Revue de presse (58)

France

13 novembre : l’enquête dévoile un projet terroriste de grande ampleur (Le Monde)

Pas à pas, l’enquête progresse sur les attentats du 13 novembre 2015, revendiqués par l’organisation Etat islamique. Et pas à pas, elle laisse apparaître une organisation beaucoup plus complexe qu’on pouvait l’imaginer au départ. Le système des planques, le nombre d’hommes impliqués, les cibles envisagées, tout confirme la piste d’une cellule aux ambitions initiales bien plus vastes

La mise au jour de toutes les ramifications de ce réseau permet de mieux comprendre comment Salah Abdeslam a pu être en cavale durant quatre mois, et prouve plus que jamais que les attentats de Paris et ceux de Bruxelles, le 22mars, sont le fait d’une même cellule, voire d’un seul et même projet initial.

La preuve, écrite noir sur blanc, a été découverte dans un ordinateur retrouvé fin mars, au lendemain des attentats bruxellois, dans une poubelle située à proximité d’une des dernières planques des djihadistes, rue Max-Roos, à Schaerbeek, une des communes de la capitale belge. Il y avait beaucoup de choses, dans ce petit portable: des testaments, des listes de cibles (le quartier d’affaires de la Défense, l’association intégriste Civitas, étrangement rangée dans un fichier intitulé «jeunesse catholique, royaliste, punk» ), des recherches sur les explosifs, etc.

Les terroristes avaient pris soin d’en chiffrer les données. Un dossier a toutefois pu être retranscrit, dont le contenu n’avait pas encore filtré. Il était enregistré sur le bureau et laisse apparaître toute l’architecture de la cellule. Le véritable «plan des attentats terroristes du 13novembre», «voire d’attaques futures» , selon les policiers, qui savent que cet ordinateur, à la différence d’autres, a été transporté de planque en planque par les terroristes.

Baptisé «13novembre» , ce dossier contenait plusieurs sous-fichiers. Le premier était nommé «groupe Omar», le second «groupe Français», le troisième «groupe Irakiens», le quatrième «groupe Schiphol». Le dernier: «groupe métro». Autant d’intitulés faisant directement écho à la façon dont ont été mises en oeuvre les tueries. «Omar» était le surnom d’Abdelhamid Abaaoud, le leader du commando qui a pris pour cible les terrasses des cafés parisiens. L’équipe du Bataclan n’était composée que de kamikazes français (Foued Mohamed-Aggad, Samy Amimour et Ismaël Omar Mostefaï). Deux des hommes qui se sont fait exploser au Stade de France étaient des ressortissants irakiens.

Les investigations en cours mènent aujourd’hui jusqu’en Hongrie. L’analyse de la téléphonie de Salah Abdeslam et des transferts d’argent montrent qu‘il y a bien eu un homme ou une cellule-relais dans ce pays pendant plusieurs mois, a minima entre fin août et début novembre2015. Un individu y ayant transité pourrait être arrivé par la route des migrants, comme plusieurs autres membres des commandos du 13novembre. Etre venu jusqu’à Bruxelles, et avoir séjourné dans plusieurs planques de la cellule franco-belge. Un profil ADN non identifié a été repéré dans plusieurs d’entre elles.

L’enquête a depuis plus longtemps permis d’établir qu’un autre commando avait été retardé sur cette voie des Balkans et n’avait pu arriver à temps pour le 13novembre. Ce commando, dit «autrichien», a été interpellé, en décembre2015, à Salzbourg, dans un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile. Quatre hommes, au total, ont été arrêtés en Autriche. Deux sont passés aux aveux. Ils ont reconnu qu’ils avaient pour mission initiale de passer à l’acte, à Paris, le 13novembre. Arrivés à bord du même bateau que les Irakiens kamikazes du Stade de France, ils ont été bloqués vingt-cinq jours en Grèce, après que leurs faux documents syriens ont été repérés.

D’autres individus, toujours dans la nature, sont également soupçonnés d’avoir été en contact avec des membres de la cellule franco-belge, sans qu’il soit possible, en l’état, de les raccrocher directement à ses projets d’attentats. L’existence de possibles complices toujours en liberté inquiète d’autant plus les enquêteurs qu’après les attentats du 13novembre, les membres survivants de la cellule ont montré leur détermination à achever leur mission, mise à exécution le 22mars lors des attentats de Bruxelles.

Pour préparer leurs attaques, la cellule disposait d’une logistique élaborée. Près d’une dizaine de planques ont été découvertes au fil des mois, la plupart autour de Bruxelles (Auvelais, Charleroi, Schaerbeek – à deux adresses différentes -, Jette, Forest, Laeken, Etterbeek, Anderlecht…). Une vie de clandestinité très organisée, où chacun avait son rôle.

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Attentat de Nice  : les troublants indices laissés par le tueur (Le Monde)

Pour une raison inconnue, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a laissé d’innombrables traces permettant d’identifier ses potentiels complices.

Si l’élaboration logistique de l’attentat du 14 juillet témoigne d’un certain amateurisme, le tueur semble avoir mûri son projet de longue date.

Les enquêteurs le soupçonnent fortement de s’être ouvert de ses pulsions à certains de ses proches, et n’excluent pas que Chokri Chafroud ait pu aiguiller son désir de mort. Les «amis» de ce tueur psychopathe ont-ils profité de ses troubles mentaux pour le manipuler? Tous ont nié leur implication durant leur garde à vue, multipliant mensonges et contradictions. Pour une raison inconnue, Mohamed Bouhlel s’est chargé de les dénoncer de façon posthume.

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Primaires des partis politiques : dates et modalités (Visactu)

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La baisse des privilèges des anciens présidents de la République actée (AFP)

Un décret instaurant la dégressivité des moyens accordés aux anciens présidents de la République a été publié mercredi au Journal officiel. La décision ne sera pas rétroactive et s’appliquera donc à partir du mandat de François Hollande. Le chef de l’Etat en exercice a pris cette décision suite à une préconisation de la Cour des comptes et du Conseil d’Etat qui défendait l’importance de « maîtriser la dépense publique.

Néanmoins, « pendant les cinq années qui suivent la cessation de leurs fonctions, il est mis à disposition des anciens présidents de la République sept collaborateurs permanents, deux agents de service et des locaux », expose le décret. Après ces cinq années post passage à l’Elysée, les avantages diminueront à trois collaborateurs et un seul agent de sécurité.

