Les nouveaux corsaires

Le Monde des espions, saison 2 : les nouveaux corsaires (France Culture)

Au XVIIe siècle, les corsaires couraient les mers pour leurs comptes et pillaient des navires pour leur roi. Quatre siècles plus tard, leurs lointains héritiers sont partout : sur les champs de bataille, où ils sont aux avant-postes des combats, dans les airs où ils assurent la surveillance des côtes, dans l’espace où ils espionnent, et même dans le cyberespace où ils piratent. La concession des fonctions les plus régaliennes de l’Etat à des opérateurs privés sera la tendance lourde du siècle qui vient et, sans attendre, notre série « Les nouveaux corsaires » vous propose d’aller à la rencontre de tous les entrepreneurs en souveraineté auxquels les Etats sous-traitent, d’ores et déjà, leurs missions les plus sensibles.

Philippe Vasset et Pierre Gastineau ont été successivement les rédacteurs en chef d’Intelligence Online, – « the Bible for the Intelligence Industry », selon le Times de Londres -, la publication professionnelle de référence qui ausculte les services de renseignement, le monde interlope des grands contrats d’armement, et celui des sociétés de renseignement privé et de lobbying. Ils ont en parallèle publié un livre d’enquête, le premier du genre, sur les hackers à la solde des Etats et des entreprises, « Armes de déstabilisation massive », paru chez Fayard.

Et en 2019, ils ont signé la première saison du « Monde des espions » pour France Culture. A réécouter sur franceculture.fr, en cliquant sur le lien « Conversations secrètes : Le monde des espions, saison 1 ».

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Jonathan Powell, le mercenaire de la paix

Peut-être son nom ne vous dit-il rien ? Et c’est à la fois normal et inquiétant. Car ce premier corsaire de l’été, Jonathan Powell, fait partie des personnes à qui les Etats concèdent les fonctions les plus régaliennes. Figure de l’ombre qui apparaît sur les clichés pris lors de grands événements…

Le point commun à tous ces nouveaux corsaires, c’est qu’ils n’aiment pas la lumière, et que leurs missions, toujours sensibles, parfois polémiques, s’accommodent plus volontiers de l’ombre. Le cas de Jonathan Powell est, à cet égard, particulier. Car avant d’entrer, il y a dix ans, dans la confrérie des nouveaux corsaires, Powell a été, au Royaume-Uni, l’un des barons les plus en vue du New Labour, cette vague travailliste qui a porté Tony Blair au pouvoir. Directeur de cabinet de Tony Blair pendant dix ans, Powell a été, avec Alastair Campbell, l’une des principales éminences grises du Premier ministre britannique. Il a été sur toutes les photos, de tous les combats. Puis, lorsque Blair a quitté le pouvoir en 2007, Powell a brusquement disparu. Il fallait avoir l’œil particulièrement exercé pour le remarquer, en 2016, assis au premier rang de la salle de l’Institut Nobel à Oslo lors de la remise du prix Nobel de la Paix au président colombien Juan Manuel Santos. On l’a également vu sur les rares photos existantes de l’équipe qui, pendant dix ans, a négocié le désarmement de l’ETA au pays basque. On l’a aussi aperçu en Birmanie, en Indonésie, au Mozambique, en Libye…

Car Jonathan Powell est devenu ces sept dernières années l’un des très rares prestataires privés au monde à exercer la profession de médiateur de conflit armé. Des Etats le mandatent pour négocier avec des guérillas, des séparatistes, voire des terroristes.

Par une après-midi de janvier, nous avons donc sonné à la porte d’Inter-Mediate, la petite organisation fondée et dirigée par Powell et installée à l’ombre des tours de Westminster, à Londres. Nous sommes entrés dans une maison désuète, meublée comme un cercle de bridge de quartier. L’atmosphère oscille entre Agatha Christie et Downtown Abbey : difficile d’imaginer que c’est là que Powell a préparé ses missions sur les lignes de front du Mozambique et de Colombie et reçu des insurgés de tous les pays et de tous les bords. Nous installons notre micro dans une petite salle de réception. Sur les étagères, on remarque une sorte de calumet, cadeau des indépendantistes musulmans d’Aceh, en Indonésie, et un éléphant en porcelaine, don du Conseil National de Sécurité de Thaïlande. Autour d’un thé, Powell retrace pour nous son basculement dans la diplomatie privée.


