France
Attentat de Nice: le terroriste a pu procéder à onze repérages (Mediapart)
Les polémiques nées après l’attentat du 14 juillet à Nice ont masqué les ratés de la politique sécuritaire de Christian Estrosi. Ainsi le terroriste a-t-il pu circuler à de multiples reprises. Nous révélons qu’il a même conduit, à trois occasions et durant une trentaine de minutes, son 19 tonnes sur le trottoir de la promenade des Anglais, pour calculer ses trajectoires le soir de son crime. La scène était à chaque fois filmée, mais la police municipale n’a pas réagi.
Attentat du Thalys : le projet raconté par Ayoub el-Khazzani (Le Monde)
« Le Monde » a pu consulter la dernière audition devant le juge, d’Ayoub El Khazzani. Le terroriste raconte la genèse de son projet, piloté par Abaaoud, et explique pourquoi ils ont tous deux décidé d’entrer en Europe par la route des migrants.
C’est une note des renseignements hongrois transmise à la justice française début novembre 2016 par le Centre d’Analyse du Terrorisme (CAT) qui a mis les enquêteurs sur la voie. Joint par téléphone, Jean-Charles Brisard, le directeur du CAT, explique que les services hongrois, en recoupant les dates d’entrée et de sortie sur leur territoire, sont arrivés à une conclusion : Ayoub el-Khazzani, l’auteur de la tentative d’attentat du Thalys, était accompagné d’un certain Abou Omar lors de son entrée en Europe début août 2015.
Or, Abou Omar n’est autre que le pseudonyme d’Abdelhamid Abaaoud, l’homme qui mettra sur pied les attentats de Paris et de Bruxelles quelques mois plus tard. Autrement dit, l’attentat du Thalys, évité de justesse par des militaires américains en permission, était prémédité et préparé par la même personne : Abdelhamid Abaaoud.
Alors qu’il avait rejoint la Syrie pour « lutter contre les massacres faits par les chiites », on lui aurait fait comprendre qu’il serait plus utile en Europe. Un homme encagoulé entre en contact avec lui quelques heures après l’épisode de la mosquée bombardée : « Il m’a dit que le mieux était d’aller les combattre (les Américains) sur leur propre territoire ». Six jours après être entré en Syrie, Ayoub el-Khazzani prend donc la direction de l’espace de libre circulation européen : l’espace Schengen.
Après avoir essayé deux fois, sans succès, de prendre l’avion en Turquie pour se rendre à Bruxelles, Ayoub el-Khazzani est rejoint par Abdelhamid Abaaoud, alias Abou Omar. Ensemble, les deux hommes gagnent la Hongrie en suivant le flux des migrants, alors qu’un éclaireur ouvre la voie devant eux. Un dénommé Hamza, identifié comme étant Bilal Chatra, un Algérien de 20 ans interpellé en juillet dernier en Allemagne.
Ayoub el-Khazzani et Abdelhamid Abaaoud se séparent alors à Budapest, la capitale hongroise, le 4 août 2015, avant de se retrouver à Bruxelles, la capitale belge, quelques jours plus tard. Une version des faits qui confirme par ailleurs l’information selon laquelle Abdelhamid Abaaoud était déjà au cœur de l’Europe quand les services de renseignement le pensaient encore en Syrie.
A Bruxelles, les deux hommes se terrent dans un appartement. Ayoub el-Khazzani déclare au juge en parlant d’Abdelhamid Abaaoud : « Il m’a dit qu’il allait tout préparer et que je ne devais pas m’en soucier, que je n’aurais qu’à agir ». Le Marocain confie également qu’il ne savait pas si Abou Omar (Abdelhamid Abaaoud) lui faisait confiance, tant ce dernier restait discret sur ses activités et la mission qu’il lui donnerait à accomplir.
Quelques jours avant de passer à l’acte, des armes sont livrées à l’appartement par un complice non identifié. C’est à ce moment-là qu’Abdelhamid Abaaoud lui aurait expliqué le déroulé de l’attaque : « dans le Thalys de 17 heures, il y aura entre trois et cinq militaires américains ».
