Attentat de Saint-Etienne du Rouvray
France
Marc Trévidic : « L’année à venir va être épouvantable pour la France » (RTBF)
Neuf jours après l’attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray, le juge Marc Trévidic s’exprime pour la première fois à la télévision sur Adel Kermiche.
« J’ai appris par cette affaire qu’il avait été libéré sous bracelet électronique en mars 2016. Chaque juge est libre de ses décisions. Je dis quand même qu’il faut de nombreuses années pour commencer à voir et à repérer ceux qui sont dans la dissimulation des autres. Il y a des gens qui m’ont fait froid dans le dos. Une minorité mais il y en a cinq ou six qui m’inquiètent« , indique le magistrat de 51 ans.
Depuis plusieurs mois, la France et la Belgique sont touchées par le terrorisme. Mais pour lui, la France est particulièrement visée: « L’année va être épouvantable avant les élections présidentielles. La tentation pour l’organisation terroriste état islamique va être très grande de s’en prendre au pays. On est dans une guerre en temps de paix. C’est le principe de l’attentat terroriste. Mon espérance à moyen terme, c’est l’essoufflement suite au degré d’horreur. Mais cela peut durer dix ans. Ce n’est pas exclu.«
Terrorisme : une médaille pour les victimes (Le Point)
C’est un décret qui est passé inaperçu et qui apparaît désormais comme un impressionnant présage. Le 13 juillet, veille de l’attentat de Nice, était officiellement créée « la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme ». L’insigne, une fleur à cinq pétales blancs intercalés avec des oliviers, avec au revers deux drapeaux français croisés et la devise « Liberté-Égalité-Fraternité », pourra être décerné de manière rétroactive à compter du 1er janvier 2006.
Elle concerne les Français tués, blessés ou séquestrés lors d’actes terroristes commis sur le territoire national ou à l’étranger, ainsi que les étrangers tués, blessés ou séquestrés lors d’actes terroristes commis sur le territoire national ou à l’étranger contre les intérêts de la République française.
C’est donc finalement, sur le modèle de ce qui se fait en Espagne, une médaille spécifique qui a été créée et qui figurera au 5e rang protocolaire après l’ordre de la Légion d’honneur, l’ordre de la Libération, la Médaille militaire et l’ordre national du Mérite.
Les policiers obtiennent l’anonymat pour les mesures de l’état d’urgence (Libération)
L’exécutif avait promis de satisfaire cette revendication de longue date des syndicats après l’assassinat de deux policiers en juin.
Dans un télégramme diffusé le 29 juillet, la DGPN annonce que «les agents sont autorisés à s’identifier dans tous les actes administratifs qu’ils sont amenés à établir sous leur numéro de RIO [Référent d’identité opérationnel, ndlr] en lieu et place de leur nom et prénom». L’autorisation vaut uniquement «dans le cadre de la mise en œuvre des mesures de l’état d’urgence et notamment des assignations à résidence et des perquisitions administratives», précise le télégramme, adressé aux chefs des services centraux (ordre public, police aux frontières, police judiciaire etc.).
Les nouvelles consignes ne s’appliquent qu’aux mesures administratives, décidées par le ministère de l’Intérieur et non par un juge. La note précise que «les actes de police judiciaire établis de manière incidente à l’occasion d’une perquisition administrative […] doivent continuer à comporter le nom et le prénom» des agents.
Union Européenne
Juncker nomme un nouveau commissaire britannique à la sécurité (Euractiv)
Julian King, 51 ans, a été mis en avant par Jean-Claude Juncker pour remplacer Jonathan Hill en tant que commissaire à l’union de la sécurité. Une fois sa candidature officiellement présentée par le Conseil, elle devra être approuvée par le Parlement européen.