Tim Spicer, le pionnier de la guerre privée

Quand le modèle libéral et capitaliste atteint aussi les fonctions que doivent assumer les Etats, le monde de la guerre se libéralise aussi. Tim Spicer est notre second corsaire de l’été, un businessman de la guerre privée, qui a même fondé une entreprise devenue multinationale.

Syrie, Libye, Irak, Yémen… Sur presque tous les champs de bataille, on trouve aujourd’hui des soldats privés. A Idlib ou à Tripoli, ce sont les salariés russes de la nébuleuse Wagner. En Irak, ce fut, longtemps, les recrues de la société américaine Blackwater. Autant de condottiere modernes qui louent leur savoir-faire à des Etats dépassés. Comment, en moins de vingt ans, ces bataillons de fortune en sont-ils venus à remplacer les armées de métier sur les lignes de front ? Nous avons voulu comprendre et remonter à la genèse d’un phénomène en pleine expansion.

Car si la guerre froide avait vu des artisans du mercenariat sillonner l’Afrique pour le compte des deux grands camps, soviétique et occidental, à l’instar du célèbre français Bob Denard, le XXIème siècle va être celui de l’industrialisation des armées privées. De nouveaux chefs d’entreprise militaire sont en train d’émerger, à l’instar de l’Américain Erik Prince, fondateur de la célèbre compagnie Blackwater, ou du russe Yevgeny Prigozhin, opérateur du conglomérat Wagner.

Mais si Prince, ou Prigozhin, sont les Bill Gates de la guerre privée, c’est parce qu’il y a eu, avant eux, un Steve Jobs. Et c’est à cet homme que nous sommes allés parler. Pour cela, il nous a fallu aller à Londres à la rencontre de Tim Spicer le vétéran multi-décoré des forces spéciales britanniques qui a véritablement inventé, au milieu des années 90, l’entrepreneuriat militaire.

Discret et – officiellement – retiré des affaires, l’homme, aujourd’hui sexagénaire, n’aime pas la presse : il a, depuis vingt ans, fait tellement de « unes » de journaux, il a connu tellement de commissions d’enquête qu’il semble avoir fait une croix définitive sur les journalistes. Ces dernières années, il n’a donné que deux interviews, dont une à son insu. Après plusieurs approches via des amis communs, il a finalement accepté de nous rencontrer une première fois à Paris, en plein hiver, à l’hôtel Costes. Dans une atmosphère glaciale, nous avons été longuement jaugés, jugés, pesés, soupesés. Et ce n’est qu’à l’occasion d’une deuxième série d’entrevues à Londres, entre lobbys d’hôtel et arrière-salles de pub embrumées, que l’homme s’est ouvert et a accepté de revenir pour nous sur sa carrière militaire, son basculement dans le privé et la genèse d’Aegis, la multinationale militaire privée qu’il a mise sur pieds.


Habib Boukharouba, « Top Gun » privé pour pays sans escadrille

Pour que les Etats puissent se doter d’une puissance aérienne militaire, des prestataires privés ont vu le jour et vont jusqu’à fournir les pilotes qui participeront aux combats. Le Français Habib Boukahrouba est devenu une sorte de PDG de mercenaires pour Etats en quête de forces armées aériennes.

Du Baron rouge à la Patrouille de France, rien ne symbolise plus nettement la puissance d’un Etat que son aviation de chasse. Véritables signes extérieurs de souveraineté, ces appareils ultra-perfectionnés permettent à un pays de contrôler son espace aérien mais également de frapper des cibles à l’autre bout du globe, voire de délivrer l’arme atomique. Leurs pilotes, rigoureusement sélectionnés, sont l’incarnation de l’excellence nationale. A cette aune, rien n’est plus contre-intuitif que l’idée qu’un prestataire privé livre des combats aériens.