Les enquêteurs restent néanmoins circonspects sur plusieurs points. Notamment sur l’argument donné par Ayoub el-Khazzani qui nie avoir voulu commettre un meurtre de masse pour se concentrer uniquement sur des Américains. Un raisonnement qui ne colle pas vraiment avec l’arsenal disproportionné retrouvé sur le jeune marocain dans le Thalys : un pistolet, une Kalachnikov et 8 chargeurs.
Autre interrogation des enquêteurs : comment Abdelhamid Abaaoud, l’instigateur de l’attaque déjouée du Thalys, a-t-il pu savoir que des militaires américains seraient présents ce jour-là à bord du train à grande vitesse ? Pour faire la lumière sur ces questions, Ayoub el-Khazzani devrait être de nouveau entendu par la Justice dans les jours qui viennent.
Pas de dématérialisation de la propagande électorale lors de la présidentielle (Next Inpact)
L’idée ? Dématérialiser ce qu’on appelle dans le jargon la propagande électorale. Un site officiel aurait regroupé les circulaires et bulletins de vote des différents candidats, en lieu et place des plis traditionnellement envoyés à chaque citoyen par voie postale. Des exemplaires papiers auraient été mis à la disposition des personnes n’ayant pas Internet, dans les mairies ou les préfectures, et les bulletins de vote seraient restés disponibles dans les bureaux de vote (voir notre article).
Le Parlement s’est toutefois fermement opposé à cette réforme : lors du projet de loi de finances pour 2014 (il était alors question de dématérialiser la propagande relative aux élections européennes), rebelote un an plus tard, avec les régionales et départementales.
Cette année, à l’occasion de l’examen du projet de budget pour 2017, l’exécutif a demandé aux députés et sénateurs d’introduire cette réforme pour les élections législatives, en leur faisant miroiter une économie nette – c’est-à-dire une fois déduit les différents frais de type mise à disposition en mairie – de 168,9 millions d’euros, élection présidentielle comprise.
Sauf que d’un point de vue juridique, l’organisation de l’élection présidentielle relève d’un décret, non d’une loi… Cela explique pourquoi cette réforme n’était pas formellement inscrite dans le dernier projet de loi de finances. Les parlementaires n’ont toutefois pas fait dans la dentelle, rappelant qu’ils ne voulaient pas entendre parler de dématérialisation, quelle que soit l’élection. Leurs craintes ? Qu’on touche à un symbole républicain, et par ricochet à la participation électorale.
En théorie, le gouvernement aurait néanmoins pu passer outre l’avis du Parlement, pour la seule élection présidentielle. Et ce d’autant qu’il avait été proposé dans le passé d’effectuer une expérimentation sur ce scrutin, car il s’agit du plus médiatisé…
Mais le ministère de l’Intérieur nous a annoncé que le gouvernement renonçait : « La propagande continuera d’être envoyée, selon les modalités des précédents scrutins, au domicile des électeurs. » Un site devrait malgré tout être crée afin de diffuser les professions de foi des candidats à la présidentielle (sur la base du volontariat, puisqu’il n’y aura aucune obligation pour les prétendants à l’Élysée.). Pour les législatives, il faudra se tourner vers le portail « www.programme-candidats.interieur.gouv.fr ».
Conséquence directe du rejet de cette réforme, les parlementaires ont du réduire au fil des débats les dépenses de l’État à hauteur des économies projetées par le gouvernement, soit 169 millions d’euros.
Union Européenne
Japon et UE repoussent officiellement à 2017 l’accord de libre-échange (AFP)
Le ministère japonais des Affaires étrangères et la Commission européenne ont pris acte des retards des négociations et renvoyé à 2017 l’ambition de conclure les grandes lignes d’un accord de libre-échange Japon-UE, a annoncé la partie japonaise.
Le chef de la diplomatie nippone, Fumio Kishida, et la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, se sont entretenus mardi par téléphone à ce propos, a expliqué mercredi un porte-parole du ministère japonais des Affaires étrangères.
Ils ont dans le même temps confirmé une volonté commune de reprendre les discussions dès le mois de janvier pour avancer au plus vite sur ce dossier qui piétine alors que se profilent plusieurs importantes échéances électorales en Europe l’année prochaine.
