Revue de presse (50)

France

Le gouvernement présentera à l’automne un plan contre la surpopulation carcérale (Reuters)

Le gouvernement présentera à l’automne un plan contre la surpopulation carcérale, prévoyant en particulier la construction de prisons, ont annoncé aujourd’hui Manuel Valls et Jean-Jacques Urvoas. « Des pistes seront présentées à l’automne avec un plan spécifique, concret, précis, financé », a dit le premier ministre à l’issue d’une visite à la maison d’arrêt de Nîmes (Gard), un établissement qui compte 395 détenus pour 192 places. On recensait 69.375 détenus dans les prisons françaises début juillet, un total en hausse de 3,8% sur un an, alors que ces dernières n’offraient que 58.311 places (+1,0% sur un an).

Selon le ministère de la Justice, on comptait alors 1648 matelas au sol dans ces établissements (+61,7% sur un an). Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, qui accompagnait Manuel Valls, a indiqué que « la réponse sera globale, elle sera devant les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat en septembre puisque je dois rendre un rapport sur l’encellulement individuel ». La préoccupation du gouvernement, c’est évidemment l’encellulement individuel parce qu’aujourd’hui c’est un impératif de sécurité », a-t-il ajouté. « Il faut non seulement annoncer des constructions, ce que nous ferons, mais surtout les financer et ensuite dire ce qu’on va construire. » Manuel Valls a souligné la construction récente de plusieurs prisons, la réhabilitation d’autres comme la Santé, à Paris, et la création de plus de 1100 postes dans l’administration pénitentiaire.

Mourad Hamyd, le beau-frère de Chérif Kouachi, accepte son extradition vers la France (FranceTV)

Il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour « association de malfaiteurs en vue de préparation d’acte de terrorisme ». Mourad Hamyd, le beau-frère de Chérif Kouachi, l’un des auteurs de l’attentat sanglant contre la rédaction de Charlie Hebdo en 2015 à Paris, a accepté son extradition vers la France, mercredi 10 août, lors d’une audience à Sofia (Bulgarie). Il avait été interpellé par les autorités bulgares le 28 juillet après avoir été refoulé par la Turquie. Il était accusé d’avoir cherché à rejoindre les rangs du groupe Etat islamique en Syrie.

Le beau-frère de Chérif Kouachi était fiché S depuis deux ans (Libération)

Comme nous l’a confirmé une source, il est visé par une fiche S depuis août 2014, soit bien avant la tuerie de Charlie, pour ses liens avec la mouvance radicale locale.

Depuis les attentats de janvier 2015, il semblait être totalement sorti des radars. Jusqu’au 22 juillet, lorsque ses proches viennent signaler sa disparition soudaine au commissariat de Charleville-Mézières. Une enquête est aussitôt ouverte pour «disparition inquiétante», confiée à la PJ de Reims. A peine une semaine plus tard, le 28 juillet, Mourad Hamyd est interpellé en Bulgarie à proximité de la frontière turque, comme l’a révélé le Journal du Dimanche.

Le journaliste du Financial Times Lionel Barber reçoit la légion d’honneur en raison de son « rôle positif dans le débat européen », i.e sa position anti-Brexit (Les-crises)

Lionel Barber a révélé hier qu’il recevrait la Légion d’Honneur via un tweet montrant une copie de la lettre provenant de l’ambassade de France, lui notifiant la date de sa remise.

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Union Européenne

La nouvelle politique industrielle de la Grande-Bretagne (Le Figaro)

Le Royaume-Uni ne connaît pas de catastrophe économique après le Brexit alors que Theresa May lance une grande politique industrielle. Pour l’économiste Jacques Sapir, une véritable révolution est en marche, qui met fin à trente ans de néo-libéralisme.

