L’homme qui dort et ne rêve pas, ou rêve trop profondément pour se souvenir de ses rêves, m’émeut beaucoup.
Les rêves sont la littérature du sommeil. Même les plus étranges composent avec des souvenirs.
Le meilleur d’un rêve s’évapore le matin. Il reste le sentiment d’un volume, le fantôme d’une péripétie, le souvenir d’un souvenir, l’ombre d’une ombre.
[…] Au réveil, nous assistons à nos rêves comme un spectateur qui écoute une pièce dans une langue étrangère.
Pour qu’un rêve garde sa force et vive comme une plante de mer dans la mer, il faudrait un appareil qui l’enregistre dans le sommeil.
Jean Cocteau – Essai de critique indirecte (1932)
