Les espions de la terreur

Une enquête captivante au coeur des services secrets de Daech

Des tortionnaires encagoulés de noir pour effrayer les foules en Syrie ; les mêmes habillés en civil, barbe rasée, postiche sur la tête et cigarette aux lèvres pour ne pas attirer l’attention en Europe : l’État islamique s’est doté d’un « bureau des légendes » djihadiste. Faux attentats pour masquer les vrais, tentatives d’infiltration de la fonction publique : pour la première fois, une enquête révèle le fonctionnement de ces services spéciaux qui depuis Raqqa pilotaient les attentats du 13-Novembre, leurs techniques, leurs ressources, ainsi que le parcours du Français qui en fut la tête pensante. Un travail d’investigation colossal, qui s’appuie sur plus de 77 000 procès-verbaux de police et de justice, des centaines de notes des services secrets et sur une quarantaine d’entretiens conduits auprès de magistrats, d’officiers de renseignement, de victimes du terrorisme, de djihadistes et de leurs familles.

Harper Collins

Matthieu Suc est journaliste pour Mediapart et l’auteur de quatre livres, dont Femmes de djihadistes (Fayard, 2016). Autrefois spécialisé dans le grand banditisme, il consacre aujourd’hui l’essentiel de son travail aux affaires liées au terrorisme.


Le samedi 15 juin 2019, Matthieu Suc est venu présenter et débattre autour de son livre « Les Espions de la Terreur » ( Ed. Harper Collins) avec les adhérents de 13onze15 et de Life For Paris, à l’auditorium de l’Hôtel de ville de Paris.

Les commanditaires du 13-Novembre ont tous été éliminés (Mediapart)

D’après les services secrets français, sept hauts cadres de l’État islamique étaient impliqués dans la tuerie du 13-Novembre. Durant deux ans, les cerveaux de l’attentat parisien ont été traqués et tués, un par un, en Syrie.

Cet article est composé à partir d’informations contenues dans mon livre à paraître le 7 novembre chez HarperCollins, Les Espions de la terreur. L’idée de ce livre et son titre sont eux-mêmes tirés d’une série d’articles parus sur Mediapart à l’automne 2017, consacrés au sujet des services secrets djihadistes (voir Lire aussi). J’ai repris mon enquête en début d’année, elle vient compléter le travail effectué depuis mon arrivée à Mediapart, début 2016.

Je me suis plongé dans une cinquantaine de dossiers judiciaires représentant près de soixante-dix-sept mille procès-verbaux d’instruction ou d’enquête préliminaire (tous n’ont pas été lus). J’ai consulté des archives pénitentiaires et des notes d’une dizaine de services secrets français, européens ou américains. J’ai épluché des kilomètres de retranscriptions d’écoutes téléphoniques, de messages électroniques, ainsi que la mémoire des ordinateurs de plusieurs cellules terroristes. J’ai porté un soin tout particulier à cette matière qui présente l’avantage d’offrir une plongée sans filtre dans la pensée des djihadistes.

Enfin, les études françaises ou anglo-saxonnes fleurissent, les livres et les articles de presse aussi. La lecture de ces sources qu’on qualifie d’ouvertes (accessibles à tous) offre parfois des contrepoints, souvent des mises en perspective éclairantes par rapport à ce qu’on peut trouver dans des dossiers judiciaires ou administratifs.

Cette somme documentaire ingurgitée, j’ai réalisé une quarantaine d’entretiens conduits auprès de magistrats, officiers de renseignement, policiers, gendarmes, militaires, secouristes, avocats, chercheurs, victimes d’actes de terrorisme, individus reconnus coupables d’association de malfaiteurs terroriste ayant purgé leurs peines et membres de leurs familles.

Qu’ils soient recueillis directement ou tirés de procédures judiciaires, les témoignages de djihadistes, même repentis, doivent toutefois être envisagés avec précaution, car on ne peut exclure qu’ils cherchent d’abord à s’exonérer de leurs propres crimes. Je n’ai donc conservé à l’intérieur de leurs citations que ce qui a pu être confirmé par une autre source ou par un document écrit. Un même tri sélectif a été opéré, pour d’autres raisons, auprès de sources institutionnelles, lorsqu’elles cherchaient par exemple à mettre leur travail en avant et que le rôle qu’elles se donnaient ne correspondait pas aux autres éléments en ma possession.

Quelques-uns de mes interlocuteurs sont identifiés par leur nom (merci aux universitaires et autres chercheurs). La plupart restent dans l’anonymat, en raison des risques administratifs ou pénaux pris parce qu’ils me parlaient. D’autres l’ont réclamé parce qu’ils craignent de devenir la cible des djihadistes ; y compris, dans certains cas, alors que les personnes interrogées étaient des membres de la famille des djihadistes en question.

