Intox – Tuez Kadhafi !

L’intervention militaire en Libye conduite par Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama en 2011 s’inscrit dans la stratégie de changement de régime dans le monde arabo-musulman décidée par les Etats-Unis après les attaques terroristes de septembre 2001. Retour sur les prétextes qui ont permis de justifier le déclenchement des hostilités contre Mouammar Kadhafi et l’élimination d’un dictateur devenu encombrant.

« Intox – Tuez Kadhafi! » : Documentaire de Jacques Charmelot – France 5


« Intox – Tuez Kadhafi ! », un tyran si gênant (TeleObs)

Avec le documentaire « Intox – Tuez Kadhafi ! », réalisé par Jacques Charmelot, le téléspectateur plonge aux origines du chaos libyen.

Alors que Nicolas Sarkozy vient d’être mis en examen dans le cadre d’un possible financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, France 5 propose un documentaire dense et percutant sur le processus qui a permis aux pays occidentaux, dont la France, d’éliminer Mouammar Kadhafi, l’homme fort du pays.

« Dans les domaines qui sont aujourd’hui ceux d’une priorité extrême pour notre sécurité, le terrorisme et les migrations irrégulières, la situation est infiniment pire qu’elle ne l’était en 2011 », constate aujourd’hui François Gouyette, ancien ambassadeur de France à Tripoli (2008-2011).

Depuis la chute du régime, la Libye se trouve morcelée et aux mains de milices. Pire, le pays est devenu le repaire d’une nouvelle génération de terroristes et sert de voie de passage aux cohortes de migrants qui y risquent quotidiennement leur vie. Les Libyens, eux, sont abandonnés à leur destin et attendent en vain l’aide occidentale. Comment en est-on arrivé là ?

Grâce aux précieux témoignages de responsables américains, français, italiens et libyens qui ont pris part aux événements de l’époque, l’enquête de Jacques Charmelot analyse le mécanisme qui a permis aux Occidentaux de justifier le déclenchement d’une intervention militaire et de se débarrasser d’un dictateur devenu gênant.

Campagne de diabolisation de Kadhafi à l’aide d’arguments spécieux pour mobiliser l’opinion publique, pressions américaines pour convaincre Barack Obama qui avait promis, après l’Irak, d’en finir avec les opérations militaires au Moyen-Orient, manipulations d’opposants libyens…

« Quoi que l’on puisse penser de son régime en termes de respect des droits de l’homme, Kadhafi défendait un Etat souverain, tout comme Saddam Hussein en Irak. La logique de la globalisation pousse à considérer ces Etats comme des ennemis qui doivent être éliminés », analyse Hugh Roberts, responsable de l’International Crisis Group. Nous nous sommes débarrassés de Kadhafi, mais nous n’avons rien fait pour le peuple libyen ».

« C’est là notre erreur dans la mesure où nous avions décidé qu’il fallait procéder à un changement de régime », reconnaît aujourd’hui Ivo Daalder, ex-ambassadeur des Etats-Unis à l’Otan et artisan de l’intervention armée en 2011.

Ce n’est que depuis l’immense crise migratoire à laquelle l’Europe fait face par ricochet que ces questions viennent hanter les Etats.

« Nous avons gagné la guerre mais perdu la paix », résume, amer, Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères de 2008 à 2011.

Une fois encore, une question primordiale reste sans réponse : que faire face aux révoltes populaires dans des pays qui n’ont aucune expérience de la démocratie ?

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