Les négociations butent avant tout sur deux points : le secteur automobile – que le Japon aimerait voir aussi libéralisé que possible dans l’UE– et l’agriculture – les Européens voyant dans le Japon un marché particulièrement intéressant, très demandeur de produits de qualité.
Concernant le secteur automobile, un sujet « très sensible en Europe, nous sommes prêts à ouvrir notre marché complètement si nous parvenons à atteindre un bon accord qui inclut des solutions adéquates pour des mesures non tarifaires », avait déclaré samedi Mauro Petriccione, chef négociateur pour l’UE, à l’issue de deux semaines de discussions au Japon.
Les mesures non tarifaires sont des dispositions politiques, autres que les droits de douane, qui peuvent affecter le commerce, telles des normes ou règlements particuliers sur la qualité et la sûreté des produits.
Revers pour Bruxelles sur un accord de libre-échange avec Singapour (Le Monde)
Dans un avis définitif, l’avocat général de la Cour de justice européenne a indiqué, mercredi, que la Commission europénne ne pouvait pas conclure seule en septembre 2013 le traité entre l’UE et Singapour.
L’avocat général de la Cour de justice européenne a indiqué, mercredi 21 décembre, qu’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et Singapour ne pouvait pas être conclu uniquement par la Commission européenne. Il doit l’être en liaison avec les Etats membres, estime le magistrat dans son avis définitif. C’est un revers pour la Commission, qui estimait pouvoir négocier seule, même si certaines compétences nationales semblaient en jeu et si le traité annulait des accords bilatéraux entre des Etats membres et Singapour.
Des milliers de manifestants protestent contre ce qu’ils estiment être une dérive autoritaire du gouvernement de Beata Szydlo (notre photo). Les députés du principal parti d’opposition, Plateforme civique (PO), de même que ceux de la formation politique libérale Nowoczesna, occupent le Parlement, réclamant un nouveau vote du budget, qu’ils jugent actuellement illégal. La Commission européenne a renouvelé ses « recommandations », réclamant à la Pologne de mettre un terme aux atteintes à l’Etat de droit, et pourrait éventuellement proposer des sanctions en cas de dialogue infructueux.
La crise politique que la Pologne traverse actuellement est « sans doute la pire depuis le retour au pouvoir du parti Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, il y a un an« , rapporte Libération. « L’étincelle » à l’origine de la crise est l’expulsion, vendredi dernier, du député libéral Michal Szczerva, membre du PO, pendant le débat sur le budget, explique le quotidien.
Portant une pancarte « médias libres », le parlementaire était monté à la tribune pour protester contre une loi en discussion, qui prévoyait de limiter considérablement l’accès des journalistes au Parlement. L’opposition a ensuite occupé la tribune, bloquant les débats. Les députés de la majorité conservatrice les ont alors tenus dans une autre salle, où ils ont voté le budget 2017.
Un vote jugé illégal par l’opposition et qui a mis le feu aux poudres. « La rue a aussitôt répondu. Le Comité de défense de la démocratie (KOD), une vaste coalition de contestation sociale née pour s’opposer à la mainmise par le PiS sur le Tribunal constitutionnel, a mobilisé ses sympathisants. Plusieurs milliers de manifestants ont accouru« , relate Libération.
La crise politique s’est aggravée dans la nuit de lundi à mardi, quand le pouvoir polonais a « écrit un des derniers actes de la prise en main du Tribunal constitutionnel, la plus haute instance juridique du pays » [Le Monde], avec la nomination à sa tête de Julia Przylebska, soutien des conservateurs, en tant que présidente « par intérim ». « Un processus entamé un an plus tôt par le vote d’une série de lois – sept au total – paralysant de fait le fonctionnement de ce contre-pouvoir stratégique« , détaille le quotidien.
Face à ce recul de l’Etat de droit, la Commission européenne a envoyé des « recommandations » à la Pologne afin que cette dernière mette rapidement fin à sa dérive autoritaire. Ce n’est pas la première fois que l’Europe rappelle à l’ordre la Pologne. « La Commission avait déjà envoyé en juillet des ‘recommandations’ à Varsovie pour ‘éliminer la menace systémique qui pèse sur l’Etat de droit’ dans le pays. Elle l’y invitait notamment à respecter les jugements rendus par le tribunal constitutionnel, à publier tous ses jugements et à retirer toutes les décisions compromettant son bon fonctionnement« , rapporte la RTBF.
