Rwanda, 6 avril 1994 : enquêtes sur un attentat

Le 6 avril 1994, l’avion Falcon 50 transportant deux chefs d’État africains, leurs collaborateurs et trois français, membres de l’équipage, est abattu par un missile SAM 16 au-dessus de l’aéroport de Kigali. Cet acte est reconnu par l’ONU comme « l’événement déclencheur » du génocide au Rwanda. Depuis plus de 20 ans, ses auteurs ne sont ni arrêtés ni jugés. Toutes les enquêtes menées par l’ONU, la justice belge, espagnole et française sont sabotées et en proie à de fortes pressions politiques.

Qui a intérêt à étouffer ces enquêtes ? D’où viennent les pressions et pourquoi les auteurs de cet attentat semblent-ils intouchables ? Charles Onana, l’un des meilleurs spécialistes de ce dossier, fait des révélations sur les coulisses de ces différentes enquêtes et montre les interférences politiques qui jouent contre la vérité et la justice, y compris en France.

Charles Onana est docteur en science politique et spécialiste de l’Afrique des Grands Lacs et des conflits armés. Il a publié plusieurs livres très remarqués dont Rwanda, la vérité sur l’opération Turquoise (L’Artilleur, 2019) – Éditions L’Artilleur


Alors que l’actualité du génocide rwandais a resurgi par la publication du rapport Duclert, le journaliste d’investigation Charles Onana entend faire la lumière sur l’élément déclencheur de la tragédie : l’attentat du 6 avril 1994, laissé dans l’ombre depuis 25 ans.

 


Un commentaire

  1. Bonjour.
    Je ne prétends pas être un spécialiste et mon avis est seulement ceci : un avis.
    J’ai lu de nombreux articles et livres qui traitent du sujet « le génocide au Rwanda ».
    J’ai voulu comprendre … si tant est qu’il soit possible de « comprendre » comment en trois mois on peut supprimer entre 800 000 et 1 million de personnes.
    Je connais encore peu Charles Onana. Avant même d’écrire et après avoir lu cette page (https://miscellanees.me/2021/04/20/onana-rwanda-6-avril-1994-enquete-sur-un-attentat/) j’ai lu quelques informations sur Charles Onana. Encore une fois, sans me reconnaître à aucun titre un spécialiste de ce génocide, j’avoue avoir été rassuré par les informations que j’ai pu recueillir sur Charles Onana.

    De tous les ouvrages que j’ai lus celui que je mets en première ligne est celui qu’a écrit Florent Piton « Le génocide des Tutsi du Rwanda », paru en 2018. Il a sur la plupart des autres l’avantage d’être un travail universitaire qui s’est proposé de faire une synthèse historique de cette « extermination des Tutsi du Rwanda ».
    Son grand intérêt est d’être le travail d’un historien qui s’est tenu à l’écart de tout jugement et de toute polémique sur un sujet aussi grave. C’est pourquoi il me semble d’une très grande objectivité et il mérite bien d’être placé en tête de toutes les publications sur le génocide.
    Sans contester ce que l’article de Miscellanées écrit : « Cet acte est reconnu par l’ONU comme « l’événement déclencheur » du génocide au Rwanda », je préciserais que le crash du Falcon 50 est l’événement déclencheur qui ouvre la porte au génocide, qui -et on discutera encore longtemps sur le sujet- n’était pas, à mon sens programmé comme on pourrait dire qu’il était inscrit dans un programme délibéré de la part de tous ceux qui ont participé à ce génocide.
    Je dirais plutôt qu’il s’inscrit dans la suite logique d’une longue histoire, celle d’un pays qui, comme la plupart des pays d’Afrique (… tous ?) ont leur propre histoire sur laquelle s’est greffée celle d’autres pays qui sont venus s’installer avec des moyens et des propositions très diverses. Je veux parler ici de la colonisation mais comme aujourd’hui il s’agit d’un sujet hautement sensible j’emploie le terme sans autre acception et en particulier sans le charger d’une connotation qui pourrait apparaître comme un jugement de l’histoire. On ne juge que les faits et encore ce jugement doit-il être assorti de prudence, de justice dans les termes sans chercher à excuser ce qui ne peut l’être ni dénigrer les aspects positifs. La colonisation, et vous me pardonnerez cette expression dans le contexte africain, ce n’est ni « tout noir ni tout blanc ».

    Le génocide au Rwanda, et le livre de Florent Piton est très objectif sur ce sujet, a des origines non comme tel mais, comme le médecin que je suis le dirait à propos d’une maladie, comme des prodromes, des facteurs favorisants, des causes lointaines qu’il est juste de replacer dans l’histoire lointaine des populations de ce pays sans oublier l’histoire récente avec l’arrivée des européens. Toujours sans porter de jugement, ni positif ni négatif.

    Il faut aussi souligner que le Rwanda est, à ma connaissance, le seul pays d’Afrique où n’existe pas de peuplement polyethnique comme dans la plupart des autres mais seulement trois dont deux largement majoritaires et un troisième presque anecdotique si l’on s’en tient aux pourcentages. Et ce peuplement est une histoire spécifique du Rwanda.

    Ensuite qu’il se soit mêlé des intrications parfois douteuses, malheureuses voire franchement négatives, entre les visées des européens et la culture historique locale, c’est un fait indéniable.

    Tout ceci pour dire que le 6 avril 1994 est comme un aboutissement qui fait basculer l’histoire dans l’horreur du génocide.

    Ensuite ce que le Rwanda vit depuis et qui, loin d’être abouti, évolue avec les soubresauts des procès, des rapports, des polémiques de toutes sortes ne rend pas service à la vérité que tous nous voudrions connaître.

    Sans avoir encore lu les ouvrages de Charles Onana, je pense partager en tout cas son option qui n’est pas d’innocenter qui que ce soit mais de vouloir chercher et faire connaître la vérité. Celle-ci ne pourra être reconnue que si la recherche veut bien faire l’économie des polémiques qui sont entretenues par les deux camps opposés, chacun ayant déjà sa certitude quant à la vérité.

    La Rwanda tout comme les pays concernés, dont la France, et toutes les institutions qui ont été les acteurs -responsables et/ou coupables- de la tragédie, ont un besoin urgent de cette vérité pour qu’elle n’empoisonne pas les relations dont tous ont besoin dans le concert des nations pour la paix.

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