La genèse moderne de la violence est tout entière dans le préjugé d’identité de tous les hommes, qui ne reconnaît entre eux que la séparation morale du bien et du mal, qui entend nier la légitimité d’intérêts différents entre des sociétés diverses.
Violence parce que ignorante des séparations que l’histoire, la géographie, l’origine, la culture et les moeurs instituent ; violence parce que aveugle au symbolique, à la fabrication du commun, aux trésors des identités particulières et aux pacifications qu’elles instaurent ; violence, parce que instituant la concurrence de tous contre tous, en ignorant le sujet des limites comme celui de la justice, elle prépare la confrontation de volontés inflexibles et de passions irréconciliables.
