« Les maisons sont faites pour être habitées, et non pour être admirées »

Les maisons sont faites pour être habitées, et non pour être admirées ; c’est pourquoi on doit préférer l’utilité à l’uniformité, à moins qu’on ne puisse concilier l’une avec l’autre.

Laissez les somptueuses structures, bâties pour la seule beauté, aux palais enchantés des poètes, qui les édifient à peu de frais. Celui qui bâtit une belle demeure sur un mauvais site se condamne lui-même à la prison. […]  Ce n’est pas non plus le mauvais air qui fait seul le mauvais site ; ce sont aussi les mauvais chemins, les marchés mal approvisionnés et, si vous consultez Momus, les mauvais voisins.

Je ne parle pas de bien d’autres inconvénients : le manque d’eau ; le manque de bois, d’ombre et d’abri ; le manque de fertilité et de variété dans la nature des sols ; le manque de perspective ; le manque de terrains plats ; le manque de lieux à proximité pour les sports de chasse, de fauconnerie et de course ; la trop grande proximité ou le trop grand éloignement de la mer ; l’avantage des rivières navigables ou le désagrément de leurs crues ; l’éloignement excessif des grandes villes qui peut entraver les affaires, ou leur trop grande proximité qui accapare toutes les provisions et rend tout coûteux ; enfin, les lieux où un homme possède un vaste domaine d’un seul tenant, et ceux où il se trouve à l’étroit.

Francis BaconLes Essais ou Conseils, civil et moral : De L’Architecture (1625)

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