Superfail

Superfail (France Culture)

Parce qu’il n’y a pas que la réussite dans la vie, « Superfail » ne s’intéresse qu’à l’erreur, l’échec, la catastrophe. « Superfail » parce que ça n’est pas si facile de réussir à échouer…. Chaque vendredi, un nouvel épisode avec Guillaume Erner.

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Collisions de bateaux : comment se rentrer dedans quand on est sur l’immensité des flots

Pour ce premier épisode du nouveau podcast de Guillaume Erner, retour sur les collisions maritimes, après l’accident fin août entre un navire de guerre américain et un pétrolier libérien près de Singapour.

Deux bateaux de pêche renversés après une collision avec un navire, en février 2013 au Japon.
Deux bateaux de pêche renversés après une collision avec un navire, en février 2013 au Japon. Crédits : HIROTO NOMOTO / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUNAFP

La mer c’est grand, tellement grand que certains voudraient appeler la terre la mer. Et cependant il arrive que deux navires se rencontrent comme deux vulgaires voitures au triangle de Rocquencourt.

Comment réussir à se rentrer dedans quand on est sur l’immensité des flots ? C’est la question posée par la collision maritime entre l’USS John S. McCain, un navire de guerre américain, et l’Alnic-MC, un pétrolier battant pavillon libérien, le lundi 21 août à l’est de Singapour. Il s’agit du deuxième accident en deux mois pour la marine américaine en Asie. Une collision maritime, c’est le premier échec analysé dans Superfail, le nouveau rendez-vous en podcast proposé chaque vendredi par Guillaume Erner.

L’invité du jour est Martin Motte, historien et directeur d’étude à l’EHESS et qui enseigne à la stratégie à l’Ecole de guerre.


Samsung Galaxy Note 7 ou le téléphone portable qui explosait

Pour ce deuxième épisode du nouveau podcast de Guillaume Erner, retour sur l’histoire du Samsung Galaxy Note 7, un téléphone retiré du marché en octobre 2016 après de nombreux cas d’explosion de la batterie.

Une photo de Samsung Galaxy Note 7 endommagé postée sur Facebook par Christy Wong, Hong Kong en 2016
Une photo de Samsung Galaxy Note 7 endommagé postée sur Facebook par Christy Wong, Hong Kong en 2016 Crédits : EyePress NewsAFP

En 2016, Samsung lance en fanfare son nouveau Samsung Galaxy Note 7, un excellent téléphone voué à un avenir radieux… Les téléphones aux fonctions multiples, on connaît : servir de réveil, servir de lampe de poche ou même de carte bleue c’est devenu classique. Mais servir à allumer le barbecue c’était nouveau et c’est donc le Samsung Galaxy Note 7 qui a innové, engendrant des millards d’euros de perte pour l’entreprise sud-coréenne.

L’invité du jour est Dimitri Charitsis, rédacteur en chef de Tomsguide.fr, site d’informations high-tech.

Les ingénieurs de Samsung ont eu pour objectif de mettre la batterie la plus grosse possible dans un châssis le plus étroit possible. Finalement le téléphone était certes très beau mais posait un problème intrinsèque : la batterie rentrait à peine dans le châssis du téléphone et a fini par se déformer, le bord supérieur droit pouvant se replier, or c’est là que se trouvent les électrodes, et lorsqu’elles se touchent, ça produit de la combustion voire des explosions dans certains cas.Une batterie c’est quelque chose de basique, si dans ce cas-là elle a explosé c’est bien une erreur de conception, de design, c’est une erreur humaine !Dimitri Charitsis


APB ou l’échec des Admissions Post-Bac

Pour ce troisième épisode du nouveau podcast de Guillaume Erner, retour sur l’échec du système d’affectation des étudiants dans l’enseignement supérieur en 2017.

L'Université de Nanterre en 2007
L’Université de Nanterre en 2007 Crédits : MARC WATTRELOTAFP
L’échec de la semaine se résume en trois lettres : APB, Admission Post-Bac, trois lettres qui désignent l’enfer, un algorithme tortionnaire, un échec collectif… La France connaît une très forte hausse démographique de sa population étudiante, cette année 40 000 étudiants se préparaient pour la rentrée, une hausse non anticipée par les pouvoirs publics et donc un manque de places. Au début de l’été, 87 000 bacheliers ou étudiants étaient sans affectation, aujourd’hui il en reste encore 3 000.Ces procédés d’affectation qui mêlent bacheliers et étudiants en réaffectation ont atteint un point de non-retour entraînant un scandale médiatique national car aujourd’hui, le logiciel APB n’est plus en mesure de traiter toutes ces demandes. La bonne nouvelle ? APB sera bientôt enterré et une solution est attendue pour la fin du mois d’octobre.