Julian King, diplômé de la prestigieuse université d’Oxford et de l’École nationale d’administration (ENA), à Paris, a été ambassadeur britannique en France et en Irlande, avant d’être nommé commissaire européen à la démission de Jonathan Hill, suivant le référendum sur l’UE. Il a également représenté le Royaume-Uni à Bruxelles, New York, Paris, Luxembourg, La Haye et Lisbonne.
Le portefeuille de l’union de la sécurité est tout nouveau. S’il devient commissaire, Julian King devra défendre une approche commune face au terrorisme, comme le souligne la stratégie, malgré la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE.
Celui-ci a travaillé à la Commission européenne de 2008 à 2009, en tant que chef de cabinet du commissaire au commerce de l’époque, Peter Mandelson, puis de Catherine Ashton, Haute représentante aux affaires étrangères.
Un nombre record de plus de 100 000 personnes a décidé de se joindre à une plainte déposée auprès de la Cour constitutionnelle allemande pour s’opposer à l’accord de libre-échange entre le Canada et l’UE, le CETA, a indiqué l’ONG Campact.
« Le recours constitutionnel ‘Non à CETA’ est d’ores et déjà la plus importante plainte citoyenne de l’histoire allemande », s’est réjoui Campact dans un communiqué. Les personnes voulant se joindre à cette plainte peuvent encore le faire jusqu’à l’automne, en donnant mandat par écrit. Initiateurs de cette plainte, les ONG Campact, foodwatch et « Mehr Demokratie » (« Plus de démocratie ») considèrent que « l’accord de libre-échange prévu entre l’Union européenne et le Canada menace d’affaiblir les droits démocratiques des citoyennes et citoyens ».
Quatre plaintes différentes ont été déposées contre l’accord CETA à Karlsruhe, dont une autre par le groupe parlementaire du parti de gauche radicale Die Linke.
Monde – Géopolitique
Une délégation de parlementaires français en visite en Crimée (Le Figaro)
Accompagné d’une dizaine de parlementaires français, l’ancien ministre Thierry Mariani réclame de nouveau la levée des sanctions contre la Russie. Le député souhaite faire l’éloge de la levée des sanctions à l’égard du Kremlin, décidées depuis le conflit ukraino-russe, et favoriser la coopération avec Moscou dans la lutte contre le terrorisme.
Cette visite en Crimée n’est pas la première pour le co-président de l’association Dialogue franco-russe qui s’y était déjà rendu l’année dernière.
La veille de ce voyage en Crimée, l’ancien ministre a tenu à faire escale en Russie. Il s’est entretenu jeudi avec le président de la Douma (chambre basse du Parlement Russe), Sergueï Narychkine, pour la quatorzième fois en dix-huit mois.
Ce voyage en Crimée est intégralement financé par la Fondation russe pour la paix, une structure très active dans les relations avec l’Europe, héritière de l’ancienne Fondation soviétique pour la paix, liée au KGB et très proche de l’Eglise orthodoxe. Elle est dirigée par le député Leonid Sloutski, un proche de M. Mariani, présent sur la liste des personnes visées par les sanctions européennes.
Voir la conférence de presse (RT)
« La Crimée a choisi de redevenir russe, la Crimée est russe, passons à autre chose et essayons de retrouver des relations normales entre les pays européens et la Russie », a déclaré Thierry Mariani depuis Sébastopol, dans une déclaration retransmise à la télévision.
Libye : premières frappes américaines contre l’EI à Syrte (AFP-AP)
Faïez Sarraj, chef du gouvernement libyen d’union nationale (GNA), a annoncé lundi 1er août que les Etats-Unis ont procédé à des frappes aériennes contre des positions de l’organisation Etat islamique (EI) dans son fief de Syrte. Un peu plus tard, Peter Cook, porte-parole du Pentagone, confirmait : « A la demande du gouvernement d’union nationale libyen, les forces armées des Etats-Unis ont procédé à des frappes précises contre des cibles de l’EI à Syrte. »
La ville de Misrata, métropole portuaire située à 225 kilomètres à l’ouest du bastion djihadiste, est tout à la fois la base arrière de cette opération – baptisée « Banyan Al-Marsous » – et le principal pourvoyeur en hommes au sein des unités qui font le siège de Syrte.
