« La vraie prière est une fatigue immense »

Vous travaillez, vous étudiez, vous jouez aux cartes, vous vivez à peu près comme vivent les autres hommes, tandis que moi : je prie.

À l’exception des instants strictement nécessaires pour manger, pour boire et pour dormir, je prie sans jamais m’arrêter. Et d’ailleurs même quand je mange, je prie. Et même quand je dors. Et ma volonté est telle que depuis quelque temps déjà je rêve que je suis agenouillé, et que je prie.

Vos prières ne sont qu’une plaisanterie. La vraie prière est une fatigue immense. Quand vient le soir je suis exténué. Et c’est tellement dur de recommencer à prier dès l’aube, à peine éveillé, que parfois la mort me semble préférable. Mais je prends sur moi, je m’agenouille.

Toi, Giacomo, qui es vieux et sage, tu devrais savoir ces choses ! 

Dino BuzzatiL’homme qui voulut guérir (1952)

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