« Qui peut oublier les lieux de sa naissance ! »

JEANNE D’ARC, avec noblesse.

Voilà donc l’espoir qui m’est permis ?
Un exil, au milieu de tous mes ennemis !
Irai-je, errante, hélas ! le long de la Tamise,
Comme l’Hébreu, banni de la terre promise
Et de ses pleurs baignant un rivage étranger,
Flatter mes longs ennuis d’un rêve mensonger,
L’œil sans cesse tourné vers les bords de la France ?
Eh ! qui peut oublier les lieux de sa naissance !
Ô champs de Vaucouleurs ! ô berceau de mes jours !
Puissent mes tristes yeux se fermer pour toujours,
Avant que de mon cœur votre image effacée
Cesse, pour un moment, d’occuper ma pensée ! […]

Charles-Joseph Lœillard d’AvrignyJeanne d’Arc à Rouen (1819)

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