Pour rappel, l’État verse aux anciens dirigeants une dotation annuelle de 65.000 euros bruts. Il met aussi à leur disposition une voiture avec deux chauffeurs, un appartement de fonction, sept collaborateurs ou encore du personnel de maison. Ils sont également membres à vie du Conseil constitutionnel, une fonction pour laquelle ils reçoivent 14.400 euros bruts (s’ils décident d’y siéger).

Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, et Nicolas Sarkozy bénéficient ainsi d’avantages évalués à 10,3 millions d’euros par an.

Mur anti-migrants à Calais : la mairie interdit les travaux (AFP)

La construction d’un mur anti-migrants à Calais avait débuté le 20 septembre dernier. Hostile à la construction de cette clôture, la mairie a décidé ce lundi d’en interdire les travaux.

L’arrêté interruptif qui met en demeure la société en charge des travaux de les « interrompre », n’est cependant pas suspensif, la préfecture pouvant s’y opposer, avait reconnu la maire (LR) Natacha Bouchart le 23 septembre. La préfecture, qui défend l’efficacité de ce dispositif, a confirmé entre temps la poursuite des travaux.

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Drôme : le maire d’Allex renonce à un référendum sur les migrants jugé illégal (AFP)

Le maire d’Allex, une petite commune de la Drôme, a renoncé samedi à organiser un référendum local sur l’accueil de migrants de Calais, invalidé vendredi par la justice. «C’est devant l’intransigeance de l’État et par la contrainte que j’annule le scrutin qui était prévu ce dimanche», a déclaré lors d’une conférence de presse Gérard Crozier (SE), qui s’est dit «très amer».

«J’ai outrepassé volontairement mon niveau de compétence, j’ai voulu faire en sorte que la démocratie s’exprime», a poursuivi l’édile, entouré notamment du président du conseil départemental de la Drôme, Patrick Labaune (Les Républicains). «Les Allexois et les Allexoises sont bâillonnés», a-t-il insisté.

Le maire a également dénoncé «un acharnement de la préfecture», rappelant que «trois requêtes dont deux en urgence» avaient été déposées devant le tribunal administratif.

Le 13 septembre, le conseil municipal d’Allex, où l’Etat a ouvert un centre d’accueil et d’orientation (CAO) pour 50 migrants dans un château à l’écart du village, avait voté à main levée l’organisation d’un référendum sur le sujet. Le tribunal administratif de Grenoble, saisi par la préfecture de la Drôme, s’était opposé vendredi à l’organisation de ce référendum dans la mesure où l’hébergement d’urgence ne relève pas de la compétence de la commune mais de l’État

Nouvelle manifestation contre le projet d’un camp de migrants à Louveciennes dans les Yvelines (Le Figaro)

La mobilisation redouble contre l’installation d’un camp de migrants à Louveciennes (Yvelines), dans ce coin cossu de l’ouest parisien proche du château de Versailles, du parc historique de Marly et du centre commercial Parly 2. Depuis une semaine, la perspective d’«un Calais dans les Yvelines» – dont la rumeur annonçait 1 600 réfugiés venant du Calaisis – a mis en émoi le département. Riverains et élus ont appris ce projet par les réseaux sociaux et la presse «sans concertation» et «au mépris de toutes les mesures de sécurité», s’étranglent-ils.

L’État, qui recherche des sites dans toute la France pour héberger les migrants, envisage depuis plusieurs mois d’établir un campement à Louveciennes, sur le site de Villevert, un terrain de 22 hectares – soit la surface de la «jungle» de Calais – mais seulement pour «une centaine de migrants», insiste la préfecture des Yvelines pour rassurer la population. Cette immense friche, proche de l’autoroute et suspecte de pollution à l’amiante, selon le maire de Louveciennes, Pierre-François Viard (LR), est la propriété privée du groupe européen d’immobilier commercial Unibail-Rodamco.

Durant toute la semaine passée, de nombreux riverains venus de toutes les communes environnantes (Bougival, Marly-le-Roi, Le Chesnay, La Celle-Saint-Cloud, Rocquancourt, Saint-Germain-en-Laye, Versailles, etc.) ont défilé à la mairie de Louveciennes pour venir chercher des tracts appelant à manifester, afin de les distribuer dans leurs immeubles, sur les marchés ou encore au centre commercial de Parly 2. Une pétition officielle a été lancée sur internet par la municipalité, qui a aussi ouvert des registres à la signature, et le collectif d’habitants «pour la Sauvegarde de Louveciennes», qui s’est constitué spontanément, a de son côté lancé la sienne, ainsi que d’autres villes comme Rocquancourt. Au total, en une semaine, près de 5 000 signatures ont été recueillies. Après la manifestation de dimanche, les opposants au camp de migrants prévoient déjà «d’autres actions» pour alimenter «une mobilisation qui ne faiblira pas», disent-ils déterminés.

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Ces villages qui grondent contre la répartition des migrants de Calais (Le Figaro)

A l’image d’Allex, de plus en plus de villages s’opposent à la répartition imposée des migrants de Calais.

Samedi, 250 personnes ont manifesté à l’appel du FN devant l’église de Saint-Denis-de-Cabanne, un petit village de 1284 âmes situé dans la Loire. En novembre prochain, le village de vacances EDF accueillera plusieurs dizaines de migrants venus du bidonville calaisien

A Champtercier, dans les Alpes-du-Sud, les habitants demandent également un référendum. Dès la mi-octobre la commune de 820 habitants devra elle aussi héberger un CAO qui prendra en charge une centaine de migrants. Ils devront rester six mois au maximum.

Autre exemple à Saint-Honoré-les-Bains, où, le 21 septembre dernier, une poignée d’habitants ont organisé une journée «village à vendre» pour protester contre la création d’un CAO qui pourrait selon eux avoir un impact sur le tourisme de cette petite ville curiste.

A Arès, petite ville de 6000 habitants du bassin d’Arcachon, la municipalité a voté vendredi contre l’accueil d’une cinquantaine de migrants venus de Calais décidé par la préfecture. Ici aussi, c’est dans un centre de vacances EDF qu‘ils devraient être hébergés. Malgré le vote municipal, et l’hostilité des habitants, c’est le préfet qui a le dernier mot.

Le 17 septembre, c’est à Saint-Brévin, non loin de Nantes, que partisans et opposants à l’accueil de 70 migrants se sont affrontés à coups de slogans contraires “Nous sommes tous des migrants” ou “On est chez nous”.

