« Ceux qui restent » : faire sa vie dans les campagnes en déclin

Qui sont ces hommes et ces femmes qui continuent d’habiter dans les campagnes en déclin ? Certains y fantasment le « vrai » peuple de la « France oubliée », d’autres y projettent leur dégoût des prétendus « beaufs » racistes et ignorants. Mais « ceux qui restent » se préoccupent peu de ces clichés éculés. Comment vit-on réellement dans des zones dont on ne parle d’ordinaire que pour leur vote Rassemblement national ou, plus récemment, à l’occasion du mouvement des Gilets jaunes ?

Parmi les nouvelles générations, ils sont nombreux à rejoindre les villes pour les études, puis il y a ceux qui restent, souvent parce qu’ils n’ont pas les ressources nécessaires pour partir. Ceux-là tiennent néanmoins à ce mode de vie rural et populaire dans lequel « tout le monde se connaît » et où ils peuvent être socialement reconnus. Comment perçoivent-ils alors la société qui les entoure ? À qui se sentent-ils opposés ou alliés ?

À partir d’une enquête immersive de plusieurs années dans la région Grand-Est, Benoît Coquard plonge dans la vie quotidienne de jeunes femmes et hommes ouvriers, employés, chômeurs qui font la part belle à l’amitié et au travail, et qui accordent une importance particulière à l’entretien d’une « bonne réputation ».

À rebours des idées reçues, ce livre montre comment, malgré la lente disparition des services publics, des usines, des associations et des cafés, malgré le chômage qui sévit, des consciences collectives persistent, mais sous des formes fragilisées et conflictuelles. L’enquête de Benoît Coquard en restitue la complexité.

Editions la DécouverteLire un extrait

Benoît Coquard est sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Il travaille depuis plusieurs années sur les milieux ruraux et sur les classes populaires.


Benoît Coquard est sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et auteur de « Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin » (Ed. La Découverte). Il est l’invité d’Eric Delvaux et de Patricia Martin à 8h20.


Avec la crise des Gilets jaunes, on a vu apparaître dans le débat public des voix trop souvent oubliées ou invisibilisées, celles des personnes vivant dans les zones rurales en déclin. Des populations souvent réduites à un empilement de clichés pétris de mépris de classe, auxquelles on refuse obstinément de prêter la moindre complexité. Un livre propose aujourd’hui de démontrer que, contrairement à ce que le discours dominant sur l’individualisme laisse entendre, ces territoires sont aussi ceux de la recomposition de consciences collectives, fragiles, mais bien réelles.

Thomas Rozec reçoit Benoît Coquard, sociologue et auteur de « Ceux qui restent, faire sa vie dans les campagnes en déclin » (éd. La Découverte, 2019).


Quelle France périphérique ?! (France Culture)

La France périphérique n’existe pas. Explorons plutôt deux des multiples France périphériques, celle des campagnes désertées avec le sociologue Benoît Coquard et celle de la très grande banlieue pavillonnaire avec la romancière Julia Deck.

«La France périphérique», titre d’un essai du consultant Christophe Guilluy, cette expression s’est installée grâce aux médias et en dépit de la réfutation unanime des chercheurs. Alors il faut le dire et le redire : la France périphérique ne recouvre rien, ne veut rien dire, n’existe pas. C’est de France périphériques au pluriel qu’il convient de parler si l’on veut se donner la peine de comprendre quelque chose. C’est de deux France périphériques qu’il sera question cette semaine. Une France pavillonnaire de très grande banlieue, celle de Propriété privée le nouveau roman de Julia Deck. Et une France rurale, celle de l’Est du pays que connait par cœur le sociologue Benoît Coquard, qui en est parti alors que nombre d’autres y sont restés.

Intervenants
  • Benoit Coquard – Sociologue à l’INRA à Dijon (laboratoire Cesaer – centre d’économie et de sociologie appliqué à l’agriculture et aux espaces ruraux)

  • Julia Deck – écrivaine

  • Sylvain Bourmeau Journaliste, professeur associé à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et directeur du journal AOC et producteur de l’émission « La Suite dans les idées » sur France Culture


Plongée dans le quotidien des campagnes en déclin (The Conversation)

Ils se nomment Vanessa, Karim, Lorenzo ou Tiphaine. Ils vivent quelque part dans ce « Grand-Est » d’une France dépeuplée mais dont les dynamiques sociales, économiques et historiques demeurent souvent absentes des discours officiels et surplombants, plus enclins à les analyser par le prisme émotionnel. Ces Français de nos « campagnes en déclins » s’expriment sous la plume de Benoit Coquard dans « Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin » publié aux éditions La Découverte. L’ouvrage, issu d’une recherche de presque dix ans, fait comme un clin d’œil au roman du prix Goncourt 2018 Nicolas Mathieu « Leurs enfants après eux ».

Extraits choisis et remaniés de l’introduction (lire la suite)

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