Paul le Roux : la chute d’un des plus grands cybercriminels de l’histoire

Pendant des années, Paul Calder LeRoux a échappé aux radars de la Drug Enforcement Administration (DEA) et de la CIA.

Premier grand criminel à opérer dans le cyberespace, ce développeur surdoué s’est retrouvé en quelques années à la tête d’un empire tentaculaire. Son innovation ? Appliquer les principes de l’entreprenariat du xxie siècle à l’économie souterraine, en procédant notamment à la dématérialisation des activités criminelles. Assassinats, trafic de drogue, contrebande, blanchiment d’argent… le réseau développé par Paul Leroux devient rapidement la première cyber-mafia d’envergure internationale.

Durant près de cinq ans, la journaliste Elaine Shannon a pénétré le monde occulte de Paul Leroux. En lien étroit avec les équipes de terrain de la DEA, elle a remonté la piste de la tête pensante de cette organisation criminelle atypique, étudiant le parcours, les méthodes et le profil psychologique du dangereux « Mastermind ».

Le récit exclusif de la traque du plus glaçant des cybercriminels.


La cybermafia de Paul Calder Leroux (JDD)

LA VIE EN NOIR – Paul Calder Leroux. L’un des plus grands criminels des temps modernes. L’alliance du génie de l’informatique et du sociopathe. Une enquête de la DEA hors norme, un récit dynamite de la journaliste d’investigation, Elaine Shannon, coutumière du fait. Cette fois, elle s’est penchée sur la vie de Paul Leroux, l’Entrepreneur du crime 2.0. L’homme qui voulait devenir un mélange du Narco Pablo Escobar et de Viktor Bout, marchand d’armes immortalisé par Nicolas Cage dans Lord of War.

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Paul Le Roux, génie du net, géant du crime (Korii)

Après une longue enquête, le journaliste américain Evan Ratliff vient de publier un livre-somme sur l’histoire de ce crack d’internet devenu grand criminel.

Lorsqu’on demande à Evan Ratliff s’il se souvient du jour le plus mémorable de son enquête, il répond sans hésiter: «J’étais aux Philippines, sur la piste du meurtre non élucidé de Catherine Lee, une agent immobilier apparemment sans histoire. Alors que l’on quittait le lieu où avait été retrouvé son corps, le policier qui m’escortait m’a tendu le dossier de l’enquête. En parcourant les photos et les notes des enquêteurs, j’ai été frappé de voir que quelques mois plus tôt, un agent spécial du DEA de Los Angeles [le service de police en charge de la lutte contre le trafic de stupéfiants, ndlr] s’était rendu lui aussi sur la scène de crime que je venais à peine de quitter. À ce moment, j’ai compris qu’il se tramait quelque chose d’important et que j’étais sur la bonne voie».

La piste que l’agent du DEA et Evan Ratliff tentent de remonter mène à Paul Le Roux, un criminel dont on sait alors peu de choses: «Son nom avait fuité dans un article du New York Times en 2014, mais apparemment son arrestation remontait à 2012… Lorsque je commence mon enquête, Le Roux n’est encore qu’un fantôme».7

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Un baron de la drogue a dirigé son empire depuis son ordinateur, avant de dénoncer ses propres employés (Vice)

Des antidouleurs aux États-Unis. De la meth de Corée du Nord. Des yachts pleins à craquer de coke. Des tueurs à gage. Tout ramenait à un témoin des fédéraux : Paul Le Roux

Avant de devenir indic’ et de dénoncer les meurtres commis par d’anciens soldats américains pour le compte de l’empire des drogues et des armes qu’il dirigeait, Paul Le Roux était un type muni d’un ordinateur.