Université : la sélection en master instaurée dès la rentrée 2017 (Le Monde)

Un équilibre a été trouvé autour des deux principes fixés par Najat Vallaud-Belkacem : permettre aux universités de « recruter » à l’entrée du master et assurer un droit à la poursuite d’études pour les étudiants titulaires d’une licence.

Le gouvernement a pris un décret au mois de mai, autorisant 40 % de ces formations bac + 5 à sélectionner leurs étudiants, mais cela n’a pas empêché de nouveaux procès. D’où cette concertation ouverte afin d’aboutir à une réforme promise pour novembre, pour une application dès la rentrée 2017.

Selon plusieurs sources contactées par Le Monde, les universités pourront, d’une part, fixer des capacités d’accueil pour chacun de leurs masters, en concertation avec le recteur, et conditionner l’admission en première année de master à l’examen d’un dossier ou à l’obtention d’un concours. Ce qui correspond à la volonté des présidents d’université de pouvoir fixer des prérequis.

Dans quelques disciplines, comme le droit, la psychologie ou certaines mentions de gestion, la sélection s’effectuerait comme actuellement à l’entrée du master 2, plutôt qu’à celle du master 1 : une exception accordée à titre provisoire, notamment en raison de l’existence de concours recrutant à bac + 4.

De l’autre côté, le droit à la poursuite d’études pour tout étudiant diplômé de licence, que défendaient les syndicats étudiants, serait lui assuré par les recteurs. Un étudiant pourrait, en cas de refus dans les masters qu’il a demandés, faire appel au rectorat qui devra lui faire trois propositions, dont au moins une dans son établissement, si l’offre de formation le permet, ou, à défaut, dans son académie, le tout en tenant compte de son projet professionnel.

Assurance-vie : les députés ont voté le blocage des retraits en cas de crise (Les Echos)

Jeudi 29 septembre, les députés ont voté dans l’après-midi l’article 21 bis de la loi « Sapin 2 », qui autorise le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), sur proposition du gouverneur de la Banque de France, à limiter ou à bloquer les arbitrages et les retraits des sommes placées sur les assurances-vie, quelles qu’elles soient, en cas de « menace grave et caractérisée » du système financier.

Un vrai coup de tonnerre pour les assureurs et les épargnants, qui pourraient voir leur droit à disposer de leur épargne comme bon leur semble annihilé pour une durée quasi indéterminée.

Les députés ont suivi la proposition des sénateurs et ramené le délai de blocage à trois mois (au lieu des six initialement prévus). Ce délai peut, toutefois, être renouvelé « si les conditions ayant justifié la mise en place de ces mesures n’ont pas disparu, après consultation du comité consultatif de la législation et de la réglementation financières ». Le nombre de renouvellements autorisé n’est, une fois encore, pas précisé.

Le pape François dénonce l’enseignement de la théorie du genre et la « guerre mondiale contre le mariage » (France TV)

Le pape François a accusé, dimanche 2 octobre, les manuels scolaires français de propager un « sournois endoctrinement de la théorie du genre », tout en rappelant la nécessité d’accueillir avec miséricorde les personnes homosexuelles et transsexuelles. S’exprimant devant les journalistes dans l’avion qui le ramenait à Rome après trois jours dans le Caucase, le pontife argentin a raconté une anecdote rapportée par un père de famille français, effaré que son fils de 10 ans envisage de devenir une fille.

Il s’agit là d’une volonté de « changer les mentalités », d’une « colonisation idéologique », a estimé le pape, qui avait dénoncé samedi à Tbilissi la « théorie du genre » comme l’un des aspects d’une « guerre mondiale pour détruire le mariage ».

Belfort est préservé, mais Alstom a-t-il un avenir ? (Mediapart)

Il n’y aura pas de fermeture de site, pas de suppression d’emplois. Toute la ville a soufflé en découvrant, mardi 4 octobre, le plan gouvernemental destiné à aider le site d’Alstom après 2018. En un mois à peine, le gouvernement a bâti un programme massif pour éviter la fermeture du site historique du groupe, ainsi que la disparition de 450 emplois directs et environ 1 000 emplois indirects. Pour sauver Belfort, l’État a mis les moyens : pas moins de 700 millions d’euros vont être engagés pour l’achat de nouvelles rames TGV, sans compter les commandes à venir sur les nouveaux trains intercités.

Plus de 700 millions d’euros de commandes publiques vont être engagés pour sauver Belfort. Si ce plan permet d’assurer le maintien du site historique d’Alstom, l’avenir du groupe reste incertain. Alstom peut-il se maintenir seul ? L’absence de stratégie industrielle claire et le gaspillage de 3,2 milliards d’euros en rachat d’actions posent question.

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Union Européenne

Entre Paris et Varsovie, les hélicoptères de la discorde (Le Monde)

François Hollande a reporté, vendredi 7 octobre, une visite en Pologne prévue jeudi 13 octobre. Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, a annulé un déplacement projeté pour le lundi 10 octobre. Cette crise intervient après la décision du 4 octobre de Varsovie de rompre les négociations sur la commande de 50 hélicoptères Caracal à Airbus, entamées, en 2015, avec le précédent gouvernement polonais. Paris entend réexaminer ses accords de coopération en matière de défense avec la Pologne.

Dans un discours sur l’Europe, jeudi 6 octobre, François Hollande mettait les points sur les i : « Il y a des pays européens qui pensent que les Etats-Unis seront toujours là pour les protéger, au point même d’acheter des armes uniquement aux Etats-Unis et pas aux Européens. Il y a des pays qui pensent qu’il y aura toujours une couverture qui viendra les mettre à l’abri de toutes les influences. »

Avant même son arrivée au pouvoir, le parti ultraconservateur Droit et justice (PiS) avait vivement critiqué le choix d’Airbus par le précédent gouvernement de centre-droit. Contrairement à ses deux concurrents au sein de l’appel d’offres – l’américain Sikorsky Aircraft et l’italien Leonardo Helicopters –, l’industriel européen ne possédait pas, en ­Pologne, d’usine de production d’hélicoptères. Les concurrents avaient fait planer la menace des licenciements massifs, dans leurs propres unités, si le contrat avec Airbus était signé. Les syndicats, alliés de poids des conservateurs pendant la campagne électorale, étaient montés au créneau. Le PiS avait tenté d’attaquer en justice la procédure d’appel d’offres.

Après la victoire du PiS aux législatives de 2015, Varsovie a continué de discuter du contrat avec Airbus et le gouvernement français, ­notamment sur les compensations à donner en matière de transfert de technologies (dit « offset »). Airbus avait promis d’installer en Pologne une ligne de montage du Caracal, avec, à la clé, plusieurs centaines d’emplois directs.