Présidant la première réunion de la commission interministérielle sur «la stratégie économique et industrielle» le mardi 2 août, elle s’est engagée à mettre sur pied une véritable politique industrielle. Dans la Grande-Bretagne ravagée par plus de 35 ans de «néo-libéralisme», ceci équivaut à une petite révolution

Cette nouvelle politique industrielle va donc conduire le gouvernement à aider les industries qui font la force du Royaume-Uni, comme l’automobile (Jaguar Land Rover) et l’aéronautique avec BAE Systems, mais aussi les nouvelles industries, comme le fabricant de puces électroniques ARM Systems, qui a été vendu à Japan Soft Bank. Même la sidérurgie pourrait bénéficier d’aides: Tata Steel avait annoncé fin mars la vente de ses activités au Royaume-Uni, mettant en péril des milliers d’emplois. Finalement, il a déclaré vouloir revoir sa réflexion, et a engagé des négociations avec Thyssenkrupp pour l’éventuelle création d’une co-entreprise.

La chute de la Livre Sterling, en effet, modifie favorablement la compétitivité des productions en Grande-Bretagne. La décision du groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline a d’ailleurs annoncé mercredi 275 millions de livres de nouveaux investissements dans ses sites de production en Grande-Bretagne . Ce groupe se prépare à un deuxième semestre faste en raison de la baisse de la livre sterling. La dépréciation de la Livre constitue un élément de cette politique industrielle.

Le comité a également dit qu’il soutiendrait la formation des ouvriers qualifiés, de plus en plus demandés dans l’industrie.

La Grande-Bretagne prévoit de verser les mêmes subventions que celles accordées par l’Union européenne dans l’agriculture et la recherche (AFP)

Le gouvernement britannique prévoit de verser aux agriculteurs, aux chercheurs et aux projets d’infrastructure les mêmes subventions que celles accordées par l’Union européenne (UE), selon une mesure annoncée samedi 13 août. Ainsi, le Royaume-Uni espère endiguer les craintes de ces secteurs nées du vote favorable au « Brexit » le 23 juin.

L’enveloppe totale pourrait se monter à environ 4,5 milliards de livres (5,2 milliards d’euros) par an, selon le ministre des finances, Philip Hammond. Elle concerne le secteur agricole jusqu’en 2020, les projets d’infrastructure approuvés avant le budget rectificatif de l’automne dernier, ainsi que les projets de recherche universitaire couverts par Horizon 2020, un programme européen pour la recherche et l’innovation.


Monde – Géopolitique

Le Koweït achète 30 hélicoptères Caracal à Airbus pour 1 milliard d’euros (France TV)

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a signé mardi à Koweït City le contrat d’achat par le Koweït de 30 hélicoptères français Caracal, pour plus d’un milliard d’euros, annoncé en 2015, a indiqué le ministère.

L’achat de ces 30 appareils fait partie d’accords commerciaux signés entre les deux pays en octobre 2015, pour un montant total de 2,5 milliards d’euros. Vingt-quatre hélicoptères sont destinés à l’armée koweitienne, six autres à la garde nationale.

Selon France Info, ce contrat permet à Airbus Helicopters, basé dans les Bouches-du-Rhône, de remplir son carnet de commandes pour les deux années à venir. Les appareils seront assemblés sur le site de Marignane, qui emploie 8 700 salariés, précise la radio.

Putsch raté : la Turquie émet un mandat d’arrêt contre Fethullah Gülen (Le Monde)

Un tribunal d’Istanbul a émis jeudi 4 août un mandat d’arrêt à l’encontre du prédicateur exilé aux Etats-Unis, accusé par Ankara d’être le cerveau du coup d’Etat manqué, a annoncé l’agence progouvernementale Anatolie. Le mandat d’arrêt accuse l’ex-imam, exilé depuis 1999 en Pennsylvanie, « d’avoir ordonné la tentative de coup d’Etat du 15 juillet », qui a fait vaciller le pouvoir pendant quelques heures et abouti à la mort de 272 personnes. Le septuagénaire, autrefois un très proche allié du président Erdogan, a formellement démenti toute implication.