Mais si les pays occidentaux ont constitué à grand frais des armées de l’air performantes, ce n’est pas le cas de nombreux pays émergents. Confrontées à des guerres ou des mouvements de contestation armés, ces nations dépourvues de puissance aérienne en sont réduites à demander de l’aide à l’extérieur.

C’est à ce déséquilibre que viennent répondre les services très particuliers qu’offre le Français Habib Boukharouba. En quinze ans, ce dernier est devenu une sorte de numéro vert pour Etats en quête de puissance aérienne militaire. Il leur loue des avions, des drones, des pilotes, clés en main. Il est venu nous raconter son métier pour le moins unique dans nos studios.


Carne Ross, l’ambassadeur des capitales qui n’existent pas encore

Ces dernières années, le monde est traversé par des velléités d’indépendance et de création de nouveaux pays, comme une seconde vague après celle qui suivit la chute du mur de Berlin en 1989. Un nouveau marché à conquérir s’offre aux diplomates privés qui agissent dans les arcanes du pouvoir.

Après la vague d’indépendance qui a suivi, au début des années 90, la chute du mur de Berlin, on assiste depuis plusieurs années à un second mouvement de création de pays. Le Soudan du Sud est le dernier à avoir rejoint, en 2011, l’Organisation des Nations Unies, mais une bonne demi-douzaine de pays virtuels patientent à la porte. Parmi eux le Somaliland et le Puntland, deux régions somaliennes qui veulent s’inventer un destin loin de la guerre qui déchire Mogadishio, mais aussi le Kurdistan, qui veut suivre une route différente de l’Irak, le Sahara Occidental, la république de Chypre du Nord, etc. Sans compter l’Europe qui doit faire face aux velléités d’indépendance des Catalans, des Écossais et des Kosovars.

Cette nouvelle vague d’indépendance a suscité des vocations chez les diplomates privés, qui sont allés proposer à ces nations en devenir un appareil diplomatique clef en main. La plus active de cette ambassade à louer s’appelle Independent Diplomat. C’est un mélange hybride de cabinet de lobbying, de société de conseil, de fondation et d’ONG.

Son fondateur s’appelle Carne Ross. Ancien diplomate britannique, il a quitté le Foreign Office par opposition à la guerre en Irak au début des années 2000 et est parti créer ce qui est devenu en quinze ans le premier réseau diplomatique privé. Nous l’avons retrouvé à Londres, où, lors d’une froide matinée d’hiver, il nous a expliqué comment il représente des proto-Etats en quête d’indépendance et les aide à obtenir des soutiens internationaux.


Les auxiliaires privés du renseignement français, avec Bernard Barbier

Dans le domaine de la sécurité étatique, on taisait les informations sous la formule « secret d’Etat ». Une tendance a priori paradoxale se banalise : les services de renseignement sous-traitent avec le secteur privé, y compris en France – pays longtemps resté rétif aux entrepreneurs en souveraineté.

Les Etats anglo-saxons, et plus particulièrement la couronne britannique, s’appuient volontiers sur des opérateurs privés pour mener leurs opérations de renseignement et de guerre clandestine. La France, à l’inverse, s’en méfie. Depuis la grande époque des corsaires malouins, Paris n’a plus confié la moindre mission sensible à un entrepreneur privé. Le dernier corsaire français, Ambroise Garneray, s’est éteint à Paris en 1857.

Exposé par plusieurs de nos invités, notamment le pionnier des armées privées Tim Spicer, ce paradoxe ne recouvre qu’imparfaitement la réalité. Malgré sa culture jacobine, la France, elle aussi, commence discrètement à sous-traiter des activités régaliennes à des opérateurs privés. Elle le fait de manière moins visible que le Royaume-Uni ou les Etats-Unis, et sans doute de manière moins massive, mais elle le fait quand même. C’est à cette histoire secrète des nouveaux corsaires français que sera consacré la présente émission.