Royaume-Uni : Theresa May dévoile le calendrier du Brexit (France TV)

Le Brexit se précise enfin. La Première ministre britannique, Theresa May, a annoncé, dimanche 2 octobre, sur la BBC (en anglais), que le Royaume-Uni enclencherait le mécanisme de sortie de l’Union européenne « avant fin mars 2017 ».

Une fois ce coup d’envoi donné, les parties prenantes auront deux ans, sauf dérogation contraire, pour s’accorder sur les modalités du divorce. Ce dernier devrait donc être acté d’ici le printemps 2019.

La Première ministre a promis une « transition en douceur », pendant laquelle le Parlement britannique sera invité à décider quelles lois européennes resteront en vigueur au Royaume-Uni. Pour cela, le Parlement devra adopter une « Great Repeal Bill » qui transcrira les textes européens dans le droit britannique, qui pourra alors être modifié en fonction des dispositions européennes retouchées ou effacées. Cette loi permettra également au Royaume-Uni de couper les ponts avec la Cour de justice de l’Union européenne.

Le Monde

La première ministre a annoncé une « grande loi d’abrogation » du texte de 1972 qui incorporait systématiquement les textes européens dans la législation nationale. La nouvelle loi sera débattue à Westminster dès le printemps prochain et transférera dans la législation britannique toutes les dispositions européennes. A charge pour les députés de les amender s’ils le souhaitent.

Cette « grande loi d’abrogation » marque « une première étape dans le retour du Royaume-Uni vers le statut d’Etat souverain et indépendant, a déclaré Mme May. Elle redonnera le pouvoir et l’autorité aux institutions élues de notre pays. Cela signifie que l’autorité des lois de l’Union européenne en Grande-Bretagne va cesser. »

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UKIP : démission de Diane James (AFP)

La présidente du parti britannique Ukip, Diane James, a annoncé sa démission pour « des raisons personnelles et professionnelles », 18 jours après avoir remplacé l’emblématique Nigel Farage.

« Il est devenu évident que je n’ai pas assez d’autorité, ni le soutien de tous mes collègues membres du Parlement européen et des responsables du parti pour mettre en oeuvre les changements que j’estime nécessaires et sur lesquels j’ai basé ma campagne », a expliqué Diane James sur son compte Twitter.

« Pour des raisons personnelles et professionnelles, en conséquence, je ne continuerai pas le processus électoral », a-t-elle ajouté.

Selon le Times, elle serait sous le choc après avoir reçu un crachat dans un train la semaine précédente et avait également des réticences à mener le parti sans garantie sur son financement. Pour d’autres médias, ce sont les problèmes de santé de son mari qui l’ont poussée à se retirer.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry lance un appel pour une Europe unie (Euractiv)

John Kerry, le secrétaire d’État américain, a appelé à une Europe plus forte après le référendum du Brexit. Face à la montée du populisme et à la belligérance de la Russie, il propose un partenariat renforcé entre Bruxelles et Washington.

« L’unité au sein de l’Europe et le partenariat entre l’UE et les États-Unis restent absolument indispensables pour la sécurité et la paix dans le monde « , a-t-il assuré. Le secrétaire d’État était à Bruxelles à l’occasion d’un sommet sur l’Afghanistan.

John Kerry a également fait un discours lors d’un événement organisé par le Fonds Marshall pour l’Allemagne. Il y a abordé un large éventail de sujets, dénonçant les projets isolationnistes et assurant qu’aucune nation ne pouvait être efficace sans contexte. « Nous ne cacherons pas notre intérêt : nous voulons une Europe la plus forte possible, et un Royaume-Uni le plus fort possible, unis par une relation de collaboration et d’intégration. Nous ne devrions pas tenir pour acquis les bienfaits apportés par l’unité européenne », a-t-il martelé, ajoutant que « certains l’oublient trop facilement ».

Les députés renoncent à enterrer le CETA (Euractiv)

La commission affaires européennes de l’Assemblée nationale a rejeté une résolution appelant la France à s’opposer à l’application anticipée de l’accord, à quelques jours d’une visite de Manuel Valls au Canada.

Alors que la ratification du traité de libre-échange entre Ottawa et l’Union européenne approche à grands pas, des élus de l’Assemblée nationale ont  tenté de faire adopter une résolution appelant le gouvernement français à refuser l’application provisoire de l’accord CETA.

Le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne doit être ratifié par les États membres et le Parlement européen, avant d’entrer provisoirement en vigueur. Sa signature est prévue fin octobre, lors de la venue du premier ministre canadien, Justin Trudeau. L’entrée en vigueur de l’accord se fera donc sans attendre le vote des parlements nationaux, prévu par le processus.

La résolution des députés demandait au gouvernement de  s’opposer « à toute mise en œuvre provisoire » du CETA. Pour les parlementaires français, l’entrée en vigueur de l’accord devrait donc intervenir seulement après que les ratifications nationales soient clôturées.

Démissionner pour mieux voter : l’étrange manœuvre des socialistes pour éviter le blocage du CETA (Le Monde)

Préparée notamment par la présidente écologiste de la commission des affaires européennes, Danielle Auroi, ce texte soutenu par 24 députés socialistes (plutôt issus de la gauche du PS), 13 élus du groupe RRDP (radicaux et apparentés) et 12 députés non inscrits (écologistes ou ex-PS) demandait à Matthias Fekl de s’opposer à la mise en oeuvre provisoire.La résolution a finalement été rejetée par 12 voix (10 PS, 1 LR et un UDI) contre 4 (2 écologistes, 1 radical et 1 PS), laissant les mains libres à Matthias Fekl pour appuyer l’application provisoire le 18 octobre.

Sauf que pour aboutir à ce résultat, le groupe socialiste a procédé à un étonnant tour de passe-passe, remarqué par le site Contexte : il a fait démissionner le matin même du vote 5 députés PS de la commission des affaires européennes qui ne pouvaient pas être présents pour les remplacer par 5 autres députés… qui ont redémissionné aussitôt après le vote pour laisser la place à leurs collègues absents.

Faire démissionner des députés d’une commission pour les remplacer provisoirement par leurs collègues est une pratique courante sur les votes importants, surtout dans les périodes budgétaires lors desquelles le calendrier parlementaire est chargé, assurent les assistants de plusieurs des députés concernés que nous avons pu joindre. Certains se rappellent avoir assisté à des manoeuvres similaires lors du vote des lois sur le non-cumul des mandats ou sur la santé.