Si ces raids sont une première depuis le déclenchement de l’offensive contre Syrte, les forces américaines étaient en fait déjà présentes sur le terrain. Les officiels de Misrata ne cachaient plus la présence à leur côté de forces spéciales américaines et britanniques dont la mission était d’aider à « l’identification et la surveillance des cibles ennemies ». Les forces spéciales françaises, elles, aidaient à combattre l’EI dans une autre région de la Libye, à Benghazi, au côté des forces du général Khalifa Haftar.
Au cours de ces dernières heures, de nouvelles frappes américaines ont visé des positions de l’État islamique (EI) à Syrte. Ces raids sont menés dans le cadre de l’opération Odyssey Lightning, lancée le 1er août, à la demande du gouvernement libyen d’union nationale (GNA).
D’après les éléments donnés par le Pentagone, ils impliquent des avions AV-8 Harrier II de l’US Marine Corps (USMC), embarqués à bord de l’USS Wasp, lequel croise au large des côtes libyennes, ainsi que des drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) MQ-9 Reaper. Justement, les forces américaines disposent d’engins de ce type sur la base aérienne de Sigonella, en Sicile.
Les MQ-9 Reaper engagés en Libye viendraient de Jordanie, où quelques exemplaires ont été déployés en 2015 sur la base aérienne de Muwaffaq, située à une trentaine de kilomètres de la frontière syrienne.
Quoi qu’il en soit, le gouvernement italien a fait savoir, le 3 août, qu’il autoriserait les États-Unis à utiliser ses bases ainsi que son espace aérien pour leur opération contre l’EI en Libye, laquelle ne devrait durer que quelques semaines.
Libye : les luttes d’influence à l’oeuvre (L’Afrique réelle)
Deux politiques s’opposent en Libye :
1) Celle de l’Union européenne, de la communauté internationale, du Qatar et de la Turquie repose sur l’illusion d’une réconciliation nationale à travers la fiction d’une Libye unifiée autour du Gouvernement libyen d’Unité nationale (le GLUN). Installé à Tripoli, ce dernier est dominé par les Frères musulmans de Misrata et par les islamistes de diverses obédiences, dont les salafistes (voir mon communiqué daté du 25 juillet 2016).
2) De leur côté, en Cyrénaïque, l’Egypte, les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite aident le général Haftar à combattre les islamistes. Or, tout renforcement du général, donc de l’identité cyrénénne, va à l’encontre de la politique visant, à travers le GLUN, à remettre la Libye unie aux Frères musulmans et aux islamistes de Misrata et de Tripoli.
Quant à la France, elle a soutenu la création du GLUN mais, en même temps, elle aide militairement le général Haftar. Le GLUN l’accuse donc de « violer » son territoire national quand l’UE et l’ONU lui reprochent d’affaiblir ce même GLUN.
Après avoir livré de l’aide humanitaire à Alep, un hélicoptère Mi-8 de transport militaire qui rentrait dans la base aérienne Hmeimim a été abattu le 1er août par des tirs depuis le sol dans la province d’Idlib. Trois membres de l’équipage et deux officiers du Centre russe de réconciliation des parties en conflit en Syrie se trouvaient à bord de l’hélicoptère », indique le message du ministère
L’attaque a été revendiquée par le Jaish al Fatah, coalition militaire syrienne composée de nombreuses factions rebelles islamistes actives dans les provinces d’Idleb, de Hama et de Lattaquié.
