« Il n’y a de discipline que celle qu’on se donne, et qu’on pourrait ne pas se donner »

Les Allemands contestent leur servitude. Ils l’appellent discipline, et vantent en elle la seule liberté digne d’hommes qui se possèdent et qui vivent dans l’ordre.

S’il était vrai, il en faudrait conclure que rien de libre ne peut s’accomplir dans l’homme sans rébellion, et que l’anarchie est plus noble que la discipline.

Mais il n’en est pas ainsi. Il n’y a de discipline que celle qu’on se donne, et qu’on pourrait ne pas se donner. La discipline qu’on reçoit d’une main étrangère, c’est le fouet.

Je ne crois pas à la vertu des hommes sans virilité. Il faut avoir la force pour dompter la force. L’ordre véritable est celui que l’on crée et non pas celui que l’on subit.

Une machine parfaite n’est pas un ordre : les rouages les plus souples ne sont pas libres : ils sont agencés.

Comme il faut haïr la guerre et rester capable de la faire, il faut être capable de rébellion et se donner des lois pour ne pas se rebeller.

La noblesse comme la force consiste à se vaincre. Nous n’avons que faire d’une liberté servile et d’un ordre sans conscience.

André SuarèsLa Nation contre la Race ; Commentaire sur la guerre des Boches (1916-1917)

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