La déclaration interprétative sur le CETA a le poids juridique « d’une brochure de vacances » (L’avenir)

La déclaration interprétative, rédigée par les autorités canadiennes et la Commission européenne, sur le traité de libre-échange entre l’UE et le Canada (CETA) a le «poids juridique d’une brochure de vacances», a estimé jeudi Greenpeace.

Une version fuitée de cette déclaration, que les instances européennes et le Canada doivent annexer à leur accord de libre-échange pour tenter d’apaiser les gouvernements récalcitrants, a été obtenue par l’organisation de protection de l’environnement

«Il n’y a rien dans cette déclaration qui permette de contrer la menace que représente le CETA pour la nature, notre santé et les normes de travail. Malheureusement, il s’agit d’un exercice de relations publiques et pas d’une véritable tentative de répondre aux inquiétudes que suscitent le CETA», estime Andrea Carta du service juridique de Greenpeace.

«La document fuité ne fait rien pour obliger ou guider les juges qui seraient amenés à se prononcer sur des conflits commerciaux entre des États et des multinationales», ajoute-t-elle.

Libre-echange.info :

La « Déclaration d’interprétation conjointe » de l’UE et du Canada, promise par la Commission Malmström et la ministre canadienne C. Freeland pour apaiser les critiques à l’égard du CETA, a été divulguée ce matin, après communication hier soir aux 28.Elle est consultable ici et brille spectaculairement par sa vacuité.

Les Commissaire Malmström et Ministre Freeland avaient promis un texte juridiquement contraignant.Verdict : il est encore plus vide qu’attendu. Addition d’affirmations relatives aux questions de l’arbitrage d’investissement, de la protection de l’environnement et des droits sociaux ou encore des services publics, le document de cinq pages n’apporte en réalité aucun élément nouveau qui contredit l’analyse des mouvements citoyens et de leurs experts travaillant depuis deux ans.

La déclaration reprend seulement les éléments de rhétorique déroulés par la Commission européenne depuis la publication de la première version du traité en août 2014.Pire : rien dans le texte ne permet de penser qu’il aura la moindre portée juridique. Il ne donne préséance explicite à aucune disposition (sur l’environnement ou les questions sociales surtout) par rapport au droit du commerce et de l’investissement. Il n’altère à aucun moment le contenu du traité lui-même, en apportant des réserves ou des modifications au texte. Il fournit simplement davantage de contexte.La déclaration n’aura aucun effet devant une juridiction, qu’elle soit publique (tribunal local, éventuellement CJUE ou CIJ) ou privée (tribunaux d’arbitrage).

Ce nouvel épisode du feuilleton CETA apparaît donc comme un nouvel écran de fumée destiné à endormir les critiques parlementaires, syndicales ou citoyennes.

Quel référendum d’autodétermination pour la Catalogne ? (La Tribune)

La majorité indépendantiste catalane a lancé le processus d’autodétermination avec deux votes au parlement catalan jeudi 7 octobre. Le processus est désormais clairement établi : des « structures d’Etat » seront construites d’ici à juillet 2017. Parallèlement, Barcelone tentera de discuter avec Madrid la mise en place d’un référendum d’autodétermination accepté par l’Espagne. En cas d’échec de cette première voie, un référendum unilatéral se tiendra durant la seconde quinzaine de septembre et, en cas de succès de l’option de l’indépendance, cette dernière sera proclamée et des élections constituantes auront lieu en mars 2018. L’assemblée issue de ce scrutin préparera une constitution, en prenant en compte un « processus citoyen » qui sera, elle aussi, soumise à référendum.

Le référendum « devra disposer des plus grandes garanties d’inclusion, assurer une participation la plus large et rechercher une reconnaissance recherchée de l’Union européenne et de la communauté internationale »

Le gouvernement a ouvert une enquête sur la résolution du parlement ce jeudi et le tribunal constitutionnel a demandé au procureur général d’ouvrir des poursuites contre la présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell. La stratégie des unionistes et du gouvernement espagnol reste la même : prouver aux Catalans que le processus d’indépendance conduit à l’impasse parce qu’il est illégal.

Si la présidente du parlement est inhabilitée par la justice espagnole, alors il ne sera plus possible de rester dans l’indécision. Ou la majorité indépendantiste reconnaît la primauté de la justice espagnole et reconnaît sa décision, mais dans ce cas, l’unilatéralité sera enterrée de fait. Ou elle décide d’ignorer la décision et Carme Forcadell continue d’exercer sa charge et, de facto, la légalité catalane sera placée au-dessus de la légalité espagnole.

Un corps européen de gardes-frontières va remplacer l’agence Frontex (AFP)

Un nouveau corps européen de gardes-frontières entre en service jeudi 6 octobre pour mieux protéger les frontières de l’Union européenne (UE) et offrir une image d’unité sur la complexe question migratoire.

Les dirigeants européens ont symboliquement choisi d’inaugurer cette nouvelle force à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, principal point d’entrée terrestre des migrants lorsqu’ils contournent la périlleuse voie maritime de la Méditerranée.

Le nouveau corps européen va remplacer Frontex, en renforçant sensiblement cette agence dont le siège est installé à Varsovie. Ses effectifs permanents atteindront un millier de personnes, plus du double de ceux de Frontex, au terme d’une montée en puissance progressive.

Il pourra faire appel rapidement à une réserve de 1 500 gardes-frontières ou gardes-côtes nationaux, ainsi qu’à des équipements techniques, que les Etats membres auront l’obligation de mettre à sa disposition à partir de décembre.

Un plan d’aide de l’UE à l’Afghanistan conditionné au retour de 80 000 migrants (L’Express)

L’Union européenne négocie en ce moment avec l’Afghanistan pour lui octroyer une nouvelle tranche d’aide financière. Selon une note interne, elle la conditionnerait à une prise en charge de 80 000 migrants.

Ce mercredi, des représentants de l’Union européenne (UE) et le secrétaire d’Etat américain John Kerry ont signé un plan d’aide à l’Afghanistan d’environ 14 milliards d’euros. Les sommes négociées pendant ce sommet de deux jours à Bruxelles, doivent accompagner l’effort de développement du pays entre 2017 et 2020. Voilà pour le volet officiel. Car dimanche, les autorités européennes et afghanes auraient négocié un autre plan, dans le plus grand secret.