Syrie : la bataille de la dernière chance pour les rebelles d’Alep (L’Orient-le-jour)
Encerclés depuis le 17 juillet par les troupes du régime syrien, une coalition de groupes rebelles armés ont lancé dimanche une offensive destinée à briser le siège des quartiers est d’Alep. Coupée en deux depuis juillet 2012, l’est de la ville, tenu par les insurgés et où se trouveraient encore plus de 250 000 personnes, n’a plus de route d’approvisionnement, la dernière, dite du Castello, étant aujourd’hui sous contrôle du régime.
Plusieurs groupes ont mobilisé leurs forces pour cette bataille. Entre autres, Fateh el-Cham (ancien Front al-Nosra), Ahrar al-Cham, Jaïch al-Sunna, Faïlak al-Cham et le Parti islamique du Turkestan (PIT). Plusieurs milliers d’hommes – au moins 5 000 selon certaines sources – participent aux combats qui font rage. Partant du sud-ouest d’un côté, et du sud de l’autre, ils tentent d’encercler les troupes loyalistes et d’inverser les rôles. Toutefois, ils ont peu de chances d’y parvenir, ne serait-ce que par manque de moyens. « Il leur faudrait des missiles antiaériens, ce qui n’est pas le cas », explique M. Balanche. Pour contrer les hélicoptères et les avions de l’armée de Damas et de Moscou, les habitants sont même en train de brûler des pneus pour créer une épaisse fumée noire et rendre quasi impossible toute aide aux troupes au sol. Celles-ci sont néanmoins aidées par des combattants iraniens, le Hezbollah et même le l’YPG* (Unités de protection du peuple, branche armée du PYD, pendant syrien du PKK kurde), et ont par conséquent un avantage certain sur les insurgés.
«Break the cross» : le magazine de propagande de l’État islamique cible les chrétiens (Le Figaro)
«Break the cross» (Briser la croix): c’est avec ce slogan sans appel que Dabiq, le magazine de propagande de l’État islamique en anglais, illustre son numéro 15 spécialement consacré aux chrétiens. Quelques jours seulement après l’assassinat du père Jacques Hamel, Daech revient sur les raisons de sa haine envers les chrétiens, aussi surnommés «croisés».
Un article extrêmement détaillé et exceptionnellement long (17 pages), citant aussi bien les Actes des apôtres que les Évangiles et le Coran, entreprend de démontrer l’inanité du christianisme par rapport à l’islam, par un argumentaire historique et théologique.
Dans sa rubrique «dans les mots de l’ennemi», l’État islamique vise spécifiquement le pape François montré en photo serrant la main à l’imam de la mosquée Al-Azhar Ahmed el-Tayeb, considéré comme un apostat par les djihadistes. Visiblement documentés, les auteurs citent le pape Benoît XVI dans son livre Foi, vérité, tolérance, où il expliquait que la démocratie «contredit l’essence de l’Islam, qui n’a tout simplement pas le principe de séparation entre sphère politique et sphère religieuse que le christianisme possède depuis le début». «Même si c’est un menteur, il a certainement dit la vérité sur ce sujet», commentent les djihadistes, «montrant par-là que beaucoup d’apostats de l’islam, comme les imams occidentaux ou les professeurs de prétendues universités islamiques, ont une bien moindre compréhension de l’islam que Benoît l’incroyant».
«Des papes, et spécialement le pape François, ont essayé de peindre le tableau d’une amitié chaleureuse, cherchant à détourner les masses musulmanes du devoir du djihad», écrivent-ils, reprochant notamment à ce dernier d’avoir pris la défense des homosexuels après la tuerie d’Orlando.
L’Etat islamique étale sa culture dans Dabiq (Slate)
Entre une photo de décapitation et une apologie du terrorisme le plus meurtrier, les références culturelles et les controverses théologiques ardues abondent et ne semblent pas destinées à parler à leurs sympathisants.
L’article-fleuve qui donne son nom à ce nouvel exemplaire de Dabiq, Break the cross, se veut une réfutation des points essentiels du christianisme et une démonstration du caractère païen de celui-ci.
