« Une mort peut agir sur l’avenir comme une irradiation »

« Mais une mort peut agir sur l’avenir comme une irradiation. »

Yukio Mishima

« En octobre 1970, Mishima participa à un exercice dont il avait lui-même fixé le cadre : s’emparer d’objectifs dans la capitale (la Bourse, les ponts, des installations électriques, des studios de radio et de télévision…). Les activités d’espionnage et de recherche d’informations furent dirigées par lui-même. Ce mois-là, il rencontra pour la dernière fois le général Yamamoto. S’étant d’abord contenté de le regarder en face, il l’interrogea sur le coup d’État, et Yamamoto répondit : «Si vous voulez le faire, faites-le, mais après m’avoir tué.». Un an après, dans ses  »Mémoires », le père de Mishima allait se souvenir : «Mon fils me paraissait accablé de déception, ayant été trahi par un certain général qui est au sommet de sa réputation et qui vit toujours. […] Comment se fait-il que mon fils ne le sut pas plus tôt, lui qui connaissait si bien l’histoire du coup d’État avorté du 26 février 1936, où l’on voit une même volte-face, avec la trahison d’un général uniquement préoccupé de sa situation?».

 

Mishima, qui avait préparé et même rédigé une nouvelle Constitution, réunit cinq de ses plus proches compagnons, et leur déclara : «Le soulèvement aura lieu le 25 novembre, et je dois mourir.» Alors que le lieutenant Hisaro Hosonami lui fit remarquer : «Dans votre ‘Hagakuré’ et vos autres livres, les personnages meurent souvent. Pourtant le vrai Hagakuré n’enseigne-t-il pas que, même mutilé, on doit vivre et combattre avec les dents?», Mishima lui répondit calmement : «Mais une mort peut agir sur l’avenir comme une irradiation»

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