Ce travail a été complété avec le suivi d’audiences de procès de djihadistes de retour de Syrie et de celui d’Abdelkader Merah, le frère du tueur de Toulouse et Montauban


Au cœur des « services de sécurité » de l’organisation Etat islamique

Dans un livre à l’écriture soignée, Matthieu Suc s’est penché sur « l’Amniyat », ce service qui, depuis la Syrie, a planifié une bonne part des attentats commis en Europe ces dernières années.

Par Elise Vincent

Le livre. Autant le dire d’emblée, les « espions de la terreur » n’est pas un livre d’espionnage. La formule est accrocheuse, mais factuellement, il y est d’abord et surtout question de terrorisme et de djihadistes. L’idée centrale n’en est pas moins originale : tenter de reconstituer, à partir des rares sources ouvertes disponibles, le fonctionnement de « l’Amniyat », ce service de l’organisation Etat islamique (EI) qui, depuis la Syrie, a planifié, ces dernières années, une bonne part des attentats commis en Europe, particulièrement en France.

L’Amniyat ou l’AMNI a toujours été, par nature, l’une des structures les plus opaques et les plus redoutées de l’organigramme de l’EI. Aujourd’hui, l’effondrement du « califat » a eu raison de son existence. Mais lors de sa pleine période opérationnelle, notamment à partir de son centre névralgique – une maison sans âme de Tall Rifaat, au nord d’Alep –, l’Amniyat était chargée des missions parmi les plus sensibles de l’organisation terroriste : la détention et l’exécution des otages, l’application des sentences issues de la charia, le repérage des tentatives d’infiltration et, surtout, la planification des attaques à l’étranger.Le livre de Mathieu Suc se penche sur une période révolue, celle de l’apogée de l’EI dans la zone irako-syrienne. Un temps où le « proto-Etat » qu’elle était devenue lui permettait d’avoir son propre service de sécurité. Avec ses propres hommes spécialisés dans les techniques de surveillance, le contrôle aux frontières ou l’extraction de données informatiques. Et la particularité de compter dans ses rangs nombre de figures francophones du djihad, qui ont ensuite fait parler d’elles.

Qualité du récit

Comment raconter une structure qui, par essence, se veut secrète, et dont l’essentiel des informations à son sujet est réservé à la documentation classifiée des services de renseignement ? L’auteur a contourné la difficulté par une méthode classique, impressionniste, mais non moins efficace : la relecture des dossiers judiciaires emblématiques de ces dernières années, associée à une large revue de presse française et internationale sur le sujet. Le tout complété par des entretiens avec des magistrats, experts, policiers ou agents autorisés.

Les spécialistes ne liront pas de révélations majeures dans Les Espions de la terreur. Mais l’intérêt du livre n’est pas là. Sa force est dans la qualité du récit, la précision des descriptions, l’approche psychologique des terroristes et de leur entourage. Une œuvre d’écriture de longue haleine, soignée, notamment grâce au précieux travail des éditrices de HarperCollins, parmi lesquelles l’ex-journaliste de L’Express Delphine Saubaber, prix Albert-Londres 2010. En ce sens, l’ouvrage devrait plaire à tous ceux, néophytes ou aguerris, soucieux de lisibilité sur ces sombres années.

Parmi les piliers de l’Amniyat passés à une triste postérité : Mehdi Nemmouche, l’auteur de l’attentat au Musée juif de Bruxelles en mai 2014, le Belge Abdelhamid Abaaoud, « manageur opérationnel » essentiel des attentats du 13 novembre 2015, ou encore Mohammed Emwazi, ce Britannique surnommé « Jihadi John », auteur de plusieurs décapitations médiatiques : celle des journalistes James Foley, Steven Sotloff et Kenji Goto ainsi que celles des humanitaires David Haines, Alan Henning et Peter Kassig.

Méthodes éprouvées de clandestinité

Le premier des membres français de l’Amniyat qui entrera, lui, sur la liste des terroristes les plus recherché des Etats-Unis sera Salim Benghalem. L’un des gardiens de l’hôpital ophtalmologique d’Alep, l’un des principaux centres de détention de l’organisation djihadiste, où séjourneront notamment, dans des conditions éprouvantes, les quatre journalistes français Edouard Elias, Didier François, Nicolas Hénin et Pierre Torres, entre 2013 et 2014. Les témoignages qu’ils ont ramenés de leur captivité sont, depuis, une des sources les plus complètes sur les méthodes de l’AMNI, et Matthieu Suc s’en nourrit largement.