L’article 7 du traité, qui permet, en théorie, de décider de sanctions dans ce cas de figure, a été conçu pour limiter fortement la possibilité de sanctions arbitraires« , relate-t-elle. Celles-ci réclament en effet l’unanimité au Conseil, souligne La Croix. « Plusieurs pays, Hongrie en tête, mettraient donc certainement leur veto à une action à l’encontre de la Pologne« , estime par conséquent Catherine Chatignoux.
Affaire Apple : l’Irlande reproche à la Commission européenne de violer sa souveraineté (Euractiv)
L’Irlande reproche à la Commission européenne, qui a imposé à Apple de rembourser à Dublin 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux, de violer la souveraineté du pays en matière fiscale.
« La Commission a outrepassé ses pouvoirs et violé la souveraineté» de l’Irlande concernant l’impôt sur les sociétés, a estimé le ministère irlandais des Finances dans un texte de présentation de ses arguments dans cette affaire. Le 10 novembre, le gouvernement irlandais avait fait appel de la décision prise le 31 août par la Commission européenne qui avait sommé la firme américaine de rembourser à l’Irlande plus de 13 milliards d’euros d’«avantages fiscaux indus». « La Commission n’a pas la compétence, selon les règles en matière d’aide publique, à substituer unilatéralement son propre point de vue concernant l’étendue géographique de la politique fiscale d’un Etat membre à celui de l’Etat membre lui-même», souligne le texte.
Catalogne : la présidente du parlement devant la justice
Carme Forcadell a été convoquée par la justice espagnole pour avoir soumis au vote une motion favorable à l’indépendance. Un épisode crucial dans l’inévitable « choc institutionnel » entre Madrid et Barcelone. L’impression d’une course inévitable vers un tel choc a été renforcée au cours des derniers jours. Mercredi 14 décembre, le Tribunal constitutionnel (TC) espagnol a censuré et suspendu la feuille de route du gouvernement catalan approuvé par le parlement le 6 octobre qui prévoit la convocation du référendum sur l’indépendance. Le TC a rappelé à Carles Puigdemont qu’il est tenu de faire respecter cette décision. Désormais, le président catalan est dos au mur : toute avancée vers le référendum de septembre sera une sortie de la légalité espagnole et la création ad hoc d’une légalité catalane reposant sur la souveraineté du parlement catalan hors des pouvoirs que lui donne la constitution espagnole. Le choc institutionnel deviendra alors inévitable.
Dès lors, malgré l’apparente bonne volonté de Mariano Rajoy, la judiciarisation de l’indépendantisme catalan se poursuit et a connu, ce vendredi 16 décembre, une nouvelle étape importante. La présidente du parlement catalan, Carme Forcadell, a été convoquée devant le Tribunal supérieur de justice de Catalogne (TSJC) pour répondre du délit de désobéissance civile. On lui reproche d’avoir soumis au vote des députés un rapport d’une commission parlementaire qui préconisait le recours à l’unilatéralité en juillet dernier. Avant le vote, le TC avait réclamé de la présidente du parlement qu’elle ne soumette pas la résolution à l’avis des députés. Carme Forcadell, qui n’en avait rien fait mais qui n’avait pas pris parti dans le débat, encours notamment la suspension de sa charge.
Jusqu’ici la tension entre Barcelone et Madrid en était restée au stade verbal : il s’agissait de déclaration, de décisions judiciaires sans conséquences ou de résolutions parlementaires. Avec la déchéance de Carme Forcadell, cette tension va prendre corps et devenir concrète. Elle va conduire inévitablement à un conflit latent depuis longtemps entre la légalité espagnole et la légitimité catalane. Un conflit dont l’effet sera nécessairement paneuropéen, posant alors la question au niveau de l’UE.
OTAN : déploiement militaire américain à la frontière russe (Ouest-France)
La justice européenne autorise la « conservation ciblée » des données de connexion (Acteurs publics)
Dans un arrêt du 21 décembre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) interdit aux Etats d’imposer aux opérateurs du Net la conservation « généralisée » des données de leurs utilisateurs.
