Les rois de France excommuniés : aux origines de la laïcité

La France fut peut-être « la fille aînée de l’Église », mais les rois de France ne furent pas toujours des fils obéissants.

Entre le xe et le xviiie siècle, alors que régnaient les Capétiens, seize d’entre eux ont ainsi subi les foudres ecclésiastiques : l’interdit, ou pire, l’excommunication. Tous – même saint Louis ! – se sont un jour ou l’autre opposés à Rome, rejetant par exemple le concile de Trente, ou allant jusqu’à récuser l’infaillibilité du pape. Certains ont même refusé de participer aux croisades. C’est de cette volonté manifeste des rois de France d’imposer leur propre souveraineté, de leur refus radical d’être soumis à tous les pouvoirs étrangers (même aux puissances internationales de ces époques que furent le Saint-Siège ou l’Empire), qu’est née l’identité singulière du pouvoir politique dans notre pays. C’est cette histoire d’amour et d’aversion, entre la religion et la politique, l’intemporel et le temporel, que raconte ici François-Marin Fleutot, avec une érudition époustouflante.

Né en 1950 à Paris, François-Marin Fleutot est éditeur, historien, essayiste. Il a écrit une dizaine d’ouvrages (notamment Les Royalistes dans la résistance, en 2000), où transparaît chaque fois sa passion pour l’histoire de France.

Non, le sabre et le goupillon n’ont pas toujours été unis. Au contraire, l’histoire des papes de Rome et des rois de France a été tumultueuse, se soldant par une ribambelle de monarques excommuniés. C’est cette chronique contradictoire et contrastée, haute en couleurs, que dresse ici, pour la première fois, François-Marin Fleutot.

En 800 ans, sur les trente-six héritiers de la dynastie fondée par Hugues Capet, ce ne sont pas moins de quatorze chefs de la fille aînée de l’Église qui seront interdits de sacrements, de Philippe-Auguste à Louis XIV. Dans le même temps, en s’opposant aux pontifes, les rois édifient la doctrine si française de la séparation des pouvoirs spirituel et temporel. Une redécouverte d’un hier spectaculaire pour mieux penser aujourd’hui.


 

L’historien François-Marin Fleutot nous livre le contenu de ses recherches sur les rapports souvent difficiles qui unissait nos rois à l’Eglise catholique, non pour des affaires de foi mais de souveraineté nationale. L’auteur voit dans cette indépendance revendiquée de la couronne de France, qui valut à nombre de nos souverains l’excommunication, la source de laïcité entendue comme le fait que le roi de France n’a aucun supérieur au temporel.


Mercredi 13 mars, aux “Mercredis de la NAR” nous recevions François-Marin Fleutot pour son livre “Les Rois de France excommuniés ”. Éditeur, historien et essayiste, François-Marin FLEUTOT a publié une dizaine d’ouvrages, dont « Des royalistes dans la Résistance » qui fait aujourd’hui référence. Nous le recevons cette année pour le livre qu’il a consacré aux “Rois de France excommuniés”.  On se souvient d’ordinaire de l’excommunication d’un ou deux rois de France alors que, de Hugues Capet à Louis XIV, seize Capétiens ont subi les foudres vaticanes parce qu’ils refusaient d’obéir à Rome, récusaient l’infaillibilité pontificale ou refusaient d’appeler à la croisade. Au fil de ces conflits se dessine une politique constante fondée sur le principe d’indépendance du royaume à l’égard du pouvoir temporel des papes. Dans la politique de souveraineté qui s’affirme, nous pouvons lire la préhistoire de notre laïcité.