Rémi Kauffer – Les maîtres de l’espionnage

L’espionnage international au XXe siècle à travers le portrait de 60 « maîtres de l’ombre ».

Rémi Kauffer raconte les 60 maîtres espions, célèbres ou méconnus, qui ont bouleversé l’univers mystérieux du renseignement depuis le début du XXe siècle. Surprenant, inquiétant, parfois effrayant, ce panorama se dévoile à nous sous la forme d’un jeu des sept familles qui couvrent l’entièreté de ce domaine fascinant.

Ces sept familles très spéciales, ce sont, dans l’ordre, celle des grands patrons, les directeurs des services ; des agents de terrain, chefs de réseaux ou opérateurs en solo ; des versatiles, agents doubles ou dissidents. Viennent ensuite les deux cousins mythiques, objets de tous les fantasmes, à savoir les exécuteurs des basses oeuvres et les agents Action, que complètent les chasseurs de taupes. La famille des fauteurs de troubles, malchanceux ou scandaleux en tout genre, ferme la marche.

Une galerie de portraits sans précédent par son ampleur, ses nombreuses révélations, ses mises en perspective et l’agrément d’une plume fluide et entraînante.

Écrivain et journaliste, collaborateur du Figaro Magazine et du Point, Rémi Kauffer est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages qui font autorité, comme OAS. Histoire d’une guerre franco-française, L’Arme de la désinformation, La Saga des Hachémites, et, le dernier paru chez Perrin, Histoire mondiale des services secrets de l’Antiquité à nos jours, qui a connu un vif succès.

 


Mettre en lumière les secrets des plus grands espions : tel est le défi de Rémi Kauffer, qui depuis des années et de nombreux ouvrages, éclaire le monde opaque du renseignement.

Dans son dernier livre, “Les maîtres espions” (Éd. Perrin), Rémi Kauffer nous présente les as du secret et de la surveillance du XXe siècle. Une cinquantaine de portraits classés selon sept familles. Il est l’invité de “L’Entretien de l’intelligence économique” sur la chaîne France 24.


L’âge d’or des espions (RTL)

Retour sur ces espions, célèbres ou méconnus, qui ont bouleversé l’univers mystérieux du renseignement depuis le début du XXe siècle.

L’édito de Jacques Pradel

Ce soir, à la une de l’heure du crime une galerie de portraits des as de l’espionnage, dressée par mon invité, spécialiste de ce monde, Rémy Kauffer.

Avec lui nous jouons au jeu des sept familles, avec les grands patrons, les agents actions, les sinistres « nettoyeurs », mais aussi les agents doubles, les dissidents et les chasseurs de taupes. Certains membres de cette armée des ombres ont changé le cours de l’Histoire…

Nos invités :

Rémi Kauffer, collaborateur du Figaro Magazine, du Figaro Histoire et du Point, il explore depuis 35 ans les facettes cachées de l’Histoire. Auteur du livre « Les maitres de l’espionnage » paru aux éditions Perrin.

 


« Nous sommes à l’ère de l’espionnage technologique de masse, c’est une erreur » (L’Echo)

On mise trop sur les technologies de masse au détriment des moyens humains pour infiltrer des réseaux ennemis. » C’est ce qu’affirme Rémi Kauffer, journaliste. L’espionnage technologique de masse n’est pas une garantie d’efficacité, selon lui. Quant à l’Europe du renseignement, elle n’est pas pour demain. Les services nationaux collaborent encore souvent sur base du donnant-donnant.

Rémi Kauffer, journaliste au « Figaro Magazine » et au « Point », est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur les services secrets. Il livre une galerie de 60 portraits de maîtres espions qui ont bouleversé l’univers mystérieux du renseignement au XXe siècle. Il éclaire pour L’Echo les nouvelles tendances en matière de renseignement.

L’espionnage moderne, ça se passe comment?

Deux tendances lourdes en matière d’espionnage sont actuellement à l’œuvre. Premièrement, nous sommes à l’ère de l’espionnage technologique de masse. Or c’est une erreur selon moi de tout miser sur les technologies: ce n’est pas aussi efficace qu’on le croit et cela fait peser des dangers sur la vie démocratique. Il faut des gens sur le terrain.

Si les gens cessaient de s’envoyer des e-mails et de se téléphoner, vous ne pourriez plus les pister, sauf s’il s’agit d’un réseau organisé que vous avez réussi à infiltrer. La deuxième grande tendance, c’est le développement de l’espionnage industriel et commercial, non seulement de la part des Etats mais aussi de la part du secteur privé. De plus en plus d’officines se développent dans la périphérie des services officiels. On y trouve généralement des anciens agents qui « pantouflent ».