L’invitée du jour est Marie-Caroline Missir, directrice de la rédaction de l’Etudiant

Je crois que le problème posé par cet algorithme c’est qu’on confond finalement orientation et affectation. L’affectation est un processus passif, certes, mais est-ce que cela répond à leur projet d’orientation ? Il y a un gros problème de conception de ce qu’est l’orientation, on ne peut pas la subir !


L’avion F-35, un échec volant

Retour sur le F-35, un nouvel avion très complexe qui a remplacé le F-16, vendu pour 1500 milliards de dollars à une douzaine de pays mais dont les aptitudes sont aujourd’hui très discutées.

Donald Trump et Melania Trump devant un avion F-35 en septembre 2017
Donald Trump et Melania Trump devant un avion F-35 en septembre 2017 Crédits : ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA AFP

Aujourd’hui on s’intéresse à une vérité proférée par Donald Trump, même lui peut réussir à dire quelque chose de vrai : le Président américain a qualifié l’avion militaire F-35 « d’échec volant ».

Selon Frédéric Lert, notre invité aujourd’hui, spécialiste de l’aéronautique et aérospatiale, le F-35, fabriqué par Lockheed Martin, vend du rêve… Mais difficile de savoir ce qu’il y a réellement ce rêve, derrière les capacités d’un avion qui semble miraculeux mais dont il est compliqué de toucher du doigt les performances véritables. La complexité de cet avion est devenue son talon d’Achille.

Entièrement informatisé, piloté grâce à un ordinateur central, il accumule les bévues : une trape mal conçue qui vibre et dévie le tir du canon, un problème de casque et de visiblité pour le pilote, etc…

Au lieu de parler d’un avion, on peut parler d’un énorme logiciel, plusieurs dizaines de millions de lignes de codes, auquel on a greffé des ailes et un moteur. Chacun a un PC à la maison et comprend ce que ça veut dire… On est dans le mystère de l’informatique, des 0 et des 1…

Le F-35 a été vendu par son constructeur Lockheed Martin comme un avion capable de tout, le Pentagone l’a donc acheté pour toutes ses armées, or les Marines ayant des besoins très spécifiques, les autres armées ont dû s’adapter aux besoins des Marines… La problématique vient aussi du fait qu’on lie un programme d’armement à un pouvoir politique, le F-35 étant découpé en petits morceaux à construire, partout à travers les Etats-Unis, il n’y a donc plus de retour en arrière possible…

C’est finalement une réussite totale : ou c’est un avion qui marche bien comme le dit son constructeur, après tout il n’a pas encore été au combat donc on ne connaît pas ses capacités réelles, ou bien on prend le point de vue inverse, on considère que c’est un avion qui ne marche pas mais alors chapeau ! Car ils ont vendu pour 1500 milliards de dollars un avion qui ne marche pas à une douzaine de pays, ils ont tué dans l’oeuf la compétition européenne, ont réussi à pomper des budgets de recherche et de développement européen au profit de cet avion américain… Frédéric Lert


Linky, un compteur intelligent un peu bête

Retour sur Linky, le nouveau compteur électrique proposé par Enedis, remplaçant peu à peu les anciens modèles depuis plus d’un an, et qui fait beaucoup parler de lui…

Linky, le nouveau compteur électrique
Linky, le nouveau compteur électrique Crédits : ALAIN JOCARDAFP

Avoir la tête comme un compteur à gaz ça n’est pas très agréable mais désormais il y a pire : avoir la tête comme un compteur électrique, un compteur intelligent, autrement dit, avoir la tête comme un Linky…

Depuis plus d’un an, Enedis remplace peu à peu son parc de compteurs électriques par son nouveau modèle : Linky, un compteur dit « intelligent ».

Que Choisir a lancé une grande enquête auprès de ses lecteurs pourvus de ce nouveau modèle et le résultat est accablant : 25% rencontrent des problèmes consécutifs à la pose de Linky : passage en force, défauts de câblage, refus de prise en charge des conséquences, le compteur qui disjoncte alors que les gens ne possèdent pas plus d’appareils, les volets roulants qui ne remontent plus, la peur des porteurs de stimulateurs cardiaques…

Ils ont également vendu ce compteur en expliquant que les rendez-vous pour les relevés ne seront plus nécessaires, tout sera automatisé. Finalement, il n’en est rien, 30% des personnes ayant répondu à l’enquête expliquent que les relevés ne sont pas automatiques, parfois, quelqu’un passe même chercher les résultats…

Analyse des problèmes et des conséquences de Linky avec notre invitée, la journaliste à Que Choisir Elisabeth Chesnais.