L’imam Fethullah Gülen est le chef de la confrérie des Fethullahci (adeptes de Fethullah), un courant affilié au mouvement religieux sunnite Nurcu (« adeptes de la lumière »). Son mouvement, Himzet, était très puissant en Turquie, où il était l’allié de l’AKP (le Parti de la justice et du développement fondé par M. Erdogan) jusqu’en 2013.

Le système carcéral turc au bord de la rupture (Reuters)

L’afflux de milliers de détenus accusés de sédition depuis le putsch manqué du 15 juillet pousse le système carcéral et judiciaire turc au bord de la rupture. Même si le gouvernement assure contrôler la situation, la surpopulation dans les prisons atteint de nouveaux records et les tribunaux sont débordés, sans compter que 3.000 procureurs et magistrats figurent parmi les suspects interpellés.

La population pénitentiaire en Turquie a triplé depuis l’arrivée au pouvoir du parti de la Justice et du développement (AKP) en 2002. En mars, le pays comptait 188.000 détenus, soit 8.000 de plus que la capacité existante. Depuis la tentative de coup d’Etat, 12.000 personnes ont été placées en détention provisoire en attendant d’être jugées et des milliers d’autres sont encore en garde à vue, dont la durée a été étendue de quatre à trente jours par décret présidentiel.

La vision apocalyptique de l’Etat Islamique et le fantasme de Dabiq (L’Orient-le-jour)

L’organisation État islamique (EI) s’appuie sur des traditions prophétiques mises en exergue par certains compagnons du Prophète pour sublimer son discours. Quitte à se les réapproprier jusqu’à en faire des prophéties proprement jihadistes.

Dabiq (magazine anglophone) et Aamaq (agence de presse). Ces deux noms renvoient à deux localités situées au nord de la Syrie qui seraient, selon des traditions attribuées au prophète Mohammad, le lieu de la bataille de la fin des temps.

« Ce que l’on appelle la plaine d’Aamaq avec la localité de Dabiq est un élément de la tradition prophétique mise en avant par plusieurs compagnons du Prophète », explique David Rigoulet-Roze, chercheur rattaché à l’institut français d’analyse stratégique (Ifas) et rédacteur en chef de la revue Orients stratégiques. Au XVIe siècle, cette localité a vu s’affronter les Ottomans et les Mamelouks. Selon la croyance jihadiste, c’est à Dabiq que doit se dérouler la bataille qui prélude à l’apocalypse entre les jihadistes et les roumis, nom qui faisait référence dans la tradition islamique à l’Empire byzantin et qui est aujourd’hui utilisé pour désigner la coalition internationale.

Dans sa propagande, l’EI fait constamment le lien entre l’eschatologique et le géopolitique : l’ennemi désigné par les traditions réinterprétées se confond ainsi avec l’ennemi actuel dans une propagande qui se veut prophétique.
L’EI joue constamment sur la symbolique des croisades comme dans le numéro 4 du magazine Dabiq titré « The Failed Crusade » (la croisade manquée), dont la une est un photomontage d’un drapeau de l’EI érigé sur la place Saint-Pierre de Rome. La présence de l’EI en Libye, non loin de l’Italie, vient sublimer ce discours de conquête.

« La tradition prophétique se présente à certains égards comme une sorte de patchwork, confie David Rigoulet-Roze. L’organisation fait parfois coller des éléments qui, paradoxalement, ne sont pas forcément aussi centraux dans le sunnisme traditionnel. » C’est notamment le cas de la figure du Mahdi, le Messie. Très présent dans la tradition chiite, notamment chez les duodécimains, il est constamment mis en avant par l’organisation, car les étendards noirs venant du Khurasan (hadith mis en avant par Abou Hurayra au VIIe siècle) sont annonciateurs de sa venue sur terre, qui permettra de restaurer la primauté de l’islam. Toujours d’après les prophéties, le règne du Mahdi sera ensuite mis à mal par le Dajjal (antéchrist) et c’est à ce moment-là qu’interviendra la fin des temps.

