L’affaire Jérôme Carrein : la revanche de la guillotine

Le 27 octobre 1975, un homme, Jérôme Carrein, tue Cathy Petit, 10 ans, dans le Nord-Pas-de-Calais. Trois mois plus tard, un autre homme, Patrick Henry, assassine Philippe Bertrand, 7 ans. Le second échappera à la guillotine quinze jours avant que le premier soit condamné à mort ; il sera défendu par Robert Badinter et son procès, devenu celui de la peine de mort, tiendra la France en haleine. Jérôme Carrein, lui, n’intéressera personne, sauf des magistrats qui prendront à ses dépens leur revanche sur le procès Henry – la revanche de la guillotine.

Luc Briand revient sur cette affaire, sur Jérôme Carrein que tout le monde a oublié, sur cette marche vers la mort d’un homme au destin jalonné d’abandons, écrasé par la fatalité sociale, sur sa quasi-rédemption en prison. Il rencontre tous les personnages de l’affaire, jusqu’aux témoins de sa dernière heure et au fils du bourreau, qui assistait son père lors de l’exécution. Le dossier Carrein, raconte-t-il, fait quinze centimètres d’épaisseur, quinze centimètres qui résument l’intégralité de la vie d’un homme, et ont suffi à décider de sa mort ; quinze centimètres d’histoire broyée parce que soudain la vie valait moins que les symboles qu’on voulait en tirer.

Luc Briand, 40 ans, est magistrat. Après divers postes au tribunal de grande instance du Havre, à la Cour de cassation et au Conseil d’État, il est aujourd’hui conseiller à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. La Revanche de la guillotine est son premier livre.


Je vous raconte aujourd’hui un crime célèbre des années 70 : le 27 octobre 1975 à Arleux, dans le nord, disparaît la petite Cathy, huit ans. Son frère raconte qu’un homme l’a emmenée pêcher. Jérôme Carrein, 34 ans, un vagabond alcoolique, avoue avoir étranglé et noyé la petite fille. En janvier 1977, devant la cour d’assises de Douai, l’avocat général demande la mort…

Invité : Luc Briand, magistrat, conseiller à la cour d’appel d’Aix-en-Provence, auteur de « La revanche de la guillotine » aux éditions Plein Jour (2018)


L’Heure du crime – L’affaire Jérôme Carrein (RTL)

Le 27 octobre 1975, un homme, Jérôme Carrein, tue Cathy Petit, 10 ans, au bord des marais d’Arleux, dans le Nord-Pas-de-Calais. Trois mois plus tard, un autre homme, Patrick Henry, assassine cyniquement Philippe Bertrand, 7 ans. Le second échappera à la guillotine quinze jours avant que le premier soit condamné à mort ; il sera défendu par Robert Badinter et son procès, devenu celui de la peine de mort, tiendra la France en haleine.

Jérôme Carrein, lui, n’intéressera personne, sauf des magistrats qui prendront à ses dépens leur revanche sur le procès Henry. Le dossier Carrein, tient en vingt pages, vingt pages qui résument l’intégralité de la vie d’un homme, et ont suffi à décider de sa mort. Vingt pages d’histoire broyée parce que la vie soudain valait moins que les symboles qu’on voulait en tirer.

Nos invités

Luc Briand, magistrat. Après divers postes au tribunal de grande instance du Havre, à la Cour de cassation et au Conseil d’État, il est aujourd’hui conseiller à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. Il publie « La Revanche de la guillotine » aux éditions Plein Jour.


Affaire Carrein : les derniers jours de la guillotine (France Inter)

L’affaire Jérôme Carrein, l’avant-dernier guillotiné de France. Le 23 juin 1977, cet homme de 35 ans est exécuté pour le meurtre d’une fillette de 8 ans.

Une affaire atroce, sordide et misérable. Raconter le crime et le procès de cet « ivrogne débile », selon les mots de Robert Badinter, aurait peu d’intérêt si l’on ne lui avait pas tranché la tête.

Car si beaucoup se souviennent de l’exécution de Christian Ranucci en 1976, on a presque oublié qu’un an plus tard, la guillotine coupait ses deux dernières têtes : celle Jérôme Carrein et d’Hamida Djandoubi. Quatre ans après l’exécution de Djandoubi, le 9 octobre 1981, la loi d’abolition de la peine de mort est promulguée. François Mitterrand accomplit ce que Valéry Giscard d’Estaing n’avait pas fait malgré son « aversion profonde » pour la peine capitale.

Derrière cette loi, il y a un homme : Robert Badinter. Ce brillant avocat, devenu Garde des Sceaux en 1981, est l’homme qui a sauvé la tête de Patrick Henry. Patrick Henry, ce monstre cynique qui a tué le petit Philippe Bertrand après l’avoir kidnappé pour de l’argent. Badinter fait de son procès celui de la peine de mort. Et il le gagne contre toute attente.

Car dans cette France qui a peur, comme le dit Gicquel, dans cette France qui est pour, comme le chante Sardou, la majorité des Français soutient la peine de mort. Et certains crient vengeance contre les tueurs d’enfants. Douze jours après le procès de Patrick Henry, Jérôme Carrein est jugé devant la cour d’Assises du Nord. Pour l’avocat général, c’est l’occasion d’obtenir sa revanche. Une revanche sur le verdict Troyes. Raconter l’histoire de Carrein, c’est revivre les derniers soubresauts de la guillotine.

Invité Luc Briand

Luc Briand est magistrat, conseiller à la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence, et auteur de l’ouvrage « La revanche de la guillotine » dans lequel il raconte tous les détails de l’affaire Jérôme Carrein (aux éditions Plein Jour)

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