Enedis a décidé d’installer 35 millions de compteurs en quelques années, on forme alors des gens à toute vitesse, en un mois ils deviennent électriciens, il y a donc énormément de défauts de câblages…


L’écotaxe, la première taxe qui va coûter et ne rien rapporter

Retour sur l’histoire d’une taxe environnementale votée presque unanimement durant le Grenelle de l’environnement et définitivement abandonnée quelques années plus tard après avoir coûté 1,2 milliards d’euros, retour sur le fiasco de l’écotaxe…

Un portique de l'écotaxe en 2014
Un portique de l’écotaxe en 2014 Crédits : THIERRY THOREL / CitizensideAFP

En France, on peut réussir à tout rater y compris une taxe, car si l’on sait tout taxer, et ce, depuis des lustres, pour la première fois dans l’histoire de l’Hexagone on a réussi à créer une taxe qui coûtait plus que ce qu’elle n’a rapporté : l’écotaxe.
Au départ, l’affaire était claire : créer une taxe environnementale, mais à l’arrivée, ce fut un véritable fiasco.

Pourquoi ? Notre invitée Ella Cerfontaine, journaliste et auteure du documentaire Autopsie d’un scandale politique : l’écotaxe, revient pour nous sur l’histoire de l’écotaxe.

Je suis partie d’un constat simple de citoyenne : comment se fait-il que cette mesure que j’avais cru comprendre ait été reportée 7 fois, abandonnée 2 fois, pourquoi avoir vu ces images assez violentes en Bretagne avec des bonnets rouges qui ont détruit des portiques ? Pourquoi les transporteurs routiers menacent de bloquages ? Qu’est ce qui se jouait derrière tout ça ? Une bonne idée à la base pour lutter contre la pollution atmosphérique, et puis quand il a fallu payer, il n’y avait plus personne…

L’écotaxe est devenue une taxe supplémentaire sur la TIPP, un joli acronyme pour dire qu’on taxe davantage les carburants, ce qui est peut-être aussi l’ironie ultime du système : on avait prévu de taxer le transport de marchandise pour financer un transport plus propre, par bateau, train etc, et on a remplacé ce montant par une taxe supplémentaire sur le carburant ce qui revient à dire que plus vous consommez de carburant, plus vous utilisez la route, plus l’état récupère de l’argent, c’est un dévoiement absolu de la mesure qui voulait changer les comportements!


Pénurie de beurre au pays des vaches laitières

Aujourd’hui, la France fait face à un manque de beurre sur les étals des supermarchés, analyse d’une situation paradoxale dans un pays qui est une puissance laitière historique reconnue autant qu’une filière très efficace sur le papier.

Un supermarché manque de beurre, 25 octobre 2017 à Saint-Sébastien-sur-Loire
Un supermarché manque de beurre, 25 octobre 2017 à Saint-Sébastien-sur-Loire Crédits : LOIC VENANCEAFP

En France on ne fait plus son beurre, ou plus exactement on ne parvient plus à acheter une plaquette au supermarché, impossibilité encore observée cette semaine, alors comment a-t-on réussi à faire disparaître le beurre d’un pays qui est sixième producteur mondial de lait ?

Pour Pierre Begoc, directeur des affaires internationales d’AGRITEL et notre invité aujourd’hui, parler de « pénurie » est peut-être un peu fort, des éléments structurels expliquant le phénomène, s’alliant également avec des points de conjoncture…

Aujourd’hui en octobre en France, on se rend compte qu’on est en avance de collecte, on a retrouvé des niveaux qui sont supérieurs à ceux de l’an passé et de l’année précédente : on a du lait. Mais la production de lait d’une vache n’est pas linéaire, en fonction de son alimentation, son cycle, on a des pics de saisonalité en fonction des pays.

Pierre Begoc

Comment est-il possible qu’en France nous ayons une balance exportatrice nette en beurre et des rayonnages quasi vides ? Des arbitrages se sont opérés, je pense que le mode de contractualisation, les relations au sein de la filière sont à remettre à plat ; le débat est toujours le même : la hausse du beurre se répercute-t-elle sur la hausse du lait ? Mais on est sur des niveaux qui sont tout à fait moyens et on n’a pas eu l’impression que l’emballement du beurre se traduise par une remontée forte dans les campagnes…

Pierre Begoc


Comment faire dérailler un TGV

Retour sur l’accident ferroviaire d’Eckwersheim dans le Bas-Rhin survenu en novembre 2015 qui a causé 11 morts et 42 blessés.

