[…] puisque nous entreprenons de vivre seuls et de nous passer de compagnie, faisons que notre contentement dépende de nous ; déprenons-nous de toutes les liaisons qui nous attachent à autrui ; gagnons sur nous de pouvoir à bon escient vivre seuls, et y vivre à notre aise.
[…] ce que le philosophe Antisthènes disait plaisamment : « Que l’homme se devait pourvoir de munitions qui flottassent sur l’eau, et pussent à nage échapper avec lui du naufrage. »
Certes, l’homme d’entendement n’a rien perdu, s’il a soi-même.
Michel de Montaigne (1533-1592) – Essais
