Les monarchies modernes

Les monarchies modernes (1/4)  – Les souverains européens face aux crises

Face aux velléités sécessionnistes des Flamands et de la Catalogne et la décision de sortir de l’UE des Britanniques, les monarques européens tentent de symboliser l’unité nationale. Mais quels sont leurs pouvoirs réels ? Quelle est la fonction de ces monarques «qui règnent mais ne gouvernent pas »?

La reine d'Angleterre Elizabeth II et le roi d'Espagne Felipe VI, le 12 juillet 2017, à Londres
La reine d’Angleterre Elizabeth II et le roi d’Espagne Felipe VI, le 12 juillet 2017, à Londres Crédits : Chris J RatcliffeAFP

En octobre dernier, trois jours après le referendum Catalan jugé illégal par le gouvernement Espagnol, le roi Felipe VI, qui siège sur le trône depuis seulement quatre ans, a prononcé un discours dans lequel il usait de mots durs à l’égard des indépendantistes catalans, parlant d’une « déloyauté intolérable ».

Un événement assez exceptionnel puisqu’en dehors de ses vœux annuels prononcés à l’occasion des fêtes de fin d’année, Felipe ne s’était encore jamais exprimé sur les questions politiques. En effet, à l’instar de la plupart des monarques européens, le roi d’Espagne n’a pratiquement aucun pouvoir politique et n’est pas censé se prononcer sur la politique intérieure du pays, sauf cas exceptionnels.

Face à la crise économique, aux crises politiques telles que la crise catalane, le Brexit, ou face aux difficultés à former des coalitions gouvernementales, en Espagne, en Grande Bretagne, mais également en Belgique, comment les rois et reines – habituellement cantonnés au rôle de représentation symbolique de l’Etat – répondent-ils aux crises de régimes aujourd’hui ?

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Les monarchies modernes (2/4)  -De Rama X à Akihito : les derniers monarques asiatiques

En octobre dernier, des milliers de Thaïlandais ont rendu un dernier hommage au roi Bhumibol Adulyadej, mort un an auparavant, signe du rôle prégnant que conserve la monarchie au sein de la société thaïlandaise. Le décès de Rama IX est-il un risque d’instabilité du pays soumis à la junte militaire ?

Hommage au roi thaïlandais Bhumibol Adulyadej, mort le 13 octobre 2016, à Bangkok.
Hommage au roi thaïlandais Bhumibol Adulyadej, mort le 13 octobre 2016, à Bangkok. Crédits : LILLIAN SUWANRUMPHAAFP

En octobre dernier, un an après la mort du roi de Thaïlande, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant le palais royal à Bangkok pour rendre hommage au monarque Bhumibol Adulyadej. Des funérailles grandioses, à la hauteur de la dévotion du peuple pour ce souverain qui régnait depuis 70 ans.

Dans un pays régulièrement frappé par les coups d’Etat militaires – 19 tentatives dont 12 réussies en moins d’un siècle -, la mort du roi Bhumibol ouvre une nouvelle période d’instabilité et réveille les craintes de nouvelles tensions entre défenseur de la monarchie et partisans de la démocratie.

En 2014, le Premier ministre Yingluck Shinawatra, élue trois ans plus tôt, était renversée par un putsch militaire, qui a propulsé le général Prayut Chan-ocha à la tête de l’ancien royaume de Siam devenue une monarchie parlementaire dans les années 30. Depuis cette date, les élections n’ont cessé d’être repoussées, le prochain scrutin législatif a été fixé au mois de novembre 2018.

Alors, face à une armée qui s’est peu à peu attribuée le rôle de défenseur de la monarchie, quel rôle le nouveau souverain Rama X peut-il jouer ? Va-t-il s’inscrire dans les traces de son père, réputé si vertueux, lui dont le mode de vie et l’habillement excentrique ont choqué le peuple thaïlandais ? La monarchie est-elle fragilisée ? Cela pourrait-il réveiller les forces pro-démocratiques aujourd’hui en sommeil ?