Accident ferroviaire d'Eckwersheim, 2015
Accident ferroviaire d’Eckwersheim, 2015 Crédits : FREDERICK FLORINAFP

Que s’est-il passé le samedi 14 novembre 2015 à 15h05 pour que se produise en France le premier accident mortel de TGV ? Aujourd’hui nous évoquons l’accident ferroviaire d’Eckwersheim dans le Bas-Rhin qui a fait 11 morts et 42 blessés.
Deux ans après ce drame, le rapport définitif des experts judiciaires vient d’être publié.

Retour et analyse de cette catastrophe qui obéit à des causes compliquées, avec notre invité Marc Fressoz, journaliste spécialiste des transports et auteur de FGV, faillite à grande vitesse : 30 ans de TGV aux éditions du cherche midi.

Il y avait eu des ratés les jours précédant le drame. Cela aurait dû entraîner un debriefing des équipes et des responsables qui auraient dû tenir compte de ces alertes et peut-être suspendre la marche d’essai et recalculer les distances de freinage, mais ça n’a pas été fait…

Marc Fressoz


Le « méta-échec » : comment échouer au jeu des échecs

Pour progresser aux échecs, selon les mots de Maxime Vachier-Lagrave -l’un des meilleurs joueurs au monde-, il ne faut pas avoir de peur de perdre. Analyse de l’échec aux échecs…

Un match de jeux d’échecs entre Magnus Carlsen et Sergey Karjakin en 2016
Un match de jeux d’échecs entre Magnus Carlsen et Sergey Karjakin en 2016 Crédits : Bryan R. Smith AFP

Déjà, échouer dans la vie, ce n’est pas simple… Mais échouer aux échecs c’est encore plus compliqué… L’échec aux échecs, le « méta-échec », c’est le sujet de Superfail avec Maxime Vachier-Lagrave, l’un des trois plus grands joueurs d’échecs au monde.

Aux échecs il faut être prêt à affronter toutes les situations, forcément je suis plus en confiance quand je gagne car chaque échec amène l’échec pour les parties suivantes. Chaque joueur vit ses périodes de doute et chaque partie est un combat psychologique de tous les instants, il faut réussir à rentrer dans la tête de l’adversaire, semer le doute avec des coups surprenants…

Maxime Vachier-Lagrave


Qu’est-il arrivé au sous-marin San Juan ?

Superfail | Retour sur l’histoire des sous-marins et les accidents qui leur sont liés alors qu’un sous-marin argentin, le San Juan, a disparu depuis fin novembre et qu’on annonce la fin des recherches d’éventuels survivants.

26 novembre 2017, départ du Sophie Siem pour soutenir les efforts de recherche et de sauvetage du sous-marin disparu San Juan
26 novembre 2017, départ du Sophie Siem pour soutenir les efforts de recherche et de sauvetage du sous-marin disparu San Juan Crédits : PABLO VILLAGRAAFP

Le 17 novembre 2017, on a perdu la trace du sous-marin San Juan à 430 kilomètres de la côte argentine. Avec notre invité Alexandre Sheldon-Duplaix, historien, chercheur au service historique de la Défense et auteur notamment de Histoire des sous-marins : des origines à nos jours (à paraître en 2018), nous revenons sur l’histoire de ceux-ci et des accidents qui leur sont liés. Pour Alexandre Sheldon-Duplaix, la disparition du San Juan n’est pas surprenante car les sous-marins sont des machines très complexes, opérant dans un milieu très hostile qui impose aux équipages d’être extrêmement entraînés, préparés ; l’accident est toujours possible car « si on regarde l’histoire des sous-marins depuis l’origine, il y a eu énormément d’accidents mais aussi d’immenses progrès dans le domaine de la sécurité. Les causes d’accidents sont toujours différents à cause de la variété technique des sous-marins ».

Ce que l’on sait d’après les derniers communiqués, c’est que alors qu’il y avait une très mauvaise mer, il y a probablement eu une induction d’eau qui est rentrée dans le tube d’air : le Schnorchel, c’est lui qui permet justement d’alimenter les moteurs diesel du sous-marin lorsqu’il est tout près de la surface. Apparemment cette eau rentrée aurait causé par réaction chimique un début d’incendie dans les batteries qui se trouvaient sur l’avant du sous-marin. Ils ont déconnecté ces batteries et ont continué à naviguer en plongée, ont envoyé un message à l’état-major argentin, mais après, n’ont plus répondu… Une explosion a été détectée plus tard…


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