Certains pays vont être obligés de revoir leurs règles : dans une décision prononcée le 21 décembre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) interdit aux Etats membres de pratiquer une conservation généralisée et indifférenciée des données relatives au trafic des individus sur internet et de leurs données de localisation. Cette conservation est une « ingérence particulièrement grave » que la Cour juge attentatoire à la vie privée des personnes.
En revanche, la justice européenne reconnaît la possibilité aux Etats de « prévoir, à titre préventif, une conservation ciblée de ces données dans le seul but de lutter contre la criminalité grave, à condition qu’une telle conservation soit, en ce qui concerne les catégories de données à conserver, les moyens de communication visés, les personnes concernées ainsi que la durée de conservation retenue, limitée au strict nécessaire ».
Déjà, en 2014, la Cour européenne de justice avait, dans son arrêt Digital Rights Ireland, invalidé une directive sur la conservation des données au motif que l’ingérence que comporte l’obligation générale de conservation des données n’était pas limitée « au strict nécessaire ».
C’est l’heure de vérité pour la banque Monte dei Paschi di Siena (BMPS) qui est plongée dans une crise sans précédent et dont l’action a dégringolé de 85% depuis janvier dernier. Au moment d’aller sous presse, le gouvernement italien était réuni jeudi soir pour définir un plan de sauvetage avec des fonds publics. Des analystes évoquent une nationalisation pure et simple.
La veille, les deux chambres du Parlement italien avaient autorisé un emprunt de 20 milliards d’euros pour venir en aide à l’ensemble du secteur bancaire du pays qui regroupe 700 établissements. «Une mesure de précaution pour faire face à d’éventuelles difficultés», a déclaré Pier Carlo Padoan, le ministre des Finances.
La banque BMPS est plus particulièrement au centre des inquiétudes en raison du poids des créances douteuses qui ne seront probablement pas remboursées. En juillet, la Banque centrale européenne (BCE) lui avait, dans le cadre de la supervision bancaire dans la zone euro, intimé d’assainir son et d’augmenter son capital au plus tard le 31 décembre 2016. Ou de cesser ses activités.
C’est précisément là où le bat blesse. Malgré plusieurs opérations de charme, la BMPS n’a pas réussi à mobiliser des investisseurs. La dernière tentative a eu lieu cette semaine. Elle s’était fixé l’objectif de lever cinq milliards d’euros en capitaux frais ou par une conversion volontaire d’obligations en actions. La banque avait beaucoup misé sur une participation du fonds souverain de Qatar. En vain. Lorsque l’échéance est échue jeudi, elle n’avait récolté que deux milliards.
Cet échec a obligé l’Etat italien à prendre les devants et à obtenir l’autorisation de contracter l’emprunt de 20 milliards d’euros et donc de décider d’un plan de sauvetage. Cette somme concerne certes BMPS, mais aussi de nombreuses banques italiennes qui ont accumulé 360 milliards de dettes pourries. A elles seules, les banques italiennes représentent un tiers de l’ensemble des dettes bancaires pourries au sein de la zone euro. La première banque italienne Unicredit ambitionne de lever 13 milliards d’euros au début de l’année prochaine.
En attendant le plan de sauvetage de la plus ancienne banque au monde et troisième établissement italien en termes d’avoirs, l’angoisse monte chez quelque 40 000 de ses clients dont les dépôts ont été convertis en obligations BMPS, mais sans qu’ils soient mis au courant des risques. Or un sauvetage avec des fonds publics implique le respect de certaines règles européennes mises en place dans le cadre de l’Union bancaire, un mécanisme visant à renforcer la solidité des banques dans la zone euro. Notamment celles qui veulent que les actionnaires, les détenteurs d’obligations et les créanciers de banques sauvées soient mis à contribution. Le renflouement interne (bail-in) doit précéder l’injection de l’argent public (bail-out), l’idée étant que les contribuables soient la dernière source de recapitalisation des banques malades.