L’univers médiatique de Daesh possède de nombreuses ramifications et ce dans toutes les langues. Et François-Bernard Huyghe voit dans ce virage intellectuel de Dabiq une influence de Dar Al Islam, la revue francophone de l’EI:
«Il y a une Dar Al Islamisation de leur propagande au sens où l’intellectualisme de Dar al Islam déteint sur le reste. Le magazine en français a déjà cité des pages de l’écrivain Marc-Edouard Nabe. On se disait qu’un intello du VIe arrondissement avait dû les aider! Dabiq était plus basique, c’était l’idéologie du « musulmans du monde entier rejoignez-nous ».» Cet effort de justification, de rhétorique témoigne d’une volonté de décrocher un brevet de respectabilité intellectuelle selon François-Bernard Huyghe: «Ils sont de plus en plus soucieux de convaincre qu’ils ont raison philosophiquement.»
Une nouvelle loi «permettra aux autorités d’emprisonner un mineur reconnu coupable d’un crime grave comme un meurtre, une tentative de meurtre ou un homicide, même si il ou elle a moins de 14 ans», affirme mercredi la Knesset («assemblée», en hébreu), le Parlement israélien, sur son site internet.
Le but de la loi est d’abaisser à 12 ans l’âge minimal pour être jugé et condamné à un emprisonnement. Jusqu’alors, la barrière juridique en Israël était fixée à 14 ans. Proposé par Anat Berko, députée du parti Likoud (droite) de Benjamin Netanyahu, le texte a été définitivement adopté mardi soir en troisième lecture par le Parlement. Dans les faits, la nouvelle loi s’appliquera pour l’État d’Israël, où la loi civile est en vigueur, comme à Jérusalem, annexée en 1980 et considérée comme la capitale du pays. En Cisjordanie occupée, la loi militaire permet déjà à l’armée israélienne d’emprisonner des mineurs âgés de 12 ans.
Le groupe jihadiste nigérian Boko Haram se divise (TV5 Monde)
Boko Haram, groupe jihadiste nigérian qui a prêté allégeance à l’organisation Etat islamique, a un nouveau chef selon Al Nabaa, hebdomadaire officiel de l’EI, qui relance les spéculations sur la disparition d’Abubakar Shekau à la tête du mouvement. L’insaisissable chef de Boko Haram, plusieurs fois donné pour mort, avait pris la tête de la secte islamiste en 2009, après l’exécution de son fondateur Mohammed Yusuf par les forces de l’ordre.
« Dans son premier entretien avec le journal Al Nabaa après sa désignation comme Wali (chef) sur l’Afrique de l’Ouest, cheikh Abou Mosab Al Barnaoui parle de l’histoire du jihad dans cette région », annonce le journal de l’EI dans son numéro 41 daté de mardi. Jusqu’à présent, même si le groupe jihadiste nigérian apparaît divisé, Abubakar Shekau n’a jamais été officiellement démis de ses fonctions de leader.
Mais dans son entretien avec Al Nabaa, Al Barnaoui ne fait aucune référence claire au sort du chef reconnu du mouvement, qui se fait appeler Jama’at Ahl al-Sunnah Lil Dawa Wal Jihad (la Province ouest africaine de l’Organisation de l’Etat Islamique) depuis son allégeance à l’EI en mars 2015.
Avec cet entretien, en suggérant eux-mêmes un nouveau leader, l’EI fait un nouveau pas en direction de Boko Haram, de plus en plus divisé et affaibli par les offensives de l’armée dans ses fiefs du nord-est.
Pour la 1e fois depuis la proclamation de la Wilaya d’Afrique de l’Ouest, Abu Bakr Shekau est présenté comme l’Emir du GSPJ ( BokoHaram). A noter toutefois que Shekau s’adresse à Abu Bakr al-Baghdadi, en le qualifiant de Calife, donc pas de remise en cause de son allégeance.
