« Il faut toujours être botté et prêt à partir »

La venue de la mort ne sera pas chose qui me surprendra ; j’y suis, à toute heure, préparé autant que je puis l’être ; elle est continuellement mêlée à mes pensées et s’y grave.

Autant qu’il est en nous, il faut toujours être botté et prêt à nous mettre en route ; et surtout, n’avoir plus, pour ce moment, d’affaires à régler qu’avec soi-même :

« Pourquoi, dans une vie si courte, former tant de projets ? (Horace). »

Ce règlement avec nous-mêmes, au moment du départ, nous donnera assez de soucis, sans que nous nous en embarrassions d’autres.

Michel de MontaigneEssais (1595) – Livre I Chapitre XIX


Autre traduction :

Je suis un homme enveloppé par ses pensées, et qui en même temps les enferme en lui. Je suis donc à tout instant préparé autant que je puis l’être, et la mort, si elle survient, ne m’apprendra rien de plus.

Il faut toujours avoir ses bottes aux pieds et être prêt à partir, autant que faire se peut, et surtout, veiller à ce qu’en cet instant on n’ait à s’occuper que de soi.

Pourquoi, infatigables que nous sommes, dans une vie bien courte former tant de projets ? Car nous aurons alors bien assez à faire, pour ne pas y avoir besoin d’un surcroît.

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