Dans cette série, tous nos invités ont jusqu’à présent été des corsaires. Aujourd’hui, nous renversons la perspective et recevons l’un de ceux qui leur donnent leurs « lettres de marque », ou « marchés publics », comme on dit désormais. Haut fonctionnaire, c’est lui qui a entrouvert la porte de la DGSE, le service de renseignement extérieur français, aux entrepreneurs en souveraineté.


Cyber-corsaires contre flibustiers du net

On aime les représenter borgnes, avec un bandeau noir sur leur œil perdu, avec une jambe de bois et un perroquet sur l’épaule. La révolution numérique a fait naître un genre nouveau de pirates tout aussi redoutables, bien moins mobiles maintenant que l’information circule à la vitesse de la lumière.

Comme leurs ancêtres marins, les pirates informatiques sont otages de la fiction. Depuis le film Wargames dans les années 80 jusqu’à Hacker de Michael Mann en passant par Matrix et les séries Mr Robot ou Homeland, les hackers saturent nos écrans, à ce point qu’il est devenu difficile de les imaginer autrement que jeunes, encapuchonnés de noir, autistes et rebelles… Mais il existe un autre type de pirates, moins romantique mais bien plus réel.

Ces pirates-là ne sont pas des surdoués géniaux et incompris travaillant la nuit dans une chambre en désordre. Ce sont des employés de bureau qui, tous les jours de la semaine, de 9h à 17h, cambriolent des boîtes mails et pénètrent des réseaux sécurisés pour le compte de clients privés et étatiques.

Ces ateliers de l’effraction informatique sont presque tous en Inde, un pays qui dispose, sur le marché du piratage, de multiples avantages comparatifs : la main d’œuvre y est peu chère et parfaitement anglophone, et les autorités compréhensives, quand elles ne sont pas complices.

Mais si les protections étatiques assurent l’immunité, elles ne garantissent pas la discrétion. A force de travailler pour tout le monde, et parfois simultanément pour des camps adverses, certains cyber-corsaires indiens ont fini par attirer l’attention. C’est ainsi que notre invité, John Scott-Railton, chercheur en informatique au laboratoire canadien Citizen Lab, en a eu connaissance.


Michael Stock, l’administrateur privé des pays en liquidation

Michael Stock est un entrepreneur qui a choisi d’investir dans les pays ayant fait faillite et restant sans attrait pour susciter une reprise par une coalition internationale. L’objectif étant de remettre à flot les Etats conseillés et encadrés, puis à terme de récupérer le capital investi.

Que fait-on des pays quand ils font faillite ? Quand ils n’ont plus de gouvernement, plus d’armées, plus de budget, plus rien ? Les entreprises qui cessent de fonctionner sont confiées à des administrateurs judiciaires, mais qu’en est-il des pays ? S’ils ont une valeur stratégique, comme c’était le cas de l’Irak après la chute de Saddam Hussein, les pays sont repris en main par des coalitions internationales. Mais quand un pays failli ne pèse pas lourd sur l’échiquier international, les choses sont très différentes. Une entreprise privée décide de se charger, sur ses propres deniers, de les remettre sur pieds, espérant, à terme, récupérer son investissement.

C’est ce que fait, depuis vingt ans, notre invité d’aujourd’hui, le financier américain Michael Stock, à la tête de sa société-ONG Bancroft Global. On a souvent évoqué, au cours de cette série consacrée aux nouveaux corsaires, la propension de la couronne britannique à sous-traiter ses missions les plus essentielles à des organisations commerciales. Mais il existe, aux Etats-Unis, une autre tradition : celle des philanthropes richissimes, d’Andrew Carnegie à Bill Gates, dont les fondations finissent par prendre le pas sur les Etats. Michael Stock, le fondateur de Bancroft, s’inscrit dans cette lignée. Il est issu d’une dynastie de banquiers américains qui, un siècle plus tôt, traitaient sur un pied d’égalité avec les dirigeants du monde entier.

