’incertitude climatique est grande, mais les risques de conflit économique ou militaire exagérés, analyse Mikaa Mered, professeur à l’ILERI et auteur de «Les mondes polaires» aux PUF.

LE FIGARO. – Pour la première fois, la Russie a mis à l’eau un navire brise-glace armé de missiles. Est-ce un signe des tensions en Arctique alors que les Américains ont réactivé en 2018 leur 2e Flotte, qui couvrait l’Atlantique Nord jusqu’en 2011?

Mikaa MERED. – Les États-Unis et la Russie reconstituent en Arctique leurs capacités militaires. Mais pour l’instant, les forces repositionnées ne sont qu’une fraction de ce dont ils disposaient durant la Guerre froide. Chacun a un avantage comparatif non négligeable: les États-Unis sont leaders en matière de sous-marins et d’action furtive, mais la Russie dispose d’une capacité de projection en surface supérieure, grâce à ses personnels formés pour des opérations en climat froid et à sa flotte de brise-glaces, de très loin la première au monde.

Les États-Unis n’ont plus construit de brise-glace depuis 40 ans. En conséquence de quoi, ils devraient mettre huit ans à en fabriquer un seul, pour plus de 800 millions de dollars, soit deux à trois fois plus qu’un brise-glace moderne russe ou chinois. Et ils ont aussi perdu leur savoir-faire opérationnel. On ne forme pas un marin pour naviguer dans l’Arctique en un an! D’ailleurs, si la Chine avance vite pour se constituer une flotte de brise-glaces, elle rencontre aussi cette difficulté.

Nouvelle «guerre très froide», «ruée vers le far north», «eldorado polaire»: de nombreuses métaphores fleurissent sur l’Arctique. Cela vous paraît-il justifié?

Le sensationnalisme médiatique et politique sur le commerce et plus encore sur la possibilité d’un conflit armé entre grandes puissances en Arctique est excessif, mais il fait vendre. Certains politiques se positionnent de façon caricaturale en matière de protection de l’environnement en usant de chiffres et d’images chocs mais parfois faux, comme sur la population des ours polaires, qui n’est pas en déclin. Il y a aussi l’idée que, par souci écologique, ils pourraient empêcher le développement économique de l’Arctique. C’est un attrape-nigaud! Nos entreprises sont déjà présentes et figurent parmi les leaders de certains secteurs, par exemple dans les Télécoms, le BTP, l’énergie, la croisière, et les peuples de l’Arctique veulent se développer…

Enfin, du côté médiatique, disons-le tout net: l’Arctique c’est du pain béni. Combien de reportages oublient de dire que, devenus pêcheurs, certains anciens chasseurs groenlandais sont devenus les premiers millionnaires du changement climatique? Chez les producteurs, cela est assumé: jouer sur le sensationnalisme est le seul moyen de bien vendre des sujets sur l’Arctique.

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