Ces discussions confidentielles concernaient le retour dans leur pays d’origine de migrants afghans dont la demande d’asile a été refusée, assure The Guardian. Le contenu de ces échanges a été révélé par la fuite d’une note, diffusée par l’organisme lanceur d’alerte Statewatch. « Un contrat d’aide au développement de 200 millions d’euros, actuellement en préparation, est destiné à la gestion de la migration sensible », est-il notamment écrit.  

La note demande au gouvernement afghan de mettre en place une « politique de la migration et du retour » pour 80 000 de ses ressortissants, qui se trouvent en Europe. Actuellement, le pays est le second plus important pourvoyeur de migrants en Europe, après la Syrie. Ils étaient un peu moins de 200 000 à avoir foulé le sol européen l’année dernière.

Hongrie : le référendum sur les quotas de migrants invalidé (Les-crises)

La question posée :

« Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l’approbation du Parlement hongrois ? ».

Le référendum hongrois a les mêmes règles que le référendum néerlandais sur l’Ukraine :

  • il est seulement consultatif, et n’engage pas le gouvernement
  • il n’est sensé être valable que si 50 % des électeurs sont d’accord.

Comprenons bien une chose : on a donc affaire à une simple opération “politique”, le référendum n’a aucun intérêt autre que celui de “sondage” :

  • la question n’a aucune portée : ce sont les règles de l’UE, intangibles en l’espèce : le gouvernement n’a donc aucune marge de manœuvre – en théorie…
  • le référendum n’est que consultatif
  • et le pourcentage de participation n’a aucun sens si le non l’emporte, vu que c’est la position du gouvernement

Résultats

  • 98,3 % de NON
  • mais seulement 40,3 % de participation

L’opposition à Orban avait appelé à boycotter le vote, afin de ne pas dépasser les 50 % et avoir un référendum validé

Le Monde :

« Sur la base de ces chiffres, nous pouvons légitimement dire que cette journée a apporté une victoire éclatante pour tous ceux qui rejettent la relocalisation forcée [des migrants] et pour ceux qui pensent que les fondations d’une UE forte ne peuvent être que des pays forts », a déclaré le député et vice-président de la Fidesz, Gergely Gulyas, lors d’une conférence de presse.

Le commissaire aux migrations, Dimitris Avramopoulos, avait de toute façon prévenu que le référendum n’aurait aucun impact juridique sur les engagements adoptés : « Les États membres ont la responsabilité légale d’appliquer les décisions prises », avait-il déclaré. Mais alors que le plan de répartition de 160 000 demandeurs d’asile entre les 28 États membres, adopté il y a un an, est à l’arrêt, les responsables européennes craignaient que ce référendum ne porte un nouveau coup à l’Une.

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Le président tchèque Milos Zeman demande l’expulsion de tous les migrants économiques (Financial Times)

Milos Zeman en a appelé au forum de Rhodes (Grèce) à la déportation des centaines de milliers de « migrants économiques » qui sont arrivés en Europe depuis le début de l’année dernière et a estimé que la culture des migrants de religion musulmane est fondamentalement incompatible avec la société européenne.

Il a mis en alerte le « lien de connexion important » qu’il existe entre l’afflux de migrants et la « vague de djihadistes » qui arrivent en Europe

Milos Zeman a déclaré au Financial Times et deux autres médias que la seule solution pour combattre la crise des migrants était de déporter ceux qui ne sont issus de pays qui sont en zones de guerre.

« Je suis pour l’expulsion de tous les migrants économiques »a-t-il ajouté. « Bien sûr je déplore la cruauté de la guerre civile qui sévit en Iraq et en Syrie. Mais nous ne parlons au sujet de ces gens là, nous parlons au sujet des migrants économiques »

« Je ne suis pas contre les migrants dans mon propre pays qui viennent d’Ukraine, du Vietnam, de Russie, de Biélorussie, de Serbie etc… a dit Mr Zeman. « Je suis seulement opposé à l’immigration islamique parce que je pense qu’il existe une trop grande incompatibilité des cultures comme par exemple l’attitude des migrants musulmans envers les femmes. Complètement différente de la culture européenne… »

Le président tchèque contre l’immigration en Europe (Sputnik)

Le président tchèque Miloš Zeman estime que «l’Europe n’a pas besoin d’immigrés», a-t-il déclaré à l’ouverture de la 14e session du Forum public mondial «Dialogue des civilisations»

« Seulement 37 % des migrants arrivant en Europe ont reçu une éducation primaire de base. Le reste est constitué de personnes illettrées. Comme l’économie de l’UE se base sur des connaissances et sur un travail qualifié, l’Union n’a pas besoin de ces gens », affirme-t-il.

Selon le président tchèque, cette vague migratoire constitue une « fuite des cerveaux » car ce sont en principes les jeunes, des « hommes sains et aptes au travail », qui quittent leur pays.


Monde – Géopolitique

Qui est Antonio Guterres, le successeur de Ban Ki-moon à la tête de l’ONU ? (Le Figaro)

Son nom a fait l’unanimité. Le Portugais Antonio Guterres a obtenu jeudi le soutien des 15 membres du Conseil de sécurité et devrait devenir le prochain secrétaire général des Nations unies. L’ancien premier ministre du Portugal faisait figure de favori de ce scrutin après avoir terminé en tête des six votes préliminaires. La recommandation des membres du Conseil va désormais être transmise à l’Assemblée générale, chargée d’élire le secrétaire général. Celle-ci devrait être une formalité.

À 67 ans, Antonio Guterres a gagné ses galons de 2005 à 2015 comme Haut-Commissaire de l’ONU aux réfugiés (HCR). À ce titre, il a dû affronter avec la guerre en Syrie la plus grave crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale. Avant de se lancer dans une carrière diplomatique, Antonio Guterres, ingénieur de formation, a occupé la fonction de premier ministre dans son pays entre 1995 et 2002.

À la tête du gouvernement portugais, Antonio Guterres avait déjà fait montre d’une indéniable habilité diplomatique. En 1999, il est l’un des principaux artisans de l’intervention des Nations unies au Timor oriental. L’ancienne colonie portugaise était en proie milices pro-indonésiennes après la victoire des partisans de l’autodétermination au référendum.

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Les Colombiens rejettent l’accord de paix avec les FARC

Contre toute attente, les Colombiens ont rejeté dimanche, de peu, la paix avec la guérilla des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) Sur 99,98% des bulletins de vote dépouillés, le «Non» s’imposait avec 50,21% devant le «Oui» à 49,78%.