L’espionnage industriel est-il rentable?

A court terme oui, à long terme beaucoup moins. C’est une pratique qui est venue des anciens pays du bloc soviétique. Ils comptaient sur l’espionnage industriel pour acquérir des technologies sans avoir à faire des dépenses de recherche. C’était une spécialité de la RDA. La CIA est parvenue à reconstituer les archives de la Stasi qui, lors de la chute du Mur, avaient été broyées à la main. On a ainsi appris beaucoup de choses sur l’ampleur de l’espionnage industriel en RDA. A long terme cependant, c’est une pratique stérile. C’est pour cette raison que l’industrie pharmaceutique est si peu développée dans les pays de l’ancien bloc de l’Est. Ils en paient aujourd’hui le prix.

L’espionnage industriel ne se pratique-t-il pas au détriment des enjeux politiques et militaires? Des djihadistes ont ainsi pu rester longtemps sous le radar des services de renseignement.

Si vous vous appuyez uniquement sur les technologies de masse, des gens peuvent en effet déjouer votre surveillance avec des procédés très rustiques. Si par exemple ils conversent entre eux avec des mots clés peu utilisés, ils risquent fort de passer entre les mailles du filet. Il faut aussi engager des moyens humains, même si ceux-ci ne permettent pas nécessairement de deviner que quelqu’un va passer à l’action.

Pêchons-nous par naïveté à l’égard de la Chine et de ses appétits économiques? Faut-il mieux protéger certains de nos secteurs?

Le développement de l’espionnage industriel chinois est lié à leur développement tout court. Deng Xiaoping a modernisé l’économie chinoise dans les années 70 et 80 en grande partie grâce à l’espionnage industriel. Conscients de ce qui est arrivé aux Russes, les Chinois veillent aujourd’hui à ne pas être entièrement tributaires de ce vol organisé. Ils développent aussi leur propre recherche. Aujourd’hui, l’économie chinoise a atteint une taille suffisante que pour pouvoir pratiquer le donnant-donnant. Ainsi par exemple, comme Boeing et Airbus ont besoin du marché chinois, ils doivent conclure des accords de transfert de technologies. Le fait qu’une partie des avions Boeing et Airbus sont construits en Chine sert l’industrie aéronautique chinoise.

Le renseignement privé et le renseignement officiel sont-ils faits pour travailler ensemble?

Les sociétés privées ne disposent pas de moyens comparables à ceux des Etats. Mais les entreprises comptent généralement sur les Etats pour les aider. Et vice-versa. C’est là qu’interviennent certains facteurs culturels. Un asiatique n’aura pas les mêmes rapports avec les services officiels qu’un occidental. L’occidental qui refuse de collaborer avec les services de son pays n’aura pas d’ennuis. En Asie par contre, il est plus difficile de résister à de telles demandes. Pendant des années, les hommes d’affaires japonais rédigeaient des « rapports d’étonnement », dans lesquels ils étaient tenus de signaler aux instances officielles ce qui avait retenu leur attention au cours de leur voyage.

A quand une Europe du renseignement?

Je crains que ce ne soit pas pour demain. Un service accepte parfois de fournir des informations contre d’autres informations, mais il refusera en général de révéler ses sources. Le problème du renseignement européen, c’est que les indicateurs ne travaillent pas tant pour l’argent que par patriotisme. Or il n’existe pas de patriotisme européen. Si l’Europe avance politiquement, l’Europe du renseignement avancera aussi. Sur le terrorisme, des formes de collaboration existent. Sur le plan industriel en revanche, c’est différent. Personne n’a envie de fournir des renseignements à quelqu’un qui sera votre concurrent.

Le 11 septembre n’est-il pas un des plus grand fiascos de l’histoire du renseignement?

La grande faillite des services américains lors du 11 septembre, c’est qu’ils disposaient de renseignements partiels mais qu’ils ne les ont jamais mis bout à bout. Le renseignement, c’est comme un puzzle: tant que vous n’avez pas assemblé 80% des pièces, vous n’aurez pas l’image de l’objectif final. On savait que les terroristes du 11 septembre avaient pris des cours de pilotage. Les instructeurs s’étaient étonnés qu’ils n’aient montré aucun intérêt pour les procédures d’atterrissage. Cette dernière info n’est malheureusement jamais remontée. C’est la même chose pour l’attaque sur Pearl Harbour en décembre 1941. Les Américains ont perdu le contact avec la flotte japonaise pendant dix jours. Ils ont crû à des manœuvres militaires. Je ne crois pas du tout aux théories conspirationnistes comme quoi Roosevelt savait ou que Bush savait.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s