Au paroxysme de la crise de la Covid-19, il a fallu slalomer entre les restrictions européennes pour aller rencontrer à Genève, dans le lobby d’un hôtel bordant le Léman, cet entrepreneur en zones de guerre.


Earthcube, vigie des données des services de renseignement français

Rencontre avec une startup française, Earthcube, qui commence à concurrencer les géants du renseignement américains, comme Palantir, sous-traitant favori de la CIA. La France s’est vue obligée de recourir au secteur privé pour ses missions de défense devant l’exigence technologique des big data.

Après les armées privées, les hackers à la demande et les Top guns à louer, notre série Les Nouveaux Corsaires s’aventure aujourd’hui sur les dernières bornes du pouvoir des Etats, la dernière frontière : le traitement de masse des données, notamment celles issues de l’espace, aujourd’hui parsemé de satellites espions. Une activité que, faute d’espace de stockage et de puissance de calcul, tous les Etats disposant d’une flotte de satellite se voient contraints de déléguer au privé.

Car aucune des grandes puissances de renseignement n’a anticipé la croissance exponentielle des données que les espions allaient devoir traiter. A force de lancer à tour de bras des satellites d’observation, de déployer des flottes d’avions espions et de siphonner les réseaux de communication, les services de renseignement se sont retrouvés face à des Himalaya de téraoctets à traiter, corréler, classer et stocker. Une tâche souvent bien au-delà de leur savoir-faire technologique et de leurs capacités de stockage et pour laquelle, très tôt, tous les maîtres-espions de la planète ont été contraints de solliciter les génies de la Tech de la Silicon Valley.

Même la puissante CIA s’est retrouvée, en 2011, obligée d’aller frapper à la porte d’Amazon, pour lui louer en catastrophe des espaces de stockage dans le cloud, ces mégacentres de données mis en réseau à travers le monde. Un peu avant, l’agence de renseignement américaine, de concert avec son homologue NSA, avait fait la fortune d’une startup spécialisée dans le traitement des données, Palantir, devenu en dix ans l’indispensable auxiliaire des services américains.

A Paris, les maîtres-espions ont tardé à prendre la mesure du défi qu’allait bientôt représenter le traitement des données de masse. Et, comme ce fut le cas pour d’autres bouleversements technologiques, les drones ou le cyber, les services français payent aujourd’hui le prix de ce retard et mettent les bouchées doubles… en se tournant vers le secteur privé.

En 2015, notre lettre d’information Intelligence Online avait causé un certain émoi en révélant que, pressé par l’urgence de l’enquête sur les attentats, le service français de renseignement intérieur DGSI avait dû passer un contrat avec le groupe américain Palantir, sous-traitant favori de la CIA. Cette association avait suscité un tollé, certains dénonçant une intolérable atteinte à la souveraineté française. Mais la DGSI, mise sous pression par un gouvernement prêt à tout pour prévenir de nouvelles attaques, et incapable d’extraire elle-même les détails pertinents de la masse de données qu’elle avait interceptées, avait dû se résoudre à faire appel à Palantir – et ce d’autant plus qu’aucune entreprise française n’a, à l’époque, été capable de prêter main-forte aux hommes de la DGSI.

Suite à ce réveil brutal, l’administration française du secret s’est retroussé les manches et a finalement trouvé la réponse à ses besoins en traitement de données, non chez les mastodontes traditionnels de la défense française, mais chez une startup : Earthcube.

De nouveaux corsaires lèvent les voiles sur les nouveaux océans de données. Fini les officiers de fortune et les diplomates patentés qui partent se réinventer en Afrique ou ailleurs. Le nouveau corsaire 2.0 a des Stan Smith aux pieds et un sweat-shirt à capuche, il est issu des meilleures écoles d’ingénieurs et travaille dans un open space avec table de ping-pong et machine Nespresso dans le IXe arrondissement de Paris. C’est dans cet environnement, loin des bars d’hôtel où s’est élaborée notre série, que nous sommes reçus un vendredi de juillet.