Les effets des frappes aériennes contre l’Etat Islamique ont été volontairement surestimés selon un rapport du Congrès (Zone militaire)

Il y a près d’un an, l’on apprenait que l’Inspecteur général du Pentagone venait d’ouvrir une enquête pour vérifier les affirmations d’un analyste civil de la Defense Intelligence Agency (DIA), à qui il avait été demandé, entre 2014 et 2015, de manipuler les renseignements sur l’État islamique (EI ou Daesh) afin d’édulcorer la situation et de surestimer les effets de la campagne aérienne de la coalition internationale sur les capacités militaires de l’organisation jihadiste.

Si l’enquête interne du Pentagone est toujours en cours, celle du Congrès, qui s’était aussi saisi de cette affaire, vient de faire l’objet d’un rapport, diffusé le 11 août. Et ce dernier reprend à son compte les accusations portées par l’analyste de la DIA contre sa hiérarchie.

Ainsi, ce rapport établit que, à partir de la mi-2014 [depuis la prise de Mossoul par Daesh], les renseignements transmis par l’US CENTCOM [commandement militaire pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient] contredisaient les évaluations initialement faites par ses analystes.

Le rapport indique que 40% des analystes ont subi des pressions « pour déformer ou supprimer des renseignements durant l’année passé ». Et nombreux sont ceux qui ont dénoncé un « encadrement toxique ». Cela étant, la question est de savoir pourquoi ces renseignements ont été manipulés… Et là, le rapport en ignore les raisons.

Syrie : les « rebelles » islamistes brisent le siège d’Alep, alors que l’Etat Islamique perd Minbej (Le Figaro)

C’est le principal revers militaire subi par le régime syrien et ses alliés russes, iraniens et libanais du Hezbollah depuis 2013. Une coalition de rebelles islamistes et djihadistes s’est emparée samedi du quartier gouvernemental de Ramoussa, au sud d’Alep, d’où ils ont pu faire la jonction avec les quartiers rebelles de l’Est. Au passage, ces combattants réunis dans «l’Armée de la conquête» se sont emparés de l’Académie d’armements et de ses importantes réserves en munitions. Les combattants ont ainsi réussi à briser le siège total imposé depuis le 17 juillet par les forces de Bachar el-Assad à ces quartiers peuplés de 250.000 habitants.

Autre évolution importante de la guerre en Syrie, des combattants arabes et kurdes soutenus par l’Occident ont remporté une victoire contre les djihadistes de Daech en s’emparant, deux mois après le début de leur offensive, de leur fief de Minbej, à 60 km au nord-est d’Alep. Les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui ont été appuyées par la coalition internationale, et notamment par les États-Unis, contrôlent désormais le centre-ville de la localité, selon l’OSDH. Formées l’an dernier, les FDS regroupent la milice kurde des Unités de protection populaire (YPG) et des combattants arabes. Minbej était le principal carrefour d’approvisionnement de l’État islamique de la frontière turque à Raqqa, sa «capitale» syrienne.

L’OSDH, source contestée de la guerre en Syrie (Le Figaro)

«Selon l’OSDH». Ces mots ponctuent chaque bilan de la guerre en Syrie dans les médias. Les chiffres de l’«Observatoire syrien des droits de l’homme» sont systématiquement repris par les principales agences de presse, AFP, AP et Reuters, et, donc, par la plupart des médias. Pourtant, rien n’est moins évident que la fiabilité de cette organisation, qui est loin d’être indépendante.

Créée en 2006, l’OSDH se présente comme «un groupe d’individus, à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, qui documente sur la situation des droits de l’homme en Syrie et leur violation». Elle est devenue à partir de 2011 la principale source d’information des médias occidentaux sur le conflit syrien. Derrière l’OSDH, un seul homme: Rami Abdel Rahman, de son vrai nom Ossoma Suleiman, sunnite laïc, membre de l’opposition, qui vit à Coventry en Grande-Bretagne. Il n’a pas mis les pieds en Syrie depuis 2000, date à laquelle il a quitté le pays pour des raisons politiques. Rahman affirme disposer d’un réseau de plus de 200 activistes sur le terrain, qui lui permettent de centraliser et vérifier l’information. Contrairement à d’autres groupes ouvertement prorebelles, l’OSDH a pour particularité, comme l’ONU d’ailleurs, de comptabiliser aussi bien les victimes côté régime que côté rebelles.