L’autre figure française sur laquelle s’attarde, parmi d’autres, l’ouvrage, est Boubaker El-Hakim. Un enfant des Buttes-Chaumont, à Paris, proche des frères Kouachi, auteurs du massacre de Charlie Hebdo en janvier 2015. Un garçon né un jour d’août 1983 qui gravira tous les échelons de l’Amniyat, au point de devenir « le Français le plus haut gradé de l’Etat islamique », selon le journaliste de Mediapart. Un jeune homme qui déclarait déjà, en garde à vue, en 2005 : « Les attentats contre les civils sont souhaitables. »

Le fil conducteur du livre est d’essayer de démontrer que si les piliers de l’Amniyat – tous éliminés depuis dans des frappes de la coalition, selon les services de renseignement – ont réussi leurs opérations en Europe, c’est grâce à des méthodes éprouvées de clandestinité, de leurre, ou de saturation de l’ennemi, tels des « espions ». Des méthodes en réalité employées par toutes les organisations criminelles. Mais qui portent nécessairement en germe un danger plus sanglant dès lors qu’il s’agit de terrorisme, et dont rien ne dit qu’il n’y a pas d’héritiers aujourd’hui.


Enquête sur le service secret de l’Etat islamique (Jihadologie)

Edité aux éditions Harper Collins, « Les espions de la terreur » de Matthieu Suc est sans doute l’un des plus brillants ouvrages écrits sur l’Etat islamique.

Lorsque le phénomène jihadiste a commencé à occuper les devants de l’actualité, notamment après la multiplication des départs en Syrie aux alentours du début de l’année 2014, peu de journalistes ou d’experts disposaient de sources au sein de cette mouvance. On peut même affirmer que jusqu’en 2015, un chercheur pouvait, grâce à ses sources, en savoir plus sur certains sujets que les services de renseignements français. Puis les Etats-Unis et la coalition internationale sont entrés en guerre contre l’Etat islamique, les bombardements aériens sont devenus plus intenses et plus précis, tuant de nombreux jihadistes, contraignant les survivants à se faire plus discrets et donc à moins communiquer avec l’extérieur. Tandis que ces sources, présentes au cœur de l’Etat islamique commençaient à disparaître, de nombreux « revenants » -pour reprendre l’expression popularisée par l’ouvrage de David Thomson[1]– livrèrent à leur retour en France de nombreuses informations aux services, qui peu à peu rattrapèrent leur retard. Aujourd’hui la tendance s’est complètement inversée, il est devenu impossible de travailler sérieusement sur la mouvance jihadiste sans s’appuyer sur des sources policières. Ainsi, en 2019, ceux qui privilégient les sources du milieu du renseignements sont aujourd’hui les mieux informés sur la mouvance du jihadisme français, à l’instar de Matthieu Suc dont l’ouvrage Les espions de la terreur[2] est indispensable pour qui veut comprendre le fonctionnement du service de contre-espionnage de l’Etat islamique.

L’ouvrage suit une trame chronologique qui retrace la montée en puissance l’Etat islamique et le calvaire de ses otages français en Syrie, avant de se poursuivre sur fond d’attentats qui frappent la France puis de projets terroristes déjoués par les services français. Si le livre est largement accessible au grand public, les experts y trouveront également de l’intérêt. Pour ma part, la principale découverte de cette lecture fut la confirmation de l’arrestation pour espionnage puis de la probable exécution d’Abu Obayda al-Maghribi, jihadiste hollandais d’origine marocaine qui était pourtant lui-même à la tête du contre-espionnage dans la région d’Alep. Si l’information était sortie dès l’été 2014, le nombre de rumeurs invérifiables concernant l’EI à l’époque était telle qu’il était très difficile de distinguer le vrai du faux. Si Matthieu Suc se questionne sur la véracité du statut d’espion d’Abu Obayda al-Maghribi, son incarcération dans les geôles de l’EI puis son exécution lui semble un fait établi, s’appuyant notamment sur les procès-verbaux d’un jihadiste allemand, actuellement détenu par les autorités de son pays. Sans vouloir en faire la démonstration, puisque pour lui c’est un fait acquis, Matthieu Suc nous révèle un élément irréfutable : des enregistrements d’un téléphone placé sur écoute dans lequel un jihadiste toulousain, ayant été accusé d’espionnage par l’EI, affirme, lors d’une discussion avec le frère de Fabien Clain, avoir été placé dans la même cellule qu’Abu Obayda al-Maghribi par le contre-espionnage de l’Etat islamique[3].