Dans les années 1990, le Sud-Africain a participé à la création d’E4M, ou « Encryption for the Masses ». C’était un logiciel qui, en plus du programme TrueCrypt, son successeur, promettait de rendre les opérations en ligne plus indétectables aux yeux indiscrets, en tout cas pour un moment. Il s’est servi de cet anonymat pour assembler ce que les procureurs fédéraux ont depuis qualifié d’empire criminel « tentaculaire et unique », tout en dirigeant ses opérations depuis un ordinateur aux Philippines, puis au Brésil. En plus d’autres marchandises, il a, lors de son procès, admis avoir vendu de la drogue, des armes, des produits chimiques, des technologies de missiles et des contrats à gage. Il semblerait que son réseau ait inclus des cartels de drogues latino-américains, des gangsters chinois, des guérilleros, d’anciens soldats européens, des seigneurs de guerre somaliens, et peut-être même des dignitaires corrompus d’Iran ou de Corée du Nord.

Mais il a été arrêté en 2012 dans le cadre d’une opération d’infiltration lors d’un deal de contrebande de méthamphétamine au Liberia. Le Roux, en espérant réduire sa peine, a viré de bord. Le New York Times a rapporté qu’au printemps dernier, il a servi de témoin principal dans un procès qui accusait trois de ses anciens mercenaires d’avoir perpétré un assassinat qu’il avait lui-même commandité. Sa saga est longue et étrange. Elle implique un trafic d’or, des explosions de voitures, un yacht plein de cocaïne qui s’est écrasé sur le rivage et de nombreux contrats à gage. Une saga qui soulève des questions sur le genre de personnages avec qui le gouvernement américain collabore pour consolider des affaires, et le prix à payer de ces coopérations.

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Le bitcoin a-t-il été inventé par un narco­tra­fiquant ? (Ulyces)

En enquêtant sur l’incroyable parcours du criminel Paul Le Roux, le journaliste Evan Ratliff a réalisé que ce narcotrafiquant pouvait être le créateur du bitcoin.

Ce samedi après-midi de mai, une cascade de messages arrivent sur la boîte e-mail d’Evan Ratliff. Ils citent tous la même personne : « Sato­­shi Naka­­moto ». L’alias derrière lequel se cache le créa­­teur du bitcoin n’est pas inconnu de ce jour­­na­­liste spécia­­lisé dans les nouvelles tech­­no­­lo­­gies. Mais que peut-il bien avoir à dire sur cette ombre aux contours fuyants ? Ratliff n’a jamais cher­­ché à connaître son iden­­tité. Alors ce n’est pas lui qui résou­­dra un mystère resté intact depuis la nais­­sance de la monnaie numé­­rique, en 2008.

Le rédac­­teur en chef du maga­­zine Atavist explore un tout autre sujet. En janvier 2019, il a publié un livre baptisé The Master­­mind: Drugs. Empire. Murder. Betrayal. Il y dresse le portrait de Paul Calder Le Roux, un génie de l’in­­for­­ma­­tique sud-afri­­cain qui a bâti une édifiante multi­­na­­tio­­nale du crime sur Inter­­net. Chemin faisant, le déve­­lop­­peur a alimenté l’épi­­dé­­mie d’opioïdes aux États-Unis, monté une milice armée en Soma­­lie, et acheté de l’or et du bois dans une demi-douzaine de pays afri­­cains.

Ses méfaits ne s’ar­­rêtent pas là. Il a aussi fomenté un coup d’État aux Seychelles, corrompu des fonc­­tion­­naires aux Philip­­pines, trafiqué de la meth nord-coréenne et super­­­visé la construc­­tion de systèmes de guidage de missiles pour l’Iran. La liste est déjà longue. Mais il y a encore autre chose. « Pensez-vous que Paul Le Roux soit Sato­­shi Naka­­moto ? » demandent les e-mails en cascade, ce samedi après-midi de mai.

La rumeur qui commence à courir dans de petits cercles aver­­tis de la Toile n’est pas aussi folle qu’elle en a l’air. À bien y regar­­der, « beau­­coup d’élé­­ments coïn­­cident », admet Evan Ratliff, « que ce soit en termes de compé­­tence, d’am­­bi­­tions ou de timing ». Alors, après la sortie de son ouvrage sur Paul Le Roux, le jour­­na­­liste prolonge son enquête. Il en livre aujourd’­­hui les prin­­ci­­pales trou­­vailles.

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