La diplomatie vaticane

La diplomatie vaticane, son histoire et son influence

Décryptage, une émission animée par Philippe Delaroche et Juliette Loiseau

Source : Radio Notre Dame

Invités :

  • Jean-Baptiste Noé

Rares sont les États qui ont une politique mondiale, c’est-à-dire des intérêts diplomatiques et géopolitiques sur l’ensemble des continents. Les États-Unis, l’Angleterre, la France ou encore la Russie, de par leur his-toire, leur poids économique et leur capacité de déploiement militaire, peuvent y prétendre. Dans cette courte liste figure un État souvent oublié et néanmoins omniprésent dans les relations internationales : le Vatican.

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Ce n’est pourtant pas sa géographie qui fonde sa puissance, ni son économie, encore moins sa démogra-phie et ses ressources naturelles. Le Vatican a une véritable volonté d’influence, qui repose sur une orga-nisation mondiale et une intégration de plus en plus forte dans les réseaux internationaux. Sa présence géopolitique et sa puissance diplomatique résident dans la force spirituelle et culturelle d’un État qui, tout en représentant l’ensemble des catholiques, parvient à parler au monde entier.

  • Christophe Dickès

Le Vatican a toujours été un acteur des relations internationales – mais un acteur des plus singuliers. Ainsi, en 1935, à un ministre qui lui suggérait d’assouplir sa politique envers l’Église, Staline aurait répondu, péremptoire et méprisant : « Le Vatican ? Combien de divisions ? » Quatre-vingts ans plus tard, toujours pourvu de ses seuls gardes suisses, le Vatican continue cependant d’affirmer son influence, occupant la scène médiatique, sollicitant les intelligences de tous horizons, sur le mode spéculatif comme sur le mode polémique, mobilisant toujours les arts et, surtout, excitant plus que jamais la curiosité du monde entier.

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Le Vatican est tout à la fois récent (il n’apparaît qu’en 1870 et n’est reconnu comme État souverain qu’en 1929) et séculaire (il est fondé, au sens propre comme au sens figuré, sur le tombeau de l’apôtre Pierre, compagnon du Christ) ; petit (44 ha) et immense (son rayonnement est planétaire) ; réservé à quelques privilégiés (seulement 3 000 personnes y travaillent) et la patrie spirituelle de foules innombrables (plus d’un milliard de fidèles) ; solennel (les cérémonies les plus grandioses y sont célébrées) et prosaïque (on y fait la cuisine, on y entretient plusieurs dizaines de voitures, on y regarde le Calcio…) ; un foyer d’héroïsme (la plupart des papes qui y ont résidé ont été béatifiés) et un nid d’intrigues dont certaines, impliquant les officines italiennes les plus douteuses, ont défrayé la chronique. Bref, un univers à la fois trouble et lumineux, exemplaire et inquiétant.

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