« L’excès et le défaut sont les caractères du vice ; le juste milieu est celui de la vertu »

[…] l’excès et le défaut sont les caractères du vice ; le juste milieu est celui de la vertu ; et comme dit un poète : « L’homme vertueux ne l’est que d’une seule manière ; le méchant prend mille formes diverses. »

 

La vertu est donc une habitude de se déterminer, conformément au milieu convenable à notre nature, par l’effet d’une raison exacte et telle qu’on la trouve dans tout homme sensé. Ce milieu se rencontre entre deux vices, l’un par excès, et l’autre par défaut ; et de plus, comme nos passions et nos actions peuvent nous écarter du devoir, par excès aussi bien que par défaut, c’est à la vertu qu’il appartient de trouver le milieu entre ces extrêmes opposés, et de s’y fixer.

 

Voilà pourquoi la vertu, quant à son essence et à sa définition, est une sorte de moyen terme ; mais considérée dans ce qu’elle a de bon ou même d’excellent, elle est, pour ainsi dire, un extrême.

Aristote (Éthique à Nicomaque (traduction de Jean-François Thurot)