Prisons : quand les murs tremblent

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Incarcération de masse, « prisons Supermax » & tolérance zéro, surreprésentation des minorités et criminalisation de pauvreté… quel visage du pays de l’oncle Sam ses prisons nous révèlent-elles ?

Le 15 juillet dernier, Barack Obama se rendait dans la prison fédérale d’El Reno (OK) une première pour un président en exercice. Une prison où sont surreprésentées, comme dans une majorité de prisons américaines, les minorités hispaniques et afro-américaines.

« Les Etats-Unis représentent 5% de la population mondiale mais 25% de la population carcérale mondiale » c’est à dire 2.26 millions de détenus, dont près de 60% de jeunes hommes noirs.

Invité(s) :

  • Yasmine Bouagga, chargée de recherche au CNRS, laboratoire triangle à Lyon
  • Pap NDiaye, professeur des universités à l’Institut d’études politiques de Paris.
  • Lamia Oualalou, journaliste basée à Rio, elle collabore régulièrement à Mediapart et au Figaro.

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Avec un taux de récidive qui atteint en moyenne en France 38 %, notre modèle pénitentiaire traditionnel : celui de la prison fermée, miné par la surpopulation carcérale, semble à bout de souffle et ne permet pas aux détenus de se préparer à un retour au monde libre.

Sur l’île de Suomenlinna, en Finlande, la prison de Kerava accueille des détenus qui travaillent ou étudient à l’extérieur et paient un loyer. Autre exemple : à Givenich au Luxembourg où se trouve le seul établissement pénitentiaire semi-ouvert mixte d’Europe.

Dans ces établissements, la sécurité, mais aussi le lien social et le travail sont au cœur des priorités. Pourquoi ce modèle de prison ouverte reste encore l’exception en Europe et dans le monde ?

Invité(s) :

  • Nicholas Bequelin, directeur régional d’Amnesty International pour l’Asie de l’Est
  • Fabio Cavalli, metteur en scène dans le pénitencier de Rebibbia, à Rome

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Le secteur des prisons privées vit des années fastes. La Corrections Corporation of America (CCA), géant américain des prisons privées, a vu depuis vingt ans son chiffre d’affaires croître de plus de 500 %. La criminalité a beau diminuer, le tout-répressif et des « clauses d’occupation » permettent de maintenir les prisons bien remplies... Bernie Sanders, candidat démocrate à l’élection présidentielle, s’est d’ailleurs prononcé très clairement à ce sujet: il veut tout simplement bannir les prisons privées. Des secteurs du bâtiment à ceux de la restauration ou des services de santé, la gestion des établissements pénitentiaires implique une vaste mobilisation de capitaux privés.

Dans quelle mesure les lobbies qui les représentent participent à un maintien de l’enfermement de masse? Ce phénomène de privatisation des prisons est-il concentré aux Etats-Unis ?

Invité(s) :

  • James Cohen, professeur l’Institut du Monde Anglophone à l’université Paris-III
  • Nathalie Berger, coordinatrice Etats-Unis pour Amnesty International France
  • Benjamin Brägger, spécialiste du droit de l’exécution des peines, fondateur de la société CLAVEM qui intervient en milieu pénitentiaire
  • Laurent Chambon, professeur de français et de sciences politique à Amsterdam

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La France n’extradera pas les pilotes d’Air Cocaïne et cela malgré un accord d’extradition signé en 2000 avec la République dominicaine. En effet, la France fait partie de ces pays qui n’extradent pas ses propres ressortissants , comme l’Allemagne ou encore l’Italie. En revanche, la France peut envisager d’extrader des étrangers : c’est le cas de cet ancien oligarque kazakh, Moukhtar Abliazov, incarcéré en France depuis 2013 et dont Manuel Valls a signé le décret d’extradition – vers Moscou – récemment.

Les affaires ne manquent pas et chaque décision d’extradition, au-delà de l’accord conclu entre tel ou tel pays, semble soumise à une série de contingences tant politiques que juridiques, et elles posent plus largement la question de la souveraineté juridique des états.

Pourquoi la France, contrairement aux pays anglo-saxons refuse-t-elle d’extrader ses ressortissants ? Polanski, Snowden, Battisti : quelles sont les conséquences de ces différentes affaires sur les relations diplomatiques ? Dans quelle mesure ces accords d’extradition vont-ils dans le sens d’une harmonisation du droit sur le plan international ? Et finalement : est-il vraiment question de justice ou de politique ?

Invité(s) :

  • Jean-Marc Thouvenin, professeur de droit international à Paris Ouest, directeur du centre de droit international de Nanterre.
  • Antoine Kernen, sinologue, spécialiste de la Chine-Afrique, Maître d’enseignement et de recherche à l’université de Lausanne

 

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