Accord entre Deutsche Bank et la justice américaine dans l’affaire des subprimes (AFP)
C’est peut-être la fin d’un contentieux qui opposait l’une des banques les plus puissantes d’Europe à la justice américaine. Deutsche Bank a accepté de payer 7,2 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros) en guise de pénalités, pour son rôle dans la crise des subprimes. La banque a annoncé cet « accord de principe » dans un communiqué, vendredi 23 décembre.
Une partie de cette somme (3 milliards) correspond à une amende civile. L’autre (3,9 milliards) prendra la forme d’« allégements aux consommateurs », soit des dédommagements, tels qu’une révision des conditions des prêts accordés.
La banque allemande est accusée d’avoir vendu des crédits immobiliers toxiques entre 2006 et 2008, alors qu’elle connaissait la nature desdits. Les autorités américaines demandaient 14 milliards de dollars de dédommagements.
Monde – Géopolitique
Après la signature d’un premier contrat de conception et, plus tôt ce mois-ci, d’un accord de partage d’informations classifiées, Canberra et Paris ont définitivement scellé, ce 20 décembre, le « méga-contrat » visant à livrer à la marine australienne 12 sous-marins océaniques à propulsion classique de type Shortfin Barracuda.
Pour rappel, en avril, et dans le cadre d’un appel d’offres visant à renouveler sa flotte de sous-marins Collins, Canberra avait fait part de son choix en faveur de la proposition soumise par DCNS, aux dépens de l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) et d’un consortium japonais emmené par Mitsubishi Heavy Industries. Le montant de ce programme est estimé à 34 milliards d’euros, dont environ un tiers reviendra au groupe américain Lockheed-Martin, qui fournira les systèmes de combat de ces futurs submersibles.
Concrètement, le texte signé par Paris et Canberra autorise les transferts de savoir-faire, de connaissances et de technologies à l’industrie et au grouvernement australiens afin de leur permettre « d’atteindre et de soutenir une capacité sous-marine souveraine. »
Lors de son séjour en Australie, M. Le Drian va inaugurer, à Adelaïde, un bâtiment de DCNS Australia qui abritera 250 à 300 ingénieurs. Le contrat australien, avec ses 4 millions d’heures de travail permettra de pérenniser, en France, entre 3.000 et 4.000 emplois chez DCNS et ses sous-traitants et va mobiliser 2.800 salariés en Australie.
Syrie: 14 soldats turcs tués par l’EI (AFP)
Quartorze soldats ont été tués et 33 blessés, selon un nouveau bilan publié par l’armée turque, dans des affrontements mercredi 21 décembre avec le groupe Etat islamique (EI) à Al-Bab, ville du nord de la Syrie tenue par les djihadistes. L’Agence officielle turque Anadolu avait auparavant fait état d’un bilan de quatre militaires morts.
Ankara a lancé en août une offensive sans précédent dans le nord de la Syrie, visant à repousser l’EI et les milices kurdes de la zone frontalière. Après avoir aidé les rebelles à chasser l’EI de plusieurs localités, notamment Jarablous, Al-Rai et Dabiq, Ankara a dirigé ses forces vers Al-Bab, un bastion des djihadistes situé à quelque 25 km de la frontière turco-syrienne.
Ces derniers semblent y opposer une résistance plus farouche : la campagne turque, dont la progression avait jusque-là été rapide, s’enlise et un nombre croissant de militaires turcs sont tués ou blessés. « Al-Bab est entièrement assiégée par l’armée syrienne libre et nos soldats », a assuré mercredi le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ajoutant espérer que la ville « tombera entièrement sans trop tarder ».
Au moins 22 soldats turcs avaient déjà été tués depuis le début de l’offensive, la plupart dans des attaques de l’EI, selon un décompte de l’AFP. Le mois dernier, quatre soldats turcs ont été tués près d’Al-Bab par une frappe aérienne imputée par Ankara au régime syrien. Moscou a démenti toute implication de ses forces et de celles de Damas dans ce bombardement. Et l’état-major turc a annoncé début décembre avoir perdu tout contact avec deux de ses militaires dans le nord de la Syrie, dont l’EI a revendiqué l’enlèvement via l’agence Aamaq.
Liban : formation du nouveau gouvernement Hariri (L’Orient-le-jour)
La composition du gouvernement libanais a été annoncée dimanche soir, 45 jours après des consultations parlementaires non contraignantes menées par Saad Hariri, désigné le 3 novembre par le président de la République libanaise, Michel Aoun, pour le former.