Irak : les enjeux de la bataille de Mossoul (France-Irak actualités)

Face à 10 à 15 000 djihadistes de l’Etat islamique qui ont eu deux ans pour organiser leur défense, la coalition anti-Daech aligne 50 000 soldats gouvernementaux, 20 000 peshmerga, une force d’environ 10 000 miliciens comprenant des Turkmènes et des Assyriens, et Hashd al-Watani, des volontaires de tribus sunnites locales commandés par Atheel Nujaifi , ancien gouverneur de la province de Ninive, réfugié au Kurdistan. A cette impressionnante coalition militaire, il faut ajouter les milices chiites d’Hashd al-Shaabi, fortes de plusieurs milliers de combattants soutenus par l’Iran. Saraya al-Salam, les Brigades de la paix de Moqtada al-Sadr ne seront pas en reste, mais marqueront leur différence : le leader religieux a ordonné à ses hommes de « cibler » également les troupes américaines présentes dans la région (environ 4 600 « conseillers militaires », sans compter les forces spéciales et les « contractors »)…

Près de 100 000 soldats vont donc se lancer à l’assaut de Mossoul, un nombre équivalent à celui des troupes gouvernementales qui se sont débandées, en juin 2014, lors de l’entrée des djihadistes dans la ville. On se souvient que la population de Mossoul avait accueilli les djihadistes en libérateurs, ne faisant pas la différence entre ceux appartenant à Daech et à l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya, proche du parti Baas clandestin d’Izzat Ibrahim al-Douri. Pour les mossouliotes, l’important était d’être débarrassé des forces gouvernementales qui se comportaient en occupants et en racketteurs. A l’époque, il était encore question de proclamer un Gouvernements provisoire de la République irakienne. Mais, Daech a pris le dessus et imposé sa loi, sans partage.

On estime à 1 million le nombre d’habitants résidant encore à Mossoul. Comment réagiront-ils à l’entrée des troupes de la coalition dans leur ville ? Certainement pas en leur offrant des fleurs. L’exode des populations de la région de Ninive est déjà important. Le Jour J, il sera massif. L’issue des combats ne fait aucun doute : Mossoul sera reconquise, mais à quel prix et pour quoi faire ensuite ? Aucun projet sérieux de réconciliation n’est proposé par les assaillants. Ce qui est sûr, c’est que la bataille ne signera pas la disparition de l’Etat islamique.

La Libye reste fracturée malgré l’affaiblissement de l’Etat islamique (Radio vatican)

En Libye, la lutte contre le groupe État islamique se concentre autour de Syrte. Depuis le 12 mai, les forces du gouvernement libyen d’union nationale (GNA) ont lancé une offensive sur cette région, à 450 km à l’est de Tripoli, bastion des djihadistes depuis plus d’un an. Un assaut mené avec l’appui des frappes aériennes des États-Unis qui effectuent depuis une semaine des raids contre les cibles islamistes de Syrte, aujourd’hui cantonnées au centre de la localité.

Une opération militaire liée à l’avancée du processus politique dans le pays. La mise en place du gouvernement d’union nationale libyen, en mars sous l’égide de l’ONU, permet en effet de justifier cette intervention occidentale à Syrte, un an après la prise de la ville par les djihadistes en juin 2015. C’est ce que décrypte Bernard Lugan, spécialiste de l’Afrique et auteur du Blog « L’Afrique Réelle ».

http://media02.radiovaticana.va/audio/audio2/mp3/00543211.mp3

Pakistan : qui sont les talibans qui ont revendiqué le massacre de Quetta ? (Libération)

Jamaat ul-Ahrar, un des groupes islamistes les plus violents et sectaires du pays, a publié un communiqué dans lequel il «assume la responsabilité» de l’attentat à la bombe ayant tué au moins 70 personnes, ce lundi.

