Comprendre la radicalisation djihadiste


137 nuances de terrorisme. Les djihadistes de France face à la justice Focus stratégique, n° 79, avril 2018 (IFRI)

Cette étude, réalisée à partir de sources judiciaires originales, analyse les profils et les parcours de 137 individus condamnés en France dans des affaires de djihadisme.

Il en ressort que ces individus se distinguent par un niveau d’éducation et une intégration professionnelle plus faibles, un degré de pauvreté plus important, un engagement dans la criminalité plus élevé et un rapport plus étroit au Maghreb et à l’Afrique subsaharienne que la moyenne de la population française.

Au-delà des chiffres, une analyse qualitative permet de mieux comprendre les processus de radicalisation et de basculement dans le terrorisme. Les rôles joués par les dynamiques de groupe, Internet ou encore la prison sont par exemple détaillés. Cette étude permet également de mettre en lumière la manière dont le phénomène djihadiste pèse sur les administrations judiciaire et pénitentiaire.

La question de la récidive est spécifiquement évoquée, notamment à travers les cas d’individus condamnés pour des faits de terrorisme qui, après avoir purgé leur peine, ont perpétré des attentats sur le sol français. Cette question est d’autant plus brûlante qu’une soixantaine de personnes condamnées pour des actes de terrorisme devraient être libérées dans les deux prochaines années.

Télécharger l’étude de Marc Hecker (56 pages)


Djihadistes un jour, djihadistes toujours ? Un programme de déradicalisation vu de l’intérieur – Focus stratégique, n° 102, février 2021

Cette étude est le fruit d’une enquête de terrain exceptionnelle au sein du Programme d’accompagnement individualisé et de réaffiliation sociale (PAIRS), dédié notamment à la réinsertion de djihadistes sortant de prison. Elle offre une vision nuancée de la déradicalisation et de la problématique de la récidive terroriste.

La France a traditionnellement une approche sécuritaire de la lutte contre le terrorisme. Elle s’est engagée tardivement dans la prévention de la radicalisation et la mise en place de programmes de désengagement consacrés aux djihadistes. La réflexion n’a véritablement commencé qu’en 2013 et les premières expériences ont conduit à certaines dérives. Ainsi, la déradicalisation pâtit dans ce pays d’une mauvaise réputation tenace. Les programmes de désengagement et de réinsertion mis en œuvre depuis 2016 – Recherche et intervention sur les violences extrémistes (RIVE) jusqu’en 2018 puis PAIRS jusqu’à présent – se sont déroulés à l’abri des regards. Le travail discret a été préféré à la communication à outrance. Cette étude ouvre la boîte noire des méthodes de désengagement. Elle dresse un bilan objectif de ces dispositifs qui, après quatre ans d’expérimentation, affichent un résultat rassurant : parmi les dizaines de condamnés pour faits de terrorisme suivis par RIVE et PAIRS en milieu ouvert, aucun n’a récidivé.

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