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Les monarchies modernes (3/4)  – De Qabous à Ibn Salmane, les défis de la succession

La vaste purge anticorruption qui a eu lieu en Arabie Saoudite montre la volonté de MBS d’assurer son pouvoir politique. Pourquoi les monarchies sont-elles des régimes particulièrement fragiles en période de succession ? Comment les monarques préparent-ils ces périodes risquées?

Le roi Salmane d'Arabie Saoudite et le prince héritier Mohammed Ben Salmane, à Riyad le 13 décembre 2017
Le roi Salmane d’Arabie Saoudite et le prince héritier Mohammed Ben Salmane, à Riyad le 13 décembre 2017 Crédits : BANDAR AL-JALOUDAFP

Loin de nos souvenirs monarchiques français, où le trône se transmettait mécaniquement du père au fils aîné ou selon les lois de la plus grande proximité de sang, les monarchies de la péninsule arabique soumettent le choix de l’héritier à deux systèmes de sélection : la collégialité du conseil de  famille et les règles constitutionnelles, dans l’objectif de stabiliser le périlleux moment de la succession.

Pourtant, depuis quelques années, les innovations se succèdent. On a vu d’abord, fait stupéfiant, l’émir du Qatar abdiquer au profit de son fils. On a vu ensuite le roi d’Arabie saoudite bouleverser les procédures consacrées en nommant lui aussi son fils prince héritier. Partout dans la péninsule, des hommes forts émergent, concentrant le pouvoir entre leurs mains au détriment de l’ordre traditionnel.

Alors ces changements sont-ils le signe d’un essoufflement du système tribal ? Pourquoi semble-t-il nécessaire aux monarques du Golfe de promouvoir de jeunes émirs aussi autoritaires que modernistes ? Les Printemps arabe et la crise pétrolière sont-ils les principaux facteurs de cette évolution ?

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Les monarchies modernes (4/4)  – Ankara, Moscou, Paris : la nostalgie de l’Empire

En Turquie comme en Russie, le pouvoir d’hommes forts se saisit de périodes historiques révolues pour exalter la grandeur nationale. Comment se conjugue le désir d’une société avide de symboles positifs et le désir d’hommes politiques avides de pouvoirs concentrés ?

Le président turc Recep Tayyip Erdogan célèbre le 563ème anniversaire de la prise de Constantinople, le 29 mai 2016.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan célèbre le 563ème anniversaire de la prise de Constantinople, le 29 mai 2016. Crédits : KAYHAN OZER / ANADOLU AGENCYAFP

Après la chute de l’empire ottoman et l’abolition du califat en mars 1924, la Nouvelle Turquie de Mustafa Kemal Atatürk a vu en l’Europe occidentale un modèle à imiter, le premier président de la République de Turquie avait cette volonté farouche de rompre avec le passé impérial ottoman, imposant des réformes radicales pour son pays.

Mais voilà, moins d’un siècle plus tard, ce passé Ottoman rejailli et la nostalgie de l’empire se fait de plus en plus prégnant, un retour que l’actuel président, Recep Tayip Erdogan, a parfaitement compris et qu’il a utilisé à l’envi pour affirmer l’emprise de son parti – l’AKP – sur le paysage politique depuis près de deux décennies.

Que révèle ce renouveau de l’histoire impériale ottomane ?… Que ce soit en Turquie ou en Russie, le pouvoir d’hommes forts se saisit de périodes historiques révolues pour exalter la grandeur nationale et surtout exalter le tsar ou le sultan, qu’ils viennent réincarner à point nommé évidemment. Point de rencontre entre le désir d’une société en besoin de symboles positifs et le désir d’hommes politiques avides de pouvoirs concentrés, la figure du monarque tend à s’imposer tout à la fois comme celle du père et du sauveur.

D’Erdogan à Poutine, en passant, peut-être, par notre propre président Emmanuel Macron chez qui on peut déceler des accents bonapartistes, nous allons tenter de mesurer comment nos responsables politiques puisent dans l’imaginaire des gloires impériales passées, et de voir quels types de rapport aux peuples et à la Nation cela sous-tend.

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