Le Jamaat ul-Ahrar est l’un des groupes les plus sectaires et les plus violents en activité au Pakistan. Il regroupe des dissidents du Mouvement des talibans pakistanais (Tehrik-e-Taliban Pakistan, TTP). Après des tentatives de négociations en 2013, l’armée avait lancé en 2014 une vaste offensive contre les camps du mouvement installés dans les zones tribales, à la frontière afghane, sans toutefois s’attaquer à ceux du Sud-Pendjab. Le TTP s’était ensuite scindé en différentes factions, la plus radicale étant celle du Jamaat ul-Ahrar. Il cible tout particulièrement les chrétiens.C’est lui qui avait revendiqué l’attentat-suicide dans un parc de Lahore, le 27 mars, qui avait tué 72 personnes dont 29 enfants. Un an plus tôt, dans la même ville, il avait visé deux églises, tuant quinze personnes.

Quetta et les villes des alentours abritent enfin des talibans afghans de premier plan. L’organe de direction du mouvement est d’ailleurs surnommé la «choura de Quetta» («l’assemblée de Quetta»). Le mollah Akhtar Mohammad Mansour, qui avait pris la succession du mollah Omar, a été tué le 21 mai dans un bombardement de drone américain alors qu’il rejoignait cette ville, en voiture, depuis la frontière iranienne.

Pakistan : Daesh revendique l’attentat de Quetta, déjà revendiqué par les talibans (AFP)

Le groupe Daesh (l’acronyme en arabe de l’Etat islamique) a affirmé que l’attentat perpétré lundi dans la ville pakistanaise de Quetta et qui a fait au moins 70 morts avait été mené par l’un de ses membres, selon l’agence Amaq, un organe de propagande de l’organisation jihadiste. Une faction des talibans pakistanais, Jamaat-ul-Ahrar, avait revendiqué plus tôt dans la journée l’attentat, qui a fait également plus de 100 blessés.

L’attentat a été perpétré au moment où environ 200 personnes, dont nombre d’avocats et de journalistes, étaient rassemblées devant les urgences de l’Hôpital civil de Quetta, après l’assassinat quelques heures plus tôt du bâtonnier de la province.

Le chef du groupe État islamique en Afghanistan et au Pakistan aurait été visé par une frappe américaine (Reuters)

Hafez Saïd, chef de l’organisation État islamique en Afghanistan et au Pakistan, aurait été tué par une frappe américaine en juillet. C’est ce qu’affirme, sous couvert d’anonymat, un responsable de la Défense américaine. La frappe a eu lieu dans le district de Kot, dans la province afghane de Nangarhar, a précisé la source américaine.

Ancien membre de la branche pakistanaise des Taliban, rallié à l’EI, Hafez Saïd avait déjà été donné pour mort en 2015 mais son décès n’avait jamais été confirmé.

Les forces afghanes en grande difficulté dans la province du Helmand face aux taliban (Zone militaire)

Les forces afghanes se trouvent en grande difficulté face aux talibans, qui ont lancé une importante offensive pour s’emparer de cette province du Helmand, connue pour être un haut-lieu de la production de pavot.

En outre, depuis quelques mois, les taliban, par ailleurs mieux équipés que par le passé, mettent en oeuvre de nouvelles tactiques de combat qui reposent sur une unité de 300 à 400 commandos appelée « Sara Khitta » (Groupe Rouge en pachto).

Ce « Groupe Rouge », commandé par un certain Haji Nasar, attaque de préférence pendant la nuit, grâce à des jumelles de vision nocturne obtenue on ne sait comment et dont sont équipés ses tireurs d’élite. Et, apparemment, il a infligé de lourdes pertes aux forces afghanes.