Près de 34,9 millions d’électeurs étaient appelés à répondre par «Oui» ou par «Non» à la question: «Soutenez-vous l’accord final d’achèvement du conflit et de construction d’une paix stable et durable?», titre du document de 297 pages issu de près de quatre ans de pourparlers, délocalisés à Cuba. La participation n’a été que de 37,28%.

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Turquie : arrestation du frère de Fethullah Gülen (AFP)

La police turque a arrêté le frère de l’ex-prédicateur Fethullah Gülen accusé d’avoir fomenté le 15 juillet la tentative de coup d’Etat, a annoncé dimanche l’agence de presse progouvernementale Anadolu.

Kutbettin Gülen, le premier de la fratrie de l’ex-prédicateur à être détenu, a été interpellé chez un de ses proches à Izmir (ouest), dans le district de Gaziemir, selon la même source. Accusé d’être « membre d’une organisation armée terroriste », il a été placé en garde à vue et était interrogé à la mi-journée par la police antiterroriste.

Selon d’anciennes publications des médias turcs, Fethullah Gülen a cinq frères: Seyfullah et Hasbi – tous deux décédés – , Mesih, Salih et Kutbettin. Il a également deux soeurs: Nurhayat et Fazilet. La police avait arrêté en juillet un de ses neveux, Muhammet Sait Gülen, à Erzurum, dans l’est du pays, puis un autre, Ahmet Ramiz Gülen, en août à Gaziantep dans le sud-est.

Au total, 32.000 personnes ont été arrêtées en Turquie dans le cadre des vastes purges visant des partisans présumés de l’ex-prédicateur Fethullah Gülen, lancées au lendemain du putsch avorté. Médias, magistrature, police, milieu pénitentiaire, armée, éducation, université… Tous les secteurs sont concernés par ces purges d’une ampleur inédite.

Dans l’attente de l’organisation des premiers procès, à une date indéterminée, le gouvernement turc a décidé de libérer cet été 38.000 prisonniers condamnés pour faire de la place à de nouveaux détenus.

Niger : l’attaque de Tazalit menée par des «groupes de narcoterroristes» (RFI)

Au Niger : l’attaque perpétrée jeudi 6 octobre en plein milieu de la journée contre un centre d’accueil de réfugiés maliens à Tazalit, dans la région de Tahoua, a fait 22 morts, des soldats nigériens exécutés d’une balle dans la tête.

On ignore l’identité précise des assaillants, mais Massaoudou Hassoumi, ministre nigérien de la Défense, pointe la responsabilité de groupes narcoterroristes.

« Les groupes armés dans le nord du Mali, c’est un continuum entre les groupes terroristes et les groupes armés qui participent parfois au processus d’Alger et les groupes de trafiquants, narcotrafiquants. Donc, il n’y a pas de distinction entre ces différents groupes : Ansar Dine, Aqmi, HCUA, narcotrafiquants. En réalité, ils passent d’un statut à l’autre.

La région de Tahoua, au centre-ouest du Niger, est bien encadrée : au nord, la frontière nord-malienne et ses groupes jihadistes comme Aqmi ou Ansar Dine. Au sud, le Nigeria et Boko Haram. La région, plus de 110 000 mètres carrés, est également sur le chemin de l’Algérie et de la Libye. En clair, un territoire difficilement contournable pour les trafics en tout genre : drogue, bien sûr, mais aussi armes et migrants.

Législatives marocaines: victoire des forces islamistes du PJD (RFI)

Les islamistes marocains, à la tête du gouvernement depuis 2011, ont remporté les élections législatives du vendredi 7 octobre pour une deuxième mandature de cinq ans, annoncé le ministère de l’Intérieur marocain à la mi-journée.

Selon des résultats encore provisoires mais officiels, et après le dépouillement de l’intégralité des bulletins de vote, le Parti de la justice et du développement (PJD) obtient 125 députés, contre 102 à son principal rival, le Parti authenticité et modernité (PAM, libéraux) sur un total de 395 sièges. Le taux de participation s’élève à 43 %.

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La Russie renforce ses bases aériennes en Syrie (Zone militaire)

La Douma – chambre basse du Parlement russe – a ratifié, le 7 octobre, l’accord conclu entre Moscou et Damas au sujet du déploiement, « pour une durée indéterminée », des forces aériennes russes sur la base syrienne de Hmeimim, placée désormais sous juridiction russe.

Cet accord stipule que les militaires russes affectés à Hmeimim sont exonérés d’impôts et de contrôles douaniers et qu’ils bénéficient – comme leurs familles – de l’immunité diplomatique. Et cela fait que la Russie dispose de deux bases permanentes en Syrie, la première, celle de Tartous, ayant fait l’objet d’un arrangement du même ordre en 1971.

Il y aurait maintenant près de 4.300 militaires russes en Syrie (sans compter les employés de sociétés militaires privées) pour mettre en oeuvre des avions de combat, des hélicoptères ainsi que des systèmes de défense aérienne S-300 et S-400 qui forment une « bulle de protection » en Méditerranée orientale.

Les Etats-Unis et la Russie restreignent leur coopération en matière nucléaire (Euronews)

La Russie restreint encore un peu plus sa coopération avec les Etats-Unis en matière nucléaire. Elle vient de suspendre un accord de 2013 sur la coopération dans les domaines de la recherche et du développement concernant l‘énergie nucléaire.

“La coopération prévue par cet accord n’a jamais commencé, parce que début 2014, comme nous le savons tous, il y a eu une crise dans les relations bilatérales, la mise en place de sanctions, et ensuite le département d’Etat américain a informé sur son site qu’il n’avait pas l’intention de développer une telle coopération. De fait, cet accord était gelé et il n’a jamais vraiment été appliqué”, rappelle Sergei Novikov, porte-parole de l’agence atomique russe Rosatom.

Lundi, alors que Washington se retirait des négociations avec Moscou sur un cessez-le-feu en Syrie, la Russie annonçait déjà suspendre un accord avec les Etats-Unis sur le recyclage de dizaines de tonnes de plutonium provenant d’ogives nucléaires, mettant fin à un accord signé par Vladimir Poutine en 2000.