Ensuite, Shekau expose à Baghdadi ce qu’il estime être les déviances théologiques d’Abu Musaab al-Barnawi à savoir du laxisme dans le takfir. Exemple de ce laxisme, selon Shekau le groupe de Barnawi n’excommunie pas ceux qui « n’extériorisent pas leur hostilité au Taghut ». Le terme Taghut peut avoir différent sens mais dans le contexte de l’EI au Nigéria, Shekau désigne le régime nigérian.
Ce message d’AbuBakr Shekau confirmant l’existence d’un clivage opposant 2 tendances au sein de l’EI en Afrique de l’Ouest.
La thèse de la « scission » a été avancée il y a quelques semaines par Thomas Waldhauser, le chef de l’Africom (le Commandement des États-Unis pour l’Afrique), devant des sénateurs américains. Elle est reprise aujourd’hui par plusieurs services de renseignement de la sous-région.
Il y aurait d’un côté les partisans de la « logique millénariste » héritée du fondateur de la secte, Mohammed Yusuf, et de l’autre les partisans de la « logique terroriste », désireux d’approfondir leurs liens avec l’EI. Les premiers seraient restés dans les fiefs historiques du groupe (la forêt de Sambisa et les monts Mandara, au Nigeria), tandis que les seconds pourraient s’être établis dans les îles et sur les berges du lac Tchad. Ce sont eux qui sont soupçonnés d’avoir mené le raid sur la ville de Bosso, au Niger, le 3 juin (26 soldats tués).
La lutte fratricide des Touaregs du Mali (Libération)
Les rivalités entre Ifoghas et Imghad ont dégénéré le 22 juillet lors d’affrontements qui auraient fait au moins 70 morts. Ces tensions, attisées par le trafic de drogue, empêchent le retour de la stabilité.
Lors des négociations qui ont abouti à la signature de l’accord d’Alger, en mai 2015, qui mettait théoriquement fin à la guerre dans le nord du Mali (l’Azawad), des Touaregs étaient d’ailleurs présents dans plusieurs mouvements armés, parfois rivaux. Leurs combattants sont principalement regroupés dans trois organisations : le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), tous deux considérés comme «rebelles» car ayant participé, d’une façon ou d’une autre, à l’occupation du Nord-Mali en 2012, et le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), pro-Bamako, qui a affronté les deux premiers aux côtés de l’armée malienne.
Au-delà des questions idéologiques, les mouvements armés sont dessinés par les appartenances lignagères. Deux grands groupes sociaux s’opposent depuis les années 90 : les Ifoghas, lignée noble au sein de laquelle est élu l’amenokal (le chef suprême) des Kel Adagh, et les Imghad, qui, dans la région de Kidal, désignent les Touaregs «libres, mais tributaires des familles nobles», décrit Charles Grémont. Autrement dit des vassaux, au statut social inférieur. Le HCUA et dans une moindre mesure le MNLA sont contrôlés par des Ifoghas. Le Gatia est dominé par les Imghad.
Venezuela : feu vert pour le référendum anti-Maduro (AFP)
Durant cinq jours fin juin, au moins 200.000 signataires devaient se rendre dans l’un des 128 points de validation habilités par le CNE et y apposer leur empreinte digitale, afin de valider leur signature en faveur d’un référendum.
Après plus d’un mois d’audit, l’organisme a donné lundi son feu vert: 399.412 signatures ont été validées, soit le double du minimum demandé. Prochaine étape: réunir en trois jours 20% de l’électorat (3.959.560 personnes) qui devront signer et enregistrer leur empreinte.
Si cette deuxième phase est franchie, le CNE fixera la date du référendum révocatoire, qui serait le deuxième organisé dans l’histoire du Venezuela, après celui contre l’ex-président, le défunt Hugo Chavez (1999-2013), qui fut un échec en 2004.
Pour révoquer Nicolas Maduro, le «oui» devra dépasser son score à l’élection présidentielle de 2013 (7,5 millions de voix).