Au-delà du cas d’Abu Obayda, qui n’intéressera pas le lecteur non-spécialiste, l’ouvrage de Matthieu Suc apporte beaucoup de matériaux qui permettront de renouveler certains débats autour du jihadisme, offrant parfois des arguments contradictoires dans lesquels puiseront les tenants de chacune des deux thèses. A titre personnel, nous estimons que si les motivations des terroristes sur le plan individuel peuvent être diverses, leurs organisations, quant à elles, frappent les pays occidentaux pour des raisons rationnelles. Dans le cas de l’Etat islamique, il s’agit d’une volonté de punir les pays membres de la coalition dirigée par les Etats-Unis. Les citations de jihadistes qui confirment notre hypothèse sont nombreuses. A titre d’exemple, Mathieu Suc précise le point de vue de Rachid Kassim, jihadiste français ayant téléguidé plusieurs terroristes depuis la Syrie, qui déconseillait à l’un de ses contacts de commettre une attaque contre une synagogue, de crainte que cet attentat soit perçu comme lié au conflit israélo-arabe plutôt qu’à l’action militaire de la France au sein de la coalition[4]. Dans le même ordre d’idée, on peut citer Inspire, le magazine d’AQPA, dont les auteurs estimaient qu’il était contre-productif de viser la communauté gay, afin d’éviter que les médias ne se focalisent sur la question de l’homophobie, au détriment des enjeux géopolitiques[5]. Néanmoins, Matthieu Suc rappelle que si la tuerie du musée juif de Bruxelles perpétrée par Mehdi Nemmouche en mai 2014, donc avant les frappes de la coalition, n’a jamais été revendiquée par l’EI, des contacts existaient bel et bien avec les francophones toujours basés à Raqqa[6]. Le journaliste admet toutefois qu’il s’agissait probablement d’une initiative individuelle, citant les confidences de Mehdi Nemmouche à son co-détenu, déplorant de n’avoir bénéficié d’aucun soutien logistique de l’Etat islamique en étant « à la rue, avec 75 euros en poche », pour reprendre les mots du jihadiste[7].

Outre, des révélations sur l’organisation du contre-espionnage de l’EI, ce qui constitue le cœur du livre, Matthieu Suc nous apprend également beaucoup de choses sur les services de renseignements de l’autre camp, c’est-à-dire le monde entier. L’auteur rappelle que face aux jihadistes, tous les pays oublient les contentieux qui les opposent dans une entraide universelle, incluant les structures les plus opaques telles que les services chinois. En parcourant « Les espions de la terreur » on apprend ainsi que le Mossad s’était déplacé jusqu’à Athènes pour tenter d’arrêter Abdelhamid Abaoud, coordinateur des attentats du 13 novembre, en janvier 2015[8]. On apprend également que c’est la vigilance d’un policier turc à l’aéroport d’Istanbul, circonspect quant à la photo du passeport suédois utilisé par Tyler Vilus, l’un des premiers jihadistes français à avoir rejoint la Syrie, peu ressemblante avec son détenteur, qui a permis son arrestation alors que celui-ci s’apprêtait à regagner la France[9]. Plus surprenant, on découvre une certaine forme de naïveté de la part de certains membres des services français qui lors d’une réunion auraient déclaré : « les Irakiens s’en moquent de notre pays, si on est pris pour cible c’est parce que les Algériens arrivent et disent l’ennemi c’est la France »[10]. Si cette grille de lecture, estimant que le contentieux colonial jouait un rôle déterminant dans la mise en place de projets terroristes, a pu convaincre jusqu’en 2016, après cette date les attentats se multiplient dans toute l’Europe, sans aucun lien observable avec un passé devenu très lointain.

Enfin, il faut souligner que dans son investigation sur le service de contre-espionnage de l’EI, Matthieu Suc a su éviter deux écueils majeurs à savoir la fascination, surestimant les capacités d’individus le plus souvent sous-diplômés, avec des capacités d’analyses parfois limitées, ou au contraire le mépris de classe. Certes, l’EI a pu parfois obtenir des succès opérationnels mais les échecs furent aussi nombreux. Un terroriste se perdant dans sa ville natale, un autre se tirant une balle dans la cuisse, un vétéran suréquipé se faisant désarmer dans le Thalys[11] et enfin l’Emir syrien d’une cellule qui se rend au commissariat du XVIIIe arrondissement, puis se convertit au christianisme en prison[12]. On est loin du corps d’élite du Califat tel que certains ont pu se le représenter en France, les jihadistes en sont d’ailleurs conscients. En lisant un rapport disponible sur la toile évoquant des scénarios d’attentats, un membre de l’EI fait cette déclaration tellement révélatrice : « ils réfléchissent à des choses auxquelles nous n’avons jamais pensé »[13].

[1]D. THOMSON, Les revenants, Paris, Le Seuil, 2016.

[2]M. SUC, Les Espions de la terreur, Paris, Harpers Collins, 2018.

[3]Ibid., p. 143

[4]Ibid., p. 322

[5]https://twitter.com/RomainCaillet/status/746299173230813184

[6]M. SUC, op.cit., p. 185-186

[7]Ibid., p. 187-188

[8]Ibid., p. 166

[9]Ibid., p. 233-234.

[10]Ibid., p. 179

[11]Ibid., p. 309

[12]Ibid., p. 287-292

[13]Ibid., p. 308 note 1

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