Le Pentagone a payé 500 millions de dollars à une entreprise de relations publiques britannique pour réaliser, notamment, des fausses vidéos de propagande de Al Qaïda (UPR)

Martin Wells, un ancien cadre de Bell Pottinger, une entreprise britannique de relations publiques, a révélé au « Bureau du Journalisme d’Investigation » et au Sunday Times, que cette entreprise a touché plus de 500 millions de dollars de la part du Pentagone (le ministère américain de la Défense) pour produire des programmes de propagande sur l’Irak. Parmi cette propagande figuraient notamment :

  • a)- des spots publicitaires anti-Al-Qaïda,
  • b)- des reportages télévisés ressemblant à des productions de télévisions arabes puis revendus à des chaînes d’information,
  • c)- mais aussi des FAUSSES VIDÉOS DE PROPAGANDE DE AL QAÏDA.

Cette révélation résulte d’une enquête de l’ONG « The Bureau of Investigative Journalism » qui figure toujours en première page du site au moment où ces lignes sont écrites mais dont le lien vers les pages intérieures semble avoir été désactivé .

La mission de Bell Pottinger consistait en une énorme opération médiatique, facturée plus de 100 millions de dollars par année et impliquant jusqu’à près de 300 employés.

Arrivée en 2004 en Irak, peu de temps après l’invasion américaine, la firme d’origine londonienne devait dans un premier temps « promouvoir les élections démocratiques », avant d’évoluer vers de la pure propagande et des fausses vidéos de propagande pour Al Qaïda. Celles-ci étaient ensuite diffusées via des CDs piégés abandonnés par les forces américaines lors de perquisitions, permettant de retracer via des adresses IP les personnes visionnant les vidéos.

Internet : l’ICANN s’émancipe officiellement du contrôle américain (Next Inpact)

L’ICANN, qui gère les ressources mondiales d’Internet (adresses IP, noms de domaine, numéros de réseaux…) n’est plus lié par contrat avec les États-Unis. C’est le 1er octobre que ce contrat, qui attribuait officiellement ces fonctions « IANA » à l’organisation, a expiré après deux ans de travail de ses membres et de longues batailles en son sein, et à l’extérieur.

Après des mois d’activisme de la direction de l’organisation, le département du Commerce se dit prêt à laisser le contrat qui les lie, si elle respecte certaines conditions. En fait, la société californienne doit passer à une gouvernance multipartite, répartie équitablement entre États, secteur privé et société civile.

Le yuan chinois devient une monnaie de référence du Fonds monétaire international (Express)

Samedi, le yuan chinois est devenu une monnaie de référence pour le Fonds monétaire international (FMI). La monnaie a été incluse dans le panier des droits de tirage spéciaux (DTS) aux côtés du dollar, de l’euro, de la livre sterling et du yen.

Depuis sa création en 1969, la composition de ce panier n’avait jamais changé de façon si importante, à part le remplacement des monnaies allemande et française par l’euro.

Les pays qui empruntent de l’argent au FMI peuvent maintenant le faire en yuans. L’organisation financière reconnaît que la Chine – la seconde plus grande économie du monde (et même la plus grande, selon certains calculs) – joue un rôle plus important dans le système financier international.

NSA : un sous-traitant arrêté par le FBI pour vol de données sensibles (Next Inpact)

Le FBI a arrêté fin août Harold Thomas Martin, un sous-traitant travaillant pour la NSA. Il est accusé d’avoir dérobé des données particulièrement sensibles. Rien n’indique pour l’instant qu’il ait fourni ces éléments à un ou plusieurs tiers.

D’après les quelques informations publiées par le FBI et le New York Times, Martin a été arrêté par le FBI le 27 août, à Glen Burnie dans le Maryland. La procédure a semble-t-il été particulièrement discrète. Âgé de 51 ans, Martin est accusé d’avoir « volé la propriété du gouvernement », et de « retrait et rétention non-autorisés d’éléments classifiés ». Dans son communiqué, le ministère américain de la Justice précise que le sous-traitant disposait d’autorisations d’accès à du contenu top secret.

Selon le New York Times, le sous-traitant aurait notamment dérobé le code source de plusieurs outils précis pour attaquer les structures de certaines puissances étrangères, notamment la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord. Nos confrères précisent d’ailleurs qu’une partie de ce code serait « obsolète ». Le journal indique avoir reçu l’avis de plusieurs enquêteurs selon lesquels l’affaire ne semblerait pas être un cas classique d’espionnage.

La grande inconnue à l’heure actuelle est celle de la transmission : les informations volées ont-elles été envoyées à des tiers ? Selon le New York Times en effet, le FBI explore toutes les pistes, y compris d’un lien éventuel avec les Shadow Brockers, ce groupe de pirates s’en étant pris récemment à la NSA en piratant un serveur distant pour y récupérer des outils et failles 0-day. De l’aveu même d’un enquêteur du FBI, Martin serait particulièrement difficile à cerner.

Il faudra donc attendre que de nouvelles informations apparaissent pour cerner davantage la situation. En attendant, Booz Allen Hamilton est sur la sellette : c’est la deuxième fois en trois ans que l’un de ses employés vole des informations à la NSA. L’entreprise a d’ailleurs réagi immédiatement en annonçant le licenciement de Martin et son entière coopération à l’enquête.

WikiLeaks publie des courriels privés du directeur de campagne d’Hillary Clinton (Sputnik)

WikiLeaks a rendu public 2 050 lettres de plus de 50 000 courriers électroniques de John Podesta, dont une partie concerne la Turquie et ses intérêts géopolitiques dans le conflit syrien ainsi que son rôle dans la lutte contre le groupe terroriste État islamique (EI).

La correspondance piratée concerne également l’industrie nucléaire des États-Unis et les récentes publications concernant une collecte de fonds pour la campagne électorale d’Hillary Clinton.

Le Figaro :

Dans un discours prononcé en 2013 devant la banque brésilienne Itau, l’ex-secrétaire d’Etat affirme que son « rêve est d’avoir un marché commun sur l’ensemble de l’hémisphère américain, avec du libre-échange et des frontières ouvertes, avec une énergie qui est aussi verte et soutenable que possible »

Dans un discours prononcé en 2014 devant la Deutsche Bank, Hillary Clinton, souvent accusée de liens étroits avec Wall Street, laisse par ailleurs entendre que la régulation du secteur financier doit « venir de l’industrie elle-même ». « Les gens qui connaissent l’industrie mieux que quiconque sont ceux qui travaillent dans l’industrie », déclare-t-elle également dans un discours de 2013 devant la banque Goldman Sachs.

La candidate, qui se pose en championne de la classe moyenne, assure également qu’il y a « des préjugés contre les gens qui ont eu des vies couronnées de succès et/ou compliquées » et défend le fait que les politiciens aient « une position publique et privée » sur certaines questions.

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