Le premier gouvernement du mandat du chef de l’État élu le 31 octobre, présidé par Saad Hariri, comprend 24 ministres (et six ministres d’État), répartis à part égale entre chrétiens et musulmans. Le cabinet regroupe plusieurs formations politiques, ainsi que des ministres nommés par le chef de l’État.
Fin de l’opération américaine « Odyssey Lightning » menée contre l’EI à Syrte (Zone militaire)
Le chef du gouvernement libyen d’union nationale (GAN), Fayez al-Sarraj, a annoncé officiellement la libération de Syrte, où les combats pour en chasser les jihadistes de l’État islamique ont duré plus de 6 mois. Aussi, l’opération Odyssey Lightning, lancée le 1er août dernier par les États-Unis à la demande de Tripoli, a pris logiquement fin.
Cette opération a consisté essentiellement à fournir un appui aérien aux milices de Misrata, loyales au GNA. Si, dans un premier temps, les frappes effectuées par les avions AV-8 Harrier II de l’US Marine Corps, mis en oeuvre depuis le navire d’assaut amphibie USS Wasp, ont permis de faire reculer les combattants de l’EI, ces derniers ont opposé une vive résistance dans le dernier quartier de la ville qu’ils contrôlaient.
Au départ, le Pentagone pensait que la libération de Syrte était l’affaire de quelques semaines. Finalement, l’opération Odyssey Lightning, qui a également mobilisé des drones MQ-9 Reaper ainsi que des hélicoptères d’attaque AH-1W SuperCobra, a donc duré quatre mois. Au total, il aura fallu 495 frappes aériennes pour venir à bout des jihadistes.
Le menace jihadiste est encore loin d’être maîtrisée en Libye. D’une part, des combattants de l’EI ont pu s’exfiltrer de Syrte avant d’être encerclés par les forces du GNA et, d’autre part, d’autres organisations, proches d’al-Qaïda, sont encore très active dans le pays, en particulier dans le sud et l’est.
Le Hamas accuse le Mossad du meurtre en Tunisie de l’un de ses cadres (Le Monde)
Un Tunisien spécialiste en aéronautique, responsable du programme des drones du Hamas palestinien, a été assassiné le 15 décembre à Sfax dans des conditions mystérieuses.
Samedi 17 décembre dans la soirée, une partie du mystère s’est dissipée avec la confirmation, à Gaza, par la branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine Al-Qassam, de l’appartenance de Mohamed Zouari au mouvement, qu’il aurait rejoint il y a dix ans. Dans un communiqué, les Brigades Al-Qassam admettent que le Tunisien assassiné fut l’un des commandants ayant supervisé le projet d’avions sans pilote. Le Hamas promet que le sang du commandant « ne sera pas versé pour rien » et appelle les nations arabes à « couper la main traître et lâche de l’ennemi sioniste », responsable de l’opération. Le Mossad serait le commanditaire de l’assassinat, selon le mouvement palestinien.
Selon les premiers éléments de l’enquête, huit personnes de nationalité tunisienne ont été arrêtées et deux autres suspects, un Tunisien et un Belge d’origine marocaine, sont toujours recherchés, a indiqué samedi le porte-parole des tribunaux de Sfax et substitut du procureur général près de la cour d’appel, Mourad Turki. Parmi les personnes arrêtées figurent une journaliste tunisienne et son cameraman, qui avaient interviewé la victime peu avant son assassinat. Quatre véhicules et deux pistolets munis de silencieux ont été saisis.
Mohamed Zouari travaillait sur un programme médiatisé par le Hamas lui-même, comme lors de la dernière guerre contre Israël, en juillet 2014. Posséder ses propres drones représente un motif d’orgueil pour le mouvement islamiste palestinien. Ils peuvent servir à la fois d’arme (avec des explosifs embarqués) et d’outil de reconnaissance. Les experts militaires suivent depuis près de quinze ans les tentatives du Hezbollah libanais et du Hamas, dans la bande de Gaza, pour reproduire le modèle de drone de type Ababil fourni à l’origine par les Iraniens.

