« Nul ne ment autant que l’homme indigné »

[…] partout où l’on parle mal de l’homme — et cela sans vouloir être méchant — l’amateur de la connaissance doit écouter attentivement et avec soin ; ses oreilles doivent être partout où l’on parle sans indignation, car l’homme indigné, celui qui se lacère la chair de ses propres dents (ou, à défaut de lui-même, Dieu, l’univers, la société), celui-là peut être placé plus haut, au point de vue moral, que le satyre riant et content de lui-même ; sous tous les autres rapports il sera le cas plus ordinaire, plus quelconque et moins instructif.

D’ailleurs, personne ne ment autant que l’homme indigné.

Friedrich Nietzsche – Par delà le bien et le mal (1886)

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