« La Nation est le point d’équilibre subtil entre universalisme et tribalisme »

Weber était emblématique de cette gauche qui, en quelques décennies, était passée de Trotski à Fabius et DSK, avait troqué la révolution communiste pour la révolution libérale, renonçant à l’Empire soviétique pour l’Empire européen et américain. Finalement, si on pouvait repérer une constante idéologique dans ce parcours tourmenté, c’était l’internationalisme, qu’il soit prolétarien ou bourgeois, communiste ou capitaliste, le refus des Nations, des frontières, la crainte effarouchée des peuples et des populismes, le rejet des enfermements ethniques et tribaux, cette incapacité des progressistes à comprendre que la Nation est justement le point d’équilibre subtil entre universalisme et tribalisme, et que l’excès du premier entraîne irrésistiblement l’excès du second.

Eric ZemmourLe Figaro (30/04/20)