Les cobayes du Cosmos, confidences d’astronautes

 

Dans le vide spatial, l’être humain est un corps étranger. Vertiges, fonte du corps, irradiation, stress, angoisse, mélancolie… les astronautes éprouvent, dans leur corps, les effets d’un voyage dans l’espace. Alors que l’humanité envisage un aller-retour vers Mars d’ici une ou deux décennies, quels sont les obstacles qui restent à surmonter pour que des êtres vivants supportent le voyage ?

Basé sur les témoignages inédits des astronautes du monde entier, et illustré par les images de leurs voyages, le film enquête dans les laboratoires des agences spatiales, où des scientifiques tentent de trouver des solutions à tous ces problèmes physiques et psychologiques.

Les Cobayes du cosmos, confidences d’astronautes réunit 13 astronautes, de toutes les générations, hommes, femmes, russes, américains, européens, asiatiques, symboles d’une humanité en quête d’exploration spatiale. Tous rêvaient de plonger dans le cosmos depuis l’enfance. Aucun n’est revenu indemne de son séjour dans l’espace, ni physiquement, ni psychologiquement.

Les longs entretiens qu’ils ont accepté de livrer pour ce film, truffés d’anecdotes, d’incidents cocasses ou dramatiques, et bien sûr d’émerveillements, frappent par leur franchise et racontent une réalité peu connue des voyages spatiaux.

Avec les témoignages de Thomas Pesquet, Mikhaïl Kornienko, Samantha Cristoforetti, Jerry Linenger, Alexandr Lazutkin, Takyua Onishi, Tim Peake, Jean-François Clervoy, Cady Coleman, Anna Fisher, Patrick Baudry, Jean-Pierre Haigneré, Valentin Lebedev.

Réalisé par : Jean-Christophe RIBOT – co-écrit avec : Cécile DUMAS (Look at sciences) / Producteur délégué : Jérôme DUC-MAUGÉ – Production : COCOTTES MINUTE

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« Confidences d’astronautes » : les « cobayes de l’espace » racontent la vie là-haut (Le Monde)

Une douzaine de spationautes racontent les troubles physiques et psychiques d’un séjour dans l’espace.

L’excentrique milliardaire américain Elon Musk rêve d’installer d’ici à 2024 une colonie humaine sur Mars pour sauver l’humanité. Rares sont ceux qui le prennent au sérieux : celui-ci reste évasif lorsqu’on lui demande comment son équipage s’approvisionnera en oxygène, en nourriture, et comment il protégera des radiations cosmiques. Plus réaliste, l’ancien spationaute français Jean-François Clervoy prévoit, pour sa part, que l’homme aura marché sur Mars avant 2050. D’ici là, la médecine spatiale devra relever de nombreux défis. Au premier chef, il s’agira de s’assurer que l’organisme humain peut encaisser un voyage vers une destination si lointaine, la distance moyenne vers Mars étant de 76 millions de kilomètres.

C’est à cette troublante question d’une possible adaptation du corps humain à la vie dans le cosmos qu’est consacré le documentaire de Jean-Christophe Ribot. Assis sur une chaise, filmés de profil, de trois quarts ou de face, sur fond blanc, une douzaine d’astronautes français, américains, russes, japonais, britanniques et italiens racontent comment ils ont vécu leur voyage dans l’espace.

Nourri d’images d’archives de leurs expéditions, ce film passionnant révèle ce qu’ils ont généralement tu : les troubles physiques et psychiques générés par la vie dans une fusée. Angoisse, vieillissement accéléré, ralentissement des fonctions cérébrales… La liste des désagréments est longue. Le Russe Alexandre Lazoutkine, 61 ans, avoue qu’il a regretté d’être devenu cosmonaute après avoir été saisi de nausées pendant quatre jours lors de son premier vol.

Muscles fondus et os fragilisés

Le titre du documentaire, Les Cobayes du cosmos, fait référence à ces milliers d’heures de tests que ces hommes et ces femmes endurent avant, pendant et après un voyage spatial. Ils ont permis au neurologue belge Floris Wuyts de montrer comment, dans l’espace, le cerveau des cosmonautes se transforme : la zone qui gère l’équilibre finit par s’éteindre et la nausée disparaît. Une semaine après leur arrivée, les astronautes, habitués à l’apesanteur, évoluent dans la station spatiale comme des poissons dans l’eau.

« C’est le bonheur parfait. Vous ne sentez plus votre corps et vous avez ce sentiment de liberté absolue », confie Patrick Baudry.  « Ce n’est pas juste qu’on flotte, on vole », s’extasie l’Américaine Cady Coleman, qui reste émerveillée par ce que les psychologues de l’espace appellent l’overview effect, cet impact sur le psychisme humain que provoque la vision de la Terre perdue sur fond d’infini.

Le film s’intéresse aussi à la transformation des corps : malgré les innombrables exercices physiques à bord, les muscles fondent et les os se fragilisent. Une fois revenus sur Terre, les astronautes peinent à lever un bras victorieux. « Quand je penchais la tête, je ­pensais que j’allais tomber et que jamais je n’allais arriver à la redresser », explique Thomas Pesquet.

Les premiers hommes qui débarqueront sur Mars seront-ils capables de poser plus qu’un pied sur le sol ? Mikhaïl Kornienko, 58 ans, qui a effectué des tests dans ce sens, indique que « c’est faisable ». Mais il faudra aussi surmonter la mélancolie : dans une fusée, on finit par être triste de ne plus entendre le bruit des oiseaux ou de ne plus vivre en ville. Autre obstacle de taille : les rayonnements cosmiques brisent l’ADN des cosmonautes et provoquent des cancers. Des effets que la NASA et l’Agence spatiale européenne cherchent à bloquer.

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