Pour tenter de rétablir la situation, l’état-major afghan mise sur les frappes aériennes de l’aviation américaine (dont les règles d’engagement ont été récemment assouplies) ainsi que sur l’envoi de renforts, en particulier de forces spéciales.

Les deux tendances de Boko Haram (RFI)

RFI reçoit Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions islamistes

La revue al-Naba, qui est l’hebdomadaire en langue arabe de l’EI, a publié une interview avec Abu Musab al-Barnawi, présenté comme le nouveau wali -donc le nouveau gouverneur de l’EI en Afrique de l’Ouest– [ce qui] impliquait un limogeage d’Abubakar Shekau. Et puis mercredi soir, grande surprise, il  y a eu un audio d’Abubakar Shekau qui s’adresse à Baghdadi, donc l’émir de l’Etat islamique, en le saluant sous son titre de ‘calife des musulmans’, et lui dit : Abu Musab al-Barnawi (celui qui est présenté comme le successeur de Shekau à la tête de la section d’Afrique de l’ouest) est un déviant, il a des erreurs doctrinales et je vous demande de vous positionner par rapport à ça.

Au sein de ce qui était autrefois Boko Haram, qui est devenu aujourd’hui l’EI en Afrique de l’Ouest, il y a maintenant deux tendances. Une tendance qui se rallie derrière Abubakar Shekau, qui est la plus dure et une tendance qui va paradoxalement être un peu moins radicale, un peu moins extrémiste et qui est justement cette tendance qui s’est ralliée à l’Etat islamique.

Un élément à confirmer : j’ai cru comprendre que Abu Musab al-Barnawi n’était pas un inconnu puisque c’était l’ancien porte-parole de Boko Haram. Mais il serait le fils de Mohammed Youssouf, le fondateur de Boko Haram. Si cette rumeur est vraie, cela voudrait dire que la légitimité est du côté de ceux qui sont avec Abu Musab al-Barnawi donc avec la composante pro EI.

La politique de l’EI contrairement à celle d’al-Qaïda, c’est justement d’être plus qu’une franchise et d’essayer de tout contrôler, d’envoyer des émissaires mais aussi d’envoyer des cadres qui influent sur la politique et aussi sur les tactiques militaires du groupe. En discutant avec un certain nombre de journalistes, ils m’ont dit que quand on parle à des militaires, souvent des militaires tchadiens, ils disent qu’il y a des blancs maintenant avec Boko Haram. Alors peut-être éventuellement que pour ces Africains, les blancs ce sont des arabes. Donc j’écarte pas l’hypothèse que il y ait carrément des cadres de l’Etat islamique, venus du territoire syro-irakien qui soient actuellement avec Boko Haram ou l’EI en Afrique de l’Ouest.

La Russie accuse l’Ukraine d’avoir projeté des attentats en Crimée (Le Monde)

Les services de renseignement russes (FSB) assurent avoir arrêté un officier des services ukrainiens préparant des attentats terroristes en Crimée, et perdu deux hommes dans les opérations ayant conduit à cette arrestation. Selon son communiqué, le FSB aurait déjoué durant le week-end plusieurs attaques visant des « infrastructures vitales » de la péninsule annexée par la Russie au printemps 2014. Objectif : « Y déstabiliser le climat sociopolitique. »

En Côte d’Ivoire, des centaines de prisonniers politiques (Mediapart)

De nombreux rapports et témoignages indiquent qu’il y aurait aujourd’hui près de 470 détenus d’opinion en Côte d’Ivoire, dont plus de 200 sont introuvables. Les autorités démentent.

Ces détenus sont aussi appelés « prisonniers de la crise postélectorale » : une grande partie d’entre eux sont emprisonnés depuis avril 2011, date de fin de la crise politico-militaire qui a opposé Gbagbo à l’actuel président Alassane Ouattara. La formule « prisonniers pro-Gbagbo » est également utilisée, puisqu’il s’agit de proches de l’ancien président, de membres et de sympathisants avérés ou présumés du FPI.

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