L’affaire des vedettes de Cherbourg

Etranges affaires : les vedettes de Cherbourg (France 3)

En 1965, la France passe un contrat avec l’État d’Israël pour la vente de 12 vedettes lance-missiles. Un chantier naval de Cherbourg, les Constructions mécaniques de Normandie (CMN), est chargé de l’exécution de la commande. Mais après la Guerre des Six Jours, le général de Gaulle décrète un embargo sur la vente d’armes à destination d’Israël.
Cinq de ces vedettes sont livrées avant l’embargo, deux «disparaissent en mer» la veille de l’embargo et les cinq autres sont gardées dans le port de commerce de Cherbourg.

Une ruse est alors mise au point : une société norvégienne, la Starboat and Oil Drilling Company, créée pour la circonstance, demande à la France et à Israël de récupérer les vedettes car ces navires, sans armement, l’intéressent, prétendument pour faire de la recherche pétrolière en mer du Nord. L’État hébreu accepte d’autant plus facilement qu’il est à l’origine de la manœuvre par le biais de ses services secrets. Il fournit même les équipages. Dans la nuit du 24 au 25 décembre, vers 2 heures du matin, les vedettes prennent le large. Elles arrivent à Haïfa le jour de l’an.

Selon le journaliste Patrick Pesnot, le gouvernement français fut informé des intentions israéliennes par l’intermédiaire de ses services de renseignements mais laissa faire, saisissant ce prétexte pour officialiser des contrats d’armements préalablement conclus avec certains États arabes.

Sasha Maréchal est une jeune journaliste qui travaille pour un site d’information réputé. Spécialisée dans les questions de diplomatie et d’espionnage, elle anime un blog ayant pour titre « Etranges Affaires » et qui interroge la politique étrangère de la France par le prisme des opérations menées dans et hors de l’hexagone par des services secrets et/ou des agents français ou étrangers. Un zeste de barbouserie, des marchands d’arme, des enjeux pétroliers… elle adore fouiller les zones d’ombre de l’histoire de la République.

Réalisateur : Olivier L. Brunet

Image : Sylvain Marquet

Image : Arthur Cemin

Son : Philippe Virlois

Diffuseurs et soutiens : France 3 France 3 Basse Normandie Planète Région Basse Normandie Région Haute Normandie Centre National de la Cinématographie Procirep, société des Producteurs Angoa

Coproduction : Vivement Lundi !

Sources : Antoine Martin Production / France 3


 

La Marche de l’histoire – Les vedettes de Cherbourg en route vers Israël (2012)

Noël 1969. Cinq patrouilleurs rapides achetés à prix d’or par Tel Aviv mais mis sous embargo par la France depuis la guerre de 1967, s’échappent du port de Cherbourg. Nuitamment, c’est sûr. Légalement ? On ne sait trop..

Dès qu’elle est connue, l’affaire provoque un grand ramdam. La « une » de L’Express, du Nouvel Observateur, de Paris-Match. Un grand éclat de rire dans la presse internationale. Une colère grandiose, au gouvernement, de Michel Debré: « Ca ne se serait pas passé comme ça au temps du général »

Justement si… du moins jusqu’en 1967. La France avait été le premier fournisseur d’armes des Israéliens. La guerre des Six Jours avait été gagnée par une aviation à 90% fabriquée par la France. Les vedettes de Cherbourg ne constituaient que l’aile maritime d’un dispositif autrement vaste

Leur rapt – par ceux qui les avaient achetées et attendaient vainement la livraison- peut paraître relever de la chronique cocasse. En réalité, cette affaire permet à Paris de clore le chapitre de la Grande Amitié franco-israélienne : l’opinion s’y refuse encore- pour le moment mais déjà nos exportateurs passent, avec armes et bagages, au marché arabe. Les Israéliens réagissent, eux, en se jetant dans les bras des Américains et en développant leur production propre : aujourd’hui ils menacent la quatrième place que garde la France sur le marché de l’exportation d’armes !

Les vedettes de Cherbourg, c’est bien une page qui se tourne.

 

Invité : Justin Lecarpentier

lecarpentier-vedettes

Résumé : L’affaire des vedettes de Cherbourg fut l’un des plus retentissants scandales des années soixante. De la rade de Cherbourg à Haïfa, la rocambolesque évasion de cinq vedettes de guerre placées sous un strict embargo par les autorités françaises fut souvent présentée comme un exploit du Mossad, le service secret d’Israël. Exploit fructueux car, engagées dans les combats de la guerre de Kippour, les ex-vedettes de Cherbourg, ont révolutionné la guerre navale. La plume précise et claire de Justin Lecarpentier nous explique pourquoi. Ce livre apporte une réponse à de nombreuses questions restées dans l’ombre à l’époque. A commencer par celle de l’éventuelle complicité d’une partie de l’administration française et de l’illégalité de l’opération. Il analyse en détail le contexte politique et militaire de la construction des vedettes, l’importance de la modernisation stratégique de la marine israélienne. Il apporte un passionnant éclairage sur la saga de Félix Amiot, patron des CMN et décortique les relations du constructeur des vedettes, avec la presse locale, Israël, le gouvernement français… Le retentissement, dans le monde entier, de l’évasion des vedettes fut, involontairement, la plus formidable publicité pour les Constructions Mécaniques de Normandie utilisant des sources inédites, Justin Lecarpentier a bâti, sur des sources inédites, l’histoire la plus fouillée, la plus complète du scandale qui a passionné l’opinion publique.

éditeur : L’Ancre de Marine


 

Rendez-vous avec X – L’affaire des vedettes de Cherbourg (1997)

C’était en 1969, par une nuit de Noël venteuse et pluvieuse. Dans les rues de Cherbourg, pas un chat. Au large, la mer grondait. Mais la météo maritime laissait espérer une amélioration pour le petit matin. Soudain, quelques dizaines de silhouettes sont apparues. Elles se sont faufilées jusqu’au port, malgré la pluie qui tombait averse, et brusquement, dans la nuit, on a entendu le grondement de puissants moteurs diesels. Quelques minutes plus tard, cinq canonnières appareillaient, empruntaient la passe Est, la plus dangereuse mais aussi la plus discrète. Puis, dès la sortie du port, elles prenaient la mer et filaient aussitôt plein Ouest, à toute vitesse. L’affaire des vedettes de Cherbourg commençait. Elle allait durablement ébranler l’administration française, le Gouvernement, la présidence de la République et affecter les relations franco-israéliennes. Je savais que Monsieur X avait une connaissance particulièrement intime des services secrets d’Israël, il m’en avait donné la preuve lorsqu’il m’avait raconté l’histoire d’Israël Bar, celui que l’on a appelé « l’espion de Ben Gourion », un agent soviétique infiltré au plus haut niveau du commandement militaire israélien. C’est donc tout naturellement qu’il y a quelques semaines, en préparant avec mon interlocuteur cette nouvelle série d’entretiens, que je lui ai demandé s’il avait des lumières sur cette affaire des vedettes de Cherbourg, qui avait fait scandale en France puisque, malgré l’embargo qui les frappaient, les israéliens avaient pu s’emparer de ces cinq puissants et rapides bâtiments, au nez et à la barbe des autorités françaises. J’avoue que la première réaction de M.X m’a déconcerté car il a .. éclaté de rire, et comme je lui demandais des explications, il a simplement dit : cette affaire a été l’une des plus jolies mystifications qu’